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Haïti. Drogue, blanchiment: Haïti risque la mise à l’écart financière

03 Avr 2017
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Port-au-Prince. Lundi 3 avril 2017. Lenouvelliste/CCN. Quelques semaines avant de subir une nouvelle évaluation du Groupe d'action financière de la Caraïbe qui devrait avoir lieu au mois de mai, Haïti est perçue une fois de plus comme une menace pour le système financier régional. En effet, un communiqué, cité par le journal Jamaica Observer, invite les institutions financières des Caraïbes à protéger leurs systèmes contre les risques en cours de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme qui émanent d’Haïti.  

Au niveau régional, Haïti traîne une réputation de mauvais élève qui ne fait pas assez pour lutter contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Cajeton Hood, président de la Commission de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), a déclaré dans le communiqué que le (GAFIC) a identifié «des déficiences stratégiques et [qui] peuvent constituer une menace pour le secteur financier international. »

Cajeton Hood, qui est également le procureur général de Grenade, état insulaire de la mer des Caraïbes, d’une superficie de 350 km2, a précisé que les juridictions ayant des lacunes stratégiques en matière de LBC/FT qui n'ont pas fait suffisamment de progrès ou qui n'ont pas respecté leurs plans d'action élaborés avec le GAFIC pour remédier à leurs lacunes appartiennent à cette catégorie.  

« À cet égard, le GAFIC appelle tous ses membres à protéger leurs systèmes financiers contre les risques en cours en matière de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme émanant d’Haïti », a déclaré le communiqué.

En conséquence, Hood a déclaré que La Grenade a demandé à toutes les institutions financières, y compris les caisses populaires et les compagnies d'assurances, ainsi que les agents immobiliers de faire preuve de prudence pour protéger le système financier grenadien en veillant à ce qu'ils ne soient pas compromis par les risques du blanchiment d'argent et le financement du terrorisme en effectuant des transactions commerciales avec des particuliers ou des organisations ou lors de l'établissement de relations commerciales nouvelles et continues avec Haïti.  

Le procureur général a en outre prévenu que le non-respect des mesures « peut constituer une infraction susceptible d'être poursuivie en vertu des dispositions prévues dans le « Crime Act » (la Loi sur le crime) »

Grâce au vote de la loi sanctionnant le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme et la loi organique de l’UCREF, Haïti avait échappé momentanément aux sanctions du GAFIC qui s’est réuni du 7 au 10 novembre 2016.

D’ici le mois de mai, le Parlement devra mettre les bouchées doubles pour procéder au vote d’un nouveau Code pénal et d’un nouveau Code de procédure pénale qui est l’une des exigences du GAFIC. Plusieurs experts et autorités estiment que l’actuel Code pénal et le Code de procédure pénale ne sont pas adaptés pour permettre au pays de lutter efficacement contre le blanchiment des avoirs et le phénomène du « De-risking ». 

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CCN

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