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Haïti. Haïti et la République dominicaine doivent construire un avenir meilleur

27 Fév 2017
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Port-au-Prince. Lundi 27 Février. Lenouvelliste/CCN. Pour célébrer le 173e anniversaire de l’indépendance de la République dominicaine, une exception dans l’histoire des Amériques, car cette indépendance n’a pas été obtenue face à une puissance coloniale mais bien face à la République voisine d’Haïti, l’ambassadeur dominicain à Port-au-Prince, Ruben Silié Valdez, a organisé mercredi, à l‘hôtel Montana, une réception. À cette occasion, le diplomate appelle les deux peuples et les deux gouvernements à prioriser l’harmonie et la confiance.  

La soirée a commencé par l’exécution des hymnes nationaux. Cette réception a connu une très bonne affluence de personnalités haïtiennes et dominicaines. Célébrée dans la convivialité, cette fête a été partagée également par des convives issus de diverses sphères, tels que des représentants du corps diplomatique, des ressortissants dominicains, des entrepreneurs, des amis de la République dominicaine, de la société civile, notamment les anciens présidents Michel Joseph Martelly et Prosper Avril ; le directeur général de la PNH, Michel-Ange Gédéon ; le président de la Fondation Zile, Edwin Paraison ; le cinéaste Arnold Antonin et le directeur de protocole du MAE, Jean-Claude Cénatus.

L’ambassadeur Ruben Silié Valdez s’est ensuite adressé aux invités issus de différents secteurs de la vie nationale à cette cérémonie à la fois symbolique, culturelle et gastronomique, qui a été l’occasion pour les deux États de renouveler leurs engagements en matière de coopération, d’entraide et de support diplomatique. Dans un discours prononcé à cette occasion, le diplomate a fait une brève historique de la fête nationale de son pays, avant d’évoquer les relations entre son pays et la République d’Haïti. Il s'est félicité des bonnes relations existant depuis longtemps entre les deux États. Il révèle à l'occasion du 173e anniversaire de la République dominicaine que c'est une exception dans l’histoire des Amériques car cette indépendance n’a pas été obtenue face à une puissance coloniale mais bien face à la République voisine d’Haïti. Ce processus complexe de séparation s’est déroulé 22 ans après l’unification de l’île entre 1822 et 1844.  

« Depuis notre indépendance, les Haïtiens et les Dominicains travaillent sur des relations bilatérales. Après des hauts et des bas, nous sommes arrivés à un modus operandi basé sur la collaboration et le respect mutuel dans tous les aspects de la vie sociale et économique des deux peuples. Cependant, bien que nous jouissions de très bonnes relations en ce moment, cela n’empêche pas que le manque de suivi de ces relations nous vaut de nombreuses difficultés et nous fait parfois douter des progrès réalisés», a dit le diplomate. Rubén Silié Valdez pense que les relations bilatérales haïtiano-dominicaines ne doivent pas être réduites seulement à des rapports intergouvernementaux. Les acteurs de la diplomatie ne sont pas seulement les membres des deux gouvernements. Ce sont aussi les transporteurs, les paysans, les professeurs, les religieux et les commerçants.

La politique de la haine, un rongeur des relations haïtiano-dominicaines  

Se référant à sa qualité d’historien, l’ambassadeur a, dans son allocution très diplomatique, estimé que les deux États devraient s’unir et formuler des visions communes qui répondraient adéquatement aux difficultés auxquelles ils sont confrontés, surtout si les deux nations veulent que les générations futures jouissent d’un climat d’harmonie, de progrès, de sécurité et de paix. Croyant que le passé (l'histoire) compromet les relations des deux pays, Ruben Silié Valdez croit qu’il faut construire un futur complètement différent.

« Si nous ne travaillons pas pour changer la situation, nous nous représenterons comme des complices du passé car la politique de la haine est un coup dur pour les deux pays. Nous devons prioriser la construction de la confiance et de l’harmonie entre les deux peuples et les deux gouvernements. Il n’existe pas un conflit ethnique entre les deux peuples. Nous devons être conscients que l’histoire que nous avons vécue jusqu’à présent ne nous a pas offert la possibilité de travailler en harmonie et systématiquement vers une meilleure synchronisation de nos relations. Il ne faut pas non plus oublier certains secteurs intéressés qui ont voulu profiter de la situation en aliénant nos deux peuples et en créant une animosité entre nos dirigeants», a déclaré M. Valdez, qui a recommandé aux deux nations de se libérer des préjugés et de se battre pour changer la mentalité. Il ne faut pas penser qu’avec un arrêté on peut changer la mentalité. Notre responsabilité est de construire un avenir meilleur.  

Quant au ministre des Affaires étrangères, Pierrot Délienne, malgré les inévitables différences entre les deux pays, il est bon de rappeler qu’ils ont le destin de partager la même île. Pour lui, il est plus que nécessaire de travailler quotidiennement au renforcement des liens d’amitié qui unissent les deux peuples et à la durabilité de leurs relations.

« Nous avons l’intime conviction que nous pouvons construire un présent enrichissant pour nos deux pays dans un esprit de cordialité et de respect mutuel. Les nombreuses années de gestion des relations entre nos deux pays et l’expérience qui en résulte ne peuvent que nous permettre de consolider l’entente durable, le respect mutuel par un dialogue constant fructueux, orienté vers la recherche de l’harmonie durable et du progrès. Ce dialogue bilatéral dont les mécanismes sont déjà bien ficelés à travers la commission mixte haïtiano-dominicaine doit bénéficier d’une attention constante et soutenue, car encore et toujours de grands chantiers nous attendent et longue est la route qu’il nous reste à parcourir», a fait savoir le chancelier, qui croit que cette recherche constante d’harmonisation permettra d’approfondir le dialogue dans les domaines fondamentaux qui constituent ces dernières années la pierre d’achoppement dans les relations entre les deux États. 

Plus loin, le ministre Pierrot Délienne invite l’ambassadeur dominicain à continuer à avancer dans la nouvelle dynamique de son gouvernement dans la recherche de solutions durables, par des activités de coopération dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture, de l’eau et du tourisme, entre autres, au bien-être des deux populations, selon les vœux exprimés par le président Jovenel Moïse, lors de sa première visite en République dominicaine en sa qualité de président élu. « Nous avons le ferme espoir d’œuvrer pour la mise ne place des conditions nécessaires à la construction d’une «île pour la paix» comme nous en avons fait le credo de l’Association des États de la Caraïbe « Une Amérique pour la paix, garante d’une vie meilleure pour nos populations respectives», indique le chancelier.  

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CCN

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