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Venezuela : Discours de Nicolás Maduro à l'Assemblée Générale de l'ONU

03 Oct 2018
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Caracas. Mercredi 3 octobre 2018. CCN. Messiers les ambassadeurs,Mesdames les ambassadrices, les chefs des délégations des pays représentés à l'Organisation des Nations Unies, Madame la Présidente de l'Assemblée Générale, María Fernanda Espinoza,

Je veux vous transmettre les félicitations de la délégation de la République Bolivarienne du Venezuela, de notre Gouvernement, pour être la première femme latino-américaine à assumer la présidence d'une période de sessions, de cette 73° période de l'Assemblée Générale. Nous avons été invités à cette occasion à travailler sur un sujet vital qui a été intitulé « Faire que les Nations Unies soient pertinentes pour toute la direction du monde et pour les responsabilités partagées, pour obtenir des sociétés pacifiques, équitables et soutenables » et à le traiter dans cette période de sessions. Faire que les Nations Unies soient pertinentes pour tous.

Précisément, un noble objectif, partant de l'idée que le système des Nations Unies doit construire à la lumière de ce XXI° siècle un XXI° siècle de grandes opportunités et nous en sommes sûrs, un XXI° siècle qui donnera le ton à des processus de libération de l'homme, de libération politique, de libération des peuples qui auront tôt ou tard d'importants impacts sur l'avenir de l'Organisation des Nations Unies. Cette Organisation des Nations Unies est née à la fin de la Seconde Guerre Mondiale (1945) et sa configuration, dans le reste du XX° siècle, a exprimé les conflits et les formes d'action de l'après-guerre de ces années pendant lesquelles le monde était bipolaire et après la chute de l'Union soviétique, dans les années 90, d'un monde unipolaire.

La corrélation des forces dans le fonctionnement du monde a toujours influé directement sur l'Organisation des Nations Unies et pour quel'Organisationdes Nations Unies soit pertinente, comme c'est le but de cette 73° Assemblée Générale, elle doit exprimer les souhaits, la façon d'être, la culture, la pensée politique, la grande force et les espoirs de la majorité.

C'est pourquoi le Venezuela, aujourd'hui, vient dire sa vérité, amène la vérité d'un peuple combattant, révolutionnaire, amène la voix d'une patrie qui a refusé de se rendre tout au long de son histoire, a refusé de se rendre devant l'injustice, les empires, hier esclavagistes et coloniaux et aujourd'hui également esclavagistes et néocoloniaux. J'amène la voix d'un peuple qui s'est levé depuis la résistance héroïque des aborigènes, des peuples originaires qui, pendant des siècles, ont résisté à la domination des empires coloniaux des siècles passés. J'amène la voix du peuple qui a l'honneur d'être le berceau du grand Libérateur Simón Bolívar, le plus important dirigeant de la génération des libérateurs de l' Amérique qui, il y a 200 ans, ont accompli la prouesse héroïque de fonder un continent, de fonder une région, de fonder un rêve : les républiques indépendantes de cette région du monde.

Un peuple historique, le Venezuela, qui est le berceau et en même temps l'école des valeurs républicaines, qui est le berceau et l'école de la rébellion, qui est le berceau et l'école de la dignité, des valeurs comme l'égalité. Notre patrie s'est obstinée, à chercher son indépendance et sa souveraineté tout au long des siècles.

C'est cette voix que j'amène sur cette scène qui a été le témoin de l'une des attaques les plus infâmes et honteuses qu'on ait connues ces dernières années. Notre pays est un pays harcelé, agressé. Hier, en ce même lieu, le Président des Etats-Unis d'Amérique du Nord a attaqué, une fois de plus, le noble peuple du Venezuela en brandissant, comme je l'ai dit, la doctrine que l'empire des Etats-Unis a créée il y a 200 ans et qui a déterminé, depuis lors, ce qui allait construire, ensuite, son rôle interventionniste, son prétendu rôle de juge, de décideur et de gendarme du monde, la Doctrine Monroe. Oui, là, en ce même lieu, se trouvait le président de la nation impériale la plus puissante du monde, les Etats-Unis d'Amérique du Nord, brandissant la Doctrine de James Monroe qui a dit, en son temps : « L'Amérique aux américains » et que le reste de l'Amérique devait appartenir en tant qu'arrière-cour aux intérêts des élites qui dominaient déjà depuis Washington la configuration de ce pays, une ancienne colonie de l'empire britannique.

