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Haïti. Cash management : la BRH salue la discipline financière du gouvernement

08 Jui 2017
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Port-au-Prince. Jeudi 8 juin 2017. Lenouvelliste/CCN. Financement monétaire, la poursuite de la gestion du cash management, appréciation de la gourde, sont, entre autres, quelques points qui ont été abordés lors de la conférence de presse donnée par le gouverneur de la Banque de la République d'Haïti (BRH), Jean Baden Dubois et le sénateur des Nippes, Nènèl Cassis, en marge d’une visite de courtoisie des membres de la commission Finance, économie et budget du Sénat de la République, le mercredi 7 juin 2017, au centre de convention et de documentation de la BRH.  

« C’est la première fois dans toute l’histoire de la Banque centrale qu’une commission parlementaire décide de visiter officiellement les membres du conseil d’administration », se réjouit le gouverneur Dubois, qui en a profité pour échanger avec les sénateurs sur plusieurs sujets d’intérêt, dont la situation macroéconomique du pays. De son côté, Nènèl Cassy, président de la commission Finance, Économie et Budget du Sénat de la République, qui s’est exprimé au nom de ses pairs, affirme que cette visite est à mettre au compte de la nouvelle politique du grand Corps qui place au premier rang les intérêts de la population.

Un gouvernement plus discipliné financièrement.

Par ailleurs, le gouverneur de la Banque centrale, répondant aux questions des journalistes, a tenu à féliciter l’actuel gouvernement, très discipliné en matière de finances, qui vise, dit-il, à maintenir le financement monétaire dans une fourchette acceptable. « Le souci de réduire au minimum le financement monétaire est toujours présent », assure le gouverneur Jean Baden Dubois, qui dit avoir eu de multiples discussions avec le ministre de l’Économie et des Finances. « Nous avons tenu beaucoup de réunions sur la question », renchérit-il.

Le cash management maintenu jusqu’à la fin de l’année  

« Jusqu’à la présente minute où je vous parle, le cash management est respecté et le vœu de continuer à le respecter jusqu’à la fin de l’année a été formulé », a fait savoir le gouverneur Dubois faisant référence à la signature de l’accord du 20 avril 2016 entre le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et la Banque centrale autorisant cette dernière à faire la gestion du cash management en réponse à la situation critique actuelle des finances publiques du pays.

La gestion du cash management permet donc à l’État de dépenser uniquement ce qu’il a collecté, mettant ainsi une fin au financement monétaire à chaque fois que l’Etat se retrouve en situation de dépenser de l’argent dont il ne dispose pas. Fini les endettements de l’État vis-à-vis de la BRH et le risque de se retrouver donc avec une masse de monnaie beaucoup plus importante que ce que l’économie demande. D’où l’inflation qui entraîne par la suite une dépréciation de la monnaie. 

« Une mission du FMI est actuellement dans nos murs », annonce le gouverneur. « Nous travaillons avec cette mission de manière à mettre en place un programme qui fixera une limite acceptable pour le financement monétaire », a-t-il fait savoir. Un premier pas sans doute dans cette nouvelle direction, le projet de loi de finances rectificative, d’une enveloppe globale de 118 milliards de gourdes, adopté en Conseil des ministres la semaine dernière, prévoit le non-recours au financement monétaire.

Pour sa part, le président de la commission Finance, Économie et Budget du grand Corps, Nènèl Cassy, exhorte la banque centrale à être plus disciplinée au niveau des finances en vue de favoriser la bonne gouvernance.  

La BRH a mis fin aux spéculations pour faire baisser le taux de change

Toute une série de mesures ont été adoptées pour aboutir à ce résultat, a fait savoir le gouverneur de la BRH, Jean Baden Dubois. « Il n’y a pas eu seulement l’injection progressive des 120 millions de dollars sur le marché. Nous avons pris tout un train de mesures accompagnatrices», a affirmé le numéro un de la banque centrale, entouré des autres membres du conseil d’administration et des membres de la commission Finance du grand Corps.  

Sans minimiser totalement l’effet des injonctions des dollars sur le marché des changes, le gouverneur a mis l’accent sur les efforts déployés pour casser les spéculations sur le taux de change. « Il y a eu beaucoup de spéculations. La première action posée consistait à les supprimer », a soutenu le gouverneur sans pour autant pointer du doigt un quelconque secteur. « La BRH dispose de plusieurs instruments pour imposer des restrictions. Autant dire que nous faisons des restrictions et nous continuons à le faire », a poursuivi Jean Baden Dubois.

Dans les banques, le taux de change affiché précise que le dollar se procure à 62 gourdes à l’achat et 64 gourdes à la vente. Cette baisse au niveau du taux de change qui s’apprêtait à frôler la barre des 70 gourdes ne laisse pas indifférent le sénateur Nènèl Cassy, président de la commission Finance du grand Corps. : « Il y a une baisse réelle au niveau du taux de change mais on n’atteint pas encore l’objectif visé. Il faut arriver à une baisse plus substantive pour améliorer le pouvoir d’achat des citoyens », a recommandé le sénateur des Nippes, membre du groupe minoritaire au Sénat. 

Sur ce point, le gouverneur a rappelé que le taux de change ne dépendait pas uniquement de la banque centrale. Outre le facteur de la production, il a souligné plusieurs autres éléments qui ont exercé des influences néfastes sur le taux de change. « Pour gagner le combat contre le taux de change, le financement monétaire et les dépenses de l’État ne doivent pas exagérer ni excéder la limite des moyens. Il faut surtout calmer les tensions sociopolitiques », a argué le gouverneur, précisant qu’il avait souligné tous ces points lors de sa rencontre avec les sénateurs au Parlement.

Révision de la politique du crédit de la BRH  

Par ailleurs, la commission Finance du Sénat s’est informée auprès de la BRH sur la politique de crédit appliquée par cette dernière. Elle cherche à savoir comment encadrer les professionnels et les agriculteurs de concert avec la banque centrale. La BRH, à travers des programmes incitatifs, souhaite « encourager les entrepreneurs à investir dans des sphères de la production ». Pour favoriser les investissements, la BRH compte utiliser le crédit-bail. Cette forme de crédit devrait permettre aux professionnels d’avoir la possibilité d’acquérir des matériels leur permettant de répondre à la demande du marché à des conditions très avantageuses, explique le patron de la BRH.

Toutefois, le gouverneur de la BRH reconnaît que la loi portant sur la réglementation du crédit-bail souffre encore au Parlement. Il y a également la proposition de loi sur la microfinance qui a été déposée à la Chambre basse, précise Jean Baden Dubois. Ce sont deux lois importantes pour faciliter non seulement l’activité économique, mais aussi une certaine démocratisation au niveau de la circulation des flux financiers, assure-t-il. 

Patrick SAINT-PRE

Gérard JEANTY Jr.

Caleb LEFEVRE  

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