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Haïti. Il faut des gardiens pour nos gardiens

06 Avr 2017
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Port-au-Prince. Jeudi 6 avril 2017. Lenouvelliste/CCN. La déconfiture du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) se poursuit. Jamais l’organisme , principal organisme de défense des droits humains en Haïti, n’a reçu de plus graves coups que ceux que lui assènent ses propres créateurs. Il y a de quoi être K-O. Anéanti. Pulvérisé.  

Le linge sale se lave sur la place publique. La copie d’un chèque reçu en subvention. Une lettre de démission salée. Une conférence de presse en guise de catharsis. Tous les ingrédients du drame s’étalent sous nos yeux cousu dans un linceuil piqué au fil rouge d'accusations de corruption.

Ce n’est pas le premier cataclysme qui frappe un organisme de défense des droits de l’homme en Haïti depuis le fameux 28 novembre 1979 quand les hordes macoutes ont investi la conférence donnée chez les Pères Salésiens à Saint-Jean Bosco et roué de coups l’assistance sélecte. Le secteur a connu beaucoup de moments douloureux.  

Ce n’est pas la première crise de confiance qui sème le doute dans la tête des observateurs. Combien de fois n’a-t-on pas vu le RNDDH ou d’autres organismes se fourvoyer dans la conduite d’un dossier? Faiblesses des preuves, biais dans le raisonnement, virulence perfide des accusations ont souvent fait tiquer.

À chaque fois, il restait une petite flamme qui rallumait l’espoir que l’erreur est humaine et l’homme, comme les institutions, perfectible. N’éteignons pas l’étincelle. 

D’un régime à l’autre, un gouvernement après l’autre, le RNDDH et la grande famille des droits humains ont toujours su remonter la pente. Passer le flambeau. Se réinventer. Au fil des ans, les saints et les salauds se sont succédé au timon des organisations, l’esprit de combat est resté au grand déplaisir de nos gouvernants défaillants. Qu’il en soit ainsi encore longtemps!

Le travail accompli ces dernières années par le secteur des droits humains est louable. Il a ses hauts et ses bas. Chaque acteur doit faire son mea culpa. Chercher à retrouver la confiance de la population. Se montrer transparent. Et relancer sa machine.  

Le pays a besoin d’organismes autonomes, les droits humains ont besoin de défenseurs. Il faut des lanceurs d’alerte, des vigies, des chiens de garde. Et des gardiens pour nos gardiens car les prédateurs et la tentation sont partout.  

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CCN

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