Il a brandi hier cette doctrine, la Doctrine Monroe, direz-vous. Pourquoi l'attaque si féroce du pouvoir étasunien à tous les niveaux exprimée dans le discours du Président Donald Trump hier ? C'est un conflit historique, nous l’avons assez dit au monde, notre peuple le sait bien, c'est le conflit entre la doctrine impériale interventionniste, néocolonialiste de Monroe contre la doctrine traditionnelle, indépendantiste, de rébellion, de dignité, de justice, de liberté, républicaine, d'égalité de notre Libérateur Simón Bolívar, c'est un vieux conflit, c'est une vieille opposition entre une doctrine impériale qui cherche à dominer notre région. Au XIX° siècle, ils envisageaient de dominer seulement notre région, au XX° siècle, ils envisageaient déjà de dominer le monde et au XXI° siècle, ils cherchent à continuer à gouverner, à fair edu chantage, à donner des ordres au monde comme s'il leur appartenait. Dans notre région, ce conflit, cette opposition entre les drapeaux libertaires républicains qui défendaient un monde d'équilibre, de respect, et les drapeaux pro-impérialistes qui défendaient la domination de toute une région par une élite qui prenait déjà le contrôle du pouvoir à Washington a 200 ans, elle date du XIX° siècle de Simón Bolívar et des libérateurs.

C'est un vieux conflit historique que nous connaissons bien. Aujourd'hui, le Venezuela est victime d'une agression permanente dans le domaine économique, politique, médiatique, de la part de ceux qui gouvernent les Etats-Unis d'Amérique du Nord, ils arborent la Doctrine Monroe pour justifier du point de vue idéologique, politique, diplomatique l'agression contre notre chère patrie.

Notre raison d'être. Pourquoi l'agression politique, économique, diplomatique contre le Venezuela ? En premier lieu, parce que le Venezuela a mis en place un projet autonome de révolution démocratique, de revendication sociale, de construction d'un nouveau modèle de société qui lui est propre basé sur les racines historiques de notre région, basé sur l'identité de notre pays, basé sur la culture propre à notre région latino-américaine.

Depuis plus de 20 ans, ils veulent arrêter le cours de l'histoire, le développement d'un projet révolutionnaire né des racines mêmes de lutte de notre peuple et de notre région. Et en second lieu – peut-être – plus compréhensible, pour des raisons de géopolitique mondiale, parce que le Venezuela est le pays du monde qui possède la plus importante réserve de pétrole certifiée au niveau international. Le Venezuela fondateur de l'OPEP, le Venezuela, un pays qui a 100 ans de production de pétrole, qui a découvert et fait certifier internationalement la plus importante richesse pétrolière du monde et le Venezuela, en plus, possède d'importantes richesses naturelles et minières. Aujourd'hui, notre pays est en train de faire certifier ce qui pourrait être, selon les standards internationaux, la première réserve d'or du monde.

Le monde doit savoir qu'en plus de la plus grande réserve internationale de pétrole, le Venezuela certifie aujourd'hui sous les standards internationaux la plus grande réserve d'or du monde et en plus, le Venezuela certifie aujourd'hui aussi ce qui va être la quatrième réserve de gaz du monde, d'importantes richesses naturelles, une importante situation géopolitique, géo-économique, géostratégique, qui a amené les oligarchies du continent et ceux qui dominent à Washington à vouloir dominer et contrôler le pouvoir politique au Venezuela. Le Venezuela, aujourd'hui, est victime d'une agression permanente.

Dans le domaine économique, le Venezuela a été soumis pendant ces dernières années à une série de mesures unilatérales illégales de persécution économique, de blocus économique, on nous empêchés d'utiliser la monnaie internationale (le dollar), avec des positions d’utilisation de la domination par les autorités, par le Secrétariat au Trésor des Etats-Unis. Aujourd'hui, le Venezuela ne peut négocier aucune transaction internationale grâce au dollar. Le monde sait-il que le Venezuela est persécuté du point de vue économique, commercial, monétaire ? Aujourd'hui, le Venezuela est soumis à un ensemble de mécanismes de sanctions économiques illégaux, unilatéraux.

