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Haïti. Haïti nage en pleine insécurité financière

21 Avr 2017
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Port-au-Prince. Vendredi 21 avril 2017. Lenouvelliste/CCN. Comme chaque année, à la veille du Sommet international de la finance, le Group Croissance publie l’indice d’inclusion financière par département. Une opération qui vise, entre autres, à informer les autorités monétaires et financières et les agents économiques de l’état de la situation sur le plan de l’insécurité financière. 

Pour ce faire, le P.D.G. du Group Croissance, Kesner Pharel, qui intervenait ce jeudi au Convention Center de la banque centrale, a analysé des données de la Banque de la République d’Haïti (BRH) relatives à la quantité de dépôts effectués au niveau du système bancaire haïtien par département.  

Jusqu’à la fin du mois de septembre 2016, le système bancaire haïtien réunissait globalement des dépôts totaux estimés à 220 442 957,60 gourdes. Ce montant est donc divisé en trois parties : - les Dépôts à vue estimés à 99 099 462, 8 gourdes (soit 45% des dépôts totaux) ; - les Dépôts d’épargne estimés à 69 966 794 gourdes (31,8%); - les Dépôts à terme estimés à 51 376 700, 8 gourdes (23,2%). Cette répartition des dépôts dans le système bancaire laisse très peu de marge aux banques locales pour pouvoir donner du crédit aux demandeurs à moyen et à long terme.

Les explications fournies par l’économiste Kesner Pharel laissent croire que sur les 140 communes que compte la République D’Haïti, seulement 26 d’entre elles disposent au moins d’une succursale de banque, soit 20% des communes. Cette absence très marquée des banques dans la grande majorité des villes du pays témoigne d’un grand déficit de moyens pour générer de la croissance, promouvoir le développement et pallier la pauvreté.  

Qui pis est, d’après les données de la BRH, sur chaque 100 gourdes déposées dans le système, 86 gourdes sont détenues au niveau des banques de la zone métropolitaine. Le département du Nord vient très loin derrière en deuxième position avec un montant de gourdes sur les 100 gourdes contenues dans le système. L’Artibonite vient en troisième position avec 3 gourdes sur 100 tandis que le département du Sud vient en quatrième position avec un montant de deux gourdes sur 100.

Ces quatre départements partagent à eux seuls 95% du total des dépôts bancaires. Ainsi, les six départements restants, à savoir le Nord-Ouest (1,2%), le Sud-Est (1%), le Centre (0,8%), le Nord-Est (0,6%), les Nippes (0,6%), la Grand’Anse (0,5%) partagent entre eux seulement 5% des dépôts du système bancaire.  

De ces six derniers départements du pays, quatre d’entre eux ont moins d’une gourde de dépôt dans la répartition des dépôts totaux. C’est cette situation dramatique que le responsable du Group Croissance appelle l’insécurité financière. Les gens faisant face à une telle situation vivent dans un état extrême de vulnérabilité, les empêchant de satisfaire les besoins les plus élémentaires (soins de santé, éducation, logement).

Trouver une solution au problème de l’indice d’inclusion financière n’est pas seulement l’affaire de la BRH ou de l’Exécutif. Selon Kesner Pharel, c’est un phénomène que toutes les entités publiques, les ministères, le Parlement, les mairies et le secteur privé doivent s’employer à trouver les moyens de générer plus d’argent dans les régions les plus pauvres du pays pour permettre aux membres de la population d’avoir un revenu plus élevé leur donnant la possibilité d’épargner et de vivre mieux à l’avenir.  

Cette rencontre du Group Croissance avec la presse était aussi l’occasion de lancer la 7e édition du Sommet international sur la finance programmé du 24 au 28 avril. À cette occasion, le maire de la commune de Carrefour, M. Jude Édouard, qui est également président de la Fédération nationale des maires (FENAMH) et Robert Paret Junior, P.D.G. de PROFIN, coorganisateur du sommet depuis les deux dernières éditions sont intervenus pour expliquer en quoi consistera la participation de leurs groupements respectifs au prochain sommet.

M. Jude Édouard a mobilisé un groupe d’une centaine de maires à travers le pays pour prendre part à cet évènement. Pendant la première journée du Sommet, FENAM et le Group Croissance vont animer un panel sur la finance municipale. « En ce qui a trait à la question de l’inclusion financière, nous les maires, nous avons l’obligation de jouer notre partition et faciliter une meilleure participation des élus locaux dans les finances du pays », estime le maire de Carrefour, qui pense que le thème du Sommet cette année ‘’Financer l’immobilier’’ est caracteristique de la situation actuelle de l’immobilier dans les communes haïtiennes « Malheureusement dans les réflexions qui se font actuellement en Haïti, on ne tient pas suffisamment compte de l’importance des recettes communales. Car l’impôt et les patentes représentent environ 97% des recettes communales », a fait remarquer M. Édouard, soulignant que ce sommet constitue le moment propice pour revisiter certaines lois très anciennes sur le secteur immobilier.

Le P.D.G. de PROFIN Robert Paret Junior, dans son intervention, a mis en évidence l’importance pour les agents économiques d’avoir de bonnes informations afin de pouvoir prendre les bonnes décisions. C’est pour cela, dit-il, que PROFIN, à travers sa vocation de société de promotion des investissements, veut apporter sa contribution dans la diffusion de bonnes informations à l’ensemble de la communauté.  

Les responsables de PROFIN vont présenter deux ateliers au cours desquels les participants auront la chance d’apprendre gratuitement des techniques d’investissement et d’acquérir des connaissances sur la manière d’investir. M. Paret promet d’amener au prochain sommet des partenaires étrangers provenant de régions très proches de nous mais qui sont plus avancés que nous en matière de développement économique.

Robert Paret Junior a profité de sa prise de parole pour saluer le progrès assez important que la banque centrale a fait dans le domaine du crédit immobilier. En 2009, avant le tremblement de terre, il y a eu seulement 4.8 milliards de gourdes de crédit qui ont été faits au secteur de l’immobilier. En décembre 2016, ce chiffre est passé à 18 milliards de gourdes et l’immobilier est devenu le deuxième secteur le plus important dans le crédit bancaire. Tous ces efforts ont été accomplis parce que la BRH a pris beaucoup de mesures pour accompagner le secteur immobilier, conclut le P.D.G. de PROFIN.  

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