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Haïti. Augmentation du prix du carburant, le gouvernement doit gérer la suite

22 Mai 2017
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Port-au-Prince. Lundi 22 mai 2017. Lenouvelliste/CCN. Les esprits sont encore calmes en Haïti à la suite de l’impopulaire, mais nécessaire décision du gouvernement d’augmenter le prix du carburant à la pompe. Cela ne veut pas dire que la suite va se passer sans casse. Le gouvernement doit assurer le service après-vente. 

La manifestation des milliers d’ouvriers de la sous-traitance ce vendredi le prouve. Cette première vraie mesure de l’administration Moïse/Lafontant s’invite encore dans les débats sur les réseaux sociaux et dans les conversations privées. Le gouvernement a intérêt à dialoguer avec la population pour prouver le bien-fondé de sa décision. On se rappelle que le président Jovenel Moïse était un bon communicateur quand il était en campagne. En plus, il dispose de quatre porte-paroles. Que tout cela soit mis à profit !

Le gouvernement n’a pas intérêt à laisser grandir le mécontentement lié à l’augmentation des prix des produits pétroliers. D’autres manifestations des ouvriers de la sous-traitance ne seront pas un bon signal pour ce secteur fragile qui cherche à attirer des investisseurs. On se souvient de l’engagement de l’ADIH de créer 300 000 emplois en huit ans. Nous ne sommes pas encore là. Ce qui est à l’ordre du jour, c’est comment trouver la juste mesure entre la revendication des ouvriers d’avoir un salaire minimum de 800 gourdes et l’éternel argument du patronat que l’augmentation du salaire va faire fuir les emplois. Est-il impossible d’attirer des emplois dans la sous-traitance et de permettre en même temps aux ouvriers de satisfaire leurs besoins primaires ?  

Ici, survivre avec le salaire minimum était difficile avant l’augmentation du prix du carburant à la pompe, il devient plus compliqué avec la décision du gouvernement. Cette situation ne concerne pas seulement les ouvriers de la sous-traitance, mais aussi des professionnels de tout acabit. Pour être honnête, ce n’est pas seulement le salaire qui crée problème, c’est aussi l’absence des services sociaux et le taux élevé du chômage. Chacun avec son salaire doit compenser l’absence de l’État dans le domaine de la santé, de l’éducation et des services de base comme l’eau potable, l’électricité, etc. À cela, il faut ajouter le surplus qu’il faut payer pour les transports en commun et les proches sans emploi qu’il faut entretenir. Chacun de nous, quel que soit son salaire, doit suppléer à l'absence ou aux manquements de l’État.

Si l’État haïtien est si pauvre au point de délaisser ses citoyens, il y a une ou plusieurs raisons à la base. La mauvaise gouvernance, avec son corollaire la corruption, en est la principale. Si la décision de ne plus subventionner le carburant va permettre aux autorités de trouver des fonds pour faire fonctionner les hôpitaux publics, les lycées et les écoles nationales, assainir les rues, relancer l’agriculture, nous avons intérêt à nous mettre à leurs côtés. Qui ne se sentirait pas fier de voir son pays cesser de quémander de l'argent auprès de la communauté internationale pour financer ses plus simples programmes ? Pour y arriver, il y a un prix que les citoyens comme les autorités doivent payer. Les citoyens doivent payer leur redevance à l’État et les autorités ont pour devoir de dépenser dans la transparence chaque sou des deniers publics.  

Que l’administration Moïse/Lafontant initie la bonne gouvernance que le pays exige trop longtemps! Que la bonne utilisation des bénéfices que l’État va tirer de la hausse des prix des produits pétroliers en soit le point de départ ! 

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