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Haïti. Ne pouvant entrer aux États-Unis, les Haïtiens luttent pour rester au Mexique

28 Mar 2017
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Port-au-Prince. Mardi 28 mars 2017. Lenouvelliste/CCN. Plus de 3 000 migrants haïtiens qui nourrissaient l’idée d'entrer aux États-Unis se retrouvent actuellement bloqués à la frontière mexicano-américaine suite au changement de politique migratoire des autorités américaines au mois de septembre de l’année dernière. Depuis, ils n’en mènent pas large à Tijuana ni à Mexicali, Basse-Californie, où ils survivent grâce au petit commerce, espérant que le gouvernement mexicain acceptera de régulariser de leur situation.  

Depuis 2011, date à laquelle les États-Unis ont octroyé aux citoyens haïtiens le statut de protection temporaire (TPS), un an après le tremblement de terre, environ 19 000 compatriotes ont traversé le Mexique à destination du territoire américain, rapportent plusieurs journaux mexicains consultés. Cependant, depuis 7 mois environ, ces derniers commencent à se tourner vers le Mexique comme une deuxième option.

Jusqu’ici, 250 Haïtiens ont formellement demandé asile, selon les médias locaux, précisant au passage que le Mexique est réputé pour donner très peu de visas humanitaires ou de réfugié. De 2002 à 2014, seulement 1 716 personnes ont pu obtenir un visa de la Commission mexicaine d'aide aux réfugiés (COMAR). Selon l'Institut national des migrations, seuls 131 Haïtiens sur 3 700 ont réussi à régulariser leur statut d'immigration au Mexique : 76 sont détenteurs d’une carte de visiteur pour des raisons humanitaires et 55 avec le statut de réfugiés.  

Munis de ces documents, certains d’entre eux sont incorporés dans l'industrie manufacturière. Selon l'Association de l'industrie manufacturière et l'exportation (Index), les Haïtiens ont de nombreuses possibilités d'emploi, car il y a actuellement environ 8 000 postes vacants dans la municipalité de Tijuana et entre 15 000 et 20 000 postes vacants à Ciudad Juarez, Tamaulipas et Sonora.

Les Haïtiens érigent leur première colonie à Tijuana 

Une dépêche de l’agence Reuters signale qu’un groupe de migrants haïtiens bloqués à Tijuana après le durcissement des politiques d'immigration des États-Unis est en train de construire leur première colonie au milieu d'un ravin évacuant des eaux usées. « Il y a de la place pour une centaine de familles sur ces parcelles, ce qui signifie environ 400 personnes. Ils ne peuvent pas continuer à vivre dans les refuges », a déclaré Gustavo Banda, un pasteur de la localité qui a abandonné ses terres pour la construction de la colonie qui commence à être connue sous l’appellation de «Little Haïti».

Faute de documents, les migrants haïtiens risquent d'être recrutés par les narcotrafiquants. Si les Haïtiens ne peuvent pas trouver un emploi en raison de leur statut juridique, avertit un journal local, beaucoup finiront dans la rue sans ressources et deviendront des recrues potentielles pour les groupes criminels. 

«Beaucoup sont à la recherche d'emplois, soit dans la construction, dans les restaurants ou dans les travaux de nettoyage. Certains vont chercher du travail dans les entreprises, mais ne disposent pas d'autorisation. Le gouvernement mexicain dit qu'ils vont offrir des visas humanitaires, mais la demande doit être soumise avec un passeport et la plupart d’entre eux n’en ont pas », fait remarquer Wilner Métélus, un Haïtien qui préside un comité de défense des droits des migrants.

L'institut national des migrations a déclaré à Reuters que « la légalisation pour les migrants n'est pas immédiate, et il existe diverses exigences que les étrangers doivent satisfaire. »  

Cela ne suffit pas à décourager Jean, un Haïtien de 32 ans, dans sa décision de rester à Tijuana. En versant des milliers de dollars à des passeurs et en traversant jusqu'à sept pays, le rêve américain de Jean a pris fin lorsque les États-Unis ont décidé d'expulser tous ceux qui essayaient d'entrer illégalement sur leur territoire.

«Quand nous avons entendu la nouvelle, c'était très triste, nous pensions que la décision serait temporaire, mais ce n'était pas le cas», a déclaré Jean, qui construit une maisonnette en bois pour lui et sa femme dans le ravin. « Maintenant, nous n'avons pas d'argent, absolument rien chez nous [Haïti, ndlr] et nous devons trouver un endroit pour vivre », poursuit ce dernier d’un ton résolu. 

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