Hier, le président des Etats-Unis, précisément à cette même tribune, annonçait de nouvelles sanctions, de soi-disant sanctions économiques et financières contre notre pays, précisément dans le sanctuaire de la loi, dans le sanctuaire de la légalité internationale. Le Système des Nations Unies sait-il que les sanctions unilatérales qui utilisent la domination, la suprématie de la monnaie et la persécution financière sont considérées comme illégales du point de vue du droit international ? Le Venezuela est aussi soumis à une agression permanente dans les médias. On a essayé de construire un dossier pour justifier une intervention internationale. Aujourd'hui, nous savons que c'est une intervention internationale qu'on a cherchée, une intervention militaire pour contrôler notre pays. On a construit dans les médias du monde entier un dossier contre notre pays pour prétendre qu'il y avait une crise humanitaire, une crise humanitaire qui utilise les concepts des Nations Unies pour justifier qu'une coalition de pays dirigée par le Gouvernement des Etats-Unis et ses Gouvernements satellites en Amérique Latine, mette la main sur notre pays. On a fabriqué par différents moyens une crise migratoire qui tombe par son propre poids, qui tombe par son propre poids, destinée à détourner les véritables crises migratoires qui existent dans le monde qui démontrent que nous sommes défavorisés, nous, les pays du Sud. La crise migratoire qui existe en Amérique Centrale, au Mexique, en Amérique Latine, qui a provoqué l'annonce de la construction d'un mur contre nos peuples, un mur de division entre nos peuples. On ne veut pas parler de la situation réelle des migrants latino-américains, caribéens, arrêtés, persécutés, sur la frontière avec le Mexique, séparés de leur famille, des enfants enlevés et on cherche à traiter ce problème avec une double morale et on ne veut pas lui donner une réponse ni faire voir la gravité de la crise migratoire provoquée par la destruction de la Libye par l'OTAN qui a provoqué la migration de milliers de nos frères africains, de millions de nos frères d’Afrique et du Moyen Orient suite à la guerre contre la Syrie.

Et on a essayé de mettre dans l'objectif d'une campagne médiatique mondiale une soi-disant crise migratoire au Venezuela pour justifier ce qu'on annonce depuis des années, une intervention humanitaire. C'est la même histoire que celle des armes de destruction massive en Irak, c'est le même schéma qui a justifié l'intervention dans d'autres pays, maintenant sous le prétexte d'une grande campagne brutale de guerre psychologique.

Le Venezuela, aujourd'hui, est aussi victime d'une agression diplomatique. Hier, nous avons été les témoins, chers frères et sœurs des Gouvernements du monde, de la façon dont le Président des Etats-Unis menace directement de diminuer les aides, de retirer les aides directes du Gouvernement des Etats-Unis ou de bloquer les aides des systèmes internationaux de soutien et de secours aux Gouvernements et aux peuples du onde qui en ont besoin.

Nous avons entendu les discours de plusieurs Gouvernements qui ont demandé de meilleurs mécanismes d'accès aux financements du développement auquel nos peuples ont droit. Le Président des Etats-Unis, hier, à cette même tribune, a menacé les Gouvernements du monde de les soumettre à ses desseins, à ses ordres et de les obliger à collaborer à sa politique dans le Système des Nations Unies ou bien ils agiraient en conséquence. Sur le Venezuela, s'est développée une féroce offensive diplomatique dans tous les organismes du Système des Nations Unies, soutenue par des Gouvernements satellites qui, à genoux, souillent l'honneur des peuples qu'ils disent représenter.

Le Venezuela a été soumis à une agression permanente dans le domaine politique. Le 8 septembre dernier, le journal The New York Times a publié des éléments prouvant la participation de fonctionnaires de la Maison Blanche et du Gouvernement des Etats-Unis à des réunions destinées à favoriser un coup d'Etat militaire et à provoquer un changement de Gouvernement, un changement de régime au Venezuela. L'enquête publiée par The New York Times et reprise par la revue Times, par le Washington Post, et connue grâce à la presse mondiale, a simplement confirmé la conspiration, l'agression permanente des agents du Gouvernement des Etats-Unis contre une démocratie constitutionnelle, fortifiée, une démocratie avec le peuple comme la démocratie vénézuélienne. Et nous, nous avions dénoncé à l'époque les tentatives violentes contre la Constitution, les tentatives pour provoquer des troubles et des coups d'Etat soi-disant militaires contre le Gouvernement constitutionnel et révolutionnaire qui, par la volonté du peuple et le vote du peuple, préside la République Bolivarienne du Venezuela.

Après l'échec annoncé de ces tentatives destinées à provoquer des troubles, des violences militaires publié dans les pages du New York Times, ce journal donne des détails sur la façon dont des fonctionnaires des Etats-Unis, de Colombie, soutenus par le Gouvernement de la Colombie et les institutions colombiennes, se sont rencontrés et ont offert leur encouragement et leur soutien à cette tentative de changement de régime. Les Nations Unies, l'unité, je le dis à mes frères latino-américains et caribéens, l'Amérique Latine et les Caraïbes peuvent-elles accepter ces méthodes qui ont causé tant de dommages à notre région pendant tout le XX° siècle ? Combien d'interventions militaires, combien de coups d'Etat, combien de dictatures se sont-ils imposés pendant le long et obscur XX° siècle latino-américain et caribéen ? A qui ont-ils profité ? Aux peuples ? Quels intérêts ont-ils représenté ? Les intérêts des transnationales, les intérêts anti-populaires, nos peuples ont dû supporter de longues dictatures comme celle d'Augusto Pinochet au Chili à cause de l'action des élites étasuniennes et de la Doctrine Monroe qui nous refuse le droit que nous avons gagné à nous gouverner comme il faut, de nous gouverner et de construire des systèmes économiques, politiques et culturels propres à notre région.

C'est pourquoi je dis que je suis venu apporter la vérité d'un peuple qui lutte, le Venezuela est dans la ligne de mire d'une campagne politique et médiatique qui semble n'avoir pas de fin. C'est pourquoi nous apportons la vérité de notre patrie à cette honorable Assemblée Générale des Nations Unies, après l'échec publié et annoncé dans le New York Times de ces tentatives de changement de régime, illégales, anticonstitutionnelles, criminelles, après l'élection présidentielle démocratique du 20 mai dernier où votre serviteur ici présent, Maduro Moros a obtenu 68% des voix du peuple lors d'élections libres, la 24° élection en 19 ans a été l'élection présidentielle du 20 mai dernier, l'élection numéro 24, lors de laquelle nous, les forces révolutionnaires bolivariennes, avec différents niveaux d'approbation, avons gagné 22 élections face aux forces d'opposition dans notre

pays. Après l'échec de la tentative de coups d'Etat militaires, après l'échec des candidats et de la tactique électorale soutenue par Washington, avec l'immense victoire électorale que le peuple nous a donnée, le 4 août dernier, j'ai été victime d'un attentat terroriste avec des drones destiné à m'assassiner lors d’une cérémonie militaire, sur l'une des avenues principales de la capitale Caracas qui, s'il avait réussi comme il avait été planifié et comme c'est de notoriété publique, aurait provoqué un massacre, l'assassinat de tout le haut commandement des institutions, de tout le haut commandement politique, militaire de notre pays, du Venezuela. Ce même 4 août, les auteurs matériels, les terroristes qui ont mené à bien l'attaque avec les drones, la première attaque avec des drones connue dans l'histoire de la violence terroriste dans le monde, ce même 4 août, ils ont été arrêtés par les organes de sécurité, par la police de l'Etat. Tous les auteurs matériels, 28 auteurs matériels ont été arrêtés dans diverses procédures de l'enquête. Tous ont avoué et ont été reconnus coupables. Et toutes les investigations, comme je l'ai rendu public et comme je l'ai porté à la connaissance de plusieurs Gouvernements du monde, toutes les investigations conduisent à conclure que que l'attentat terroriste du 4 août a été préparé, financé et planifié sur le territoire des Etats-Unis d'Amérique du Nord. J'ai porté à la connaissance du Gouvernement des Etats-Unis, par la voie diplomatique, le nom, la responsabilité et les preuves concernant les auteurs intellectuels, les financiers et ceux qui ont planifié ce grave attentat terroriste du 4 août dernier. Toutes les investigations indiquent que cet attentat et ses auteurs matériels, comme ils l'ont avoué, ont été entraînés, préparés pendant des mois en territoire colombien sous la protection et avec le soutien des autorités colombiennes. Et les dernières investigations et les dernières arrestations ont révélé, comme je l'ai fait savoir à l'opinion publique, que certains diplomates des Gouvernements du Chili, de la Colombie et du Mexique sont évoqués par les auteurs matériels comme ayant facilité leur fuite après la réalisation de l'attaque terroriste.

Je veux demander au Système des Nations Unies de nommer un délégué spécial du Secrétariat des Nations Unies pour qu'il fasse une enquête indépendante internationale sur les implications et les responsables de l'attentat terroriste dont a été victime notre pays le 4 août dernier. 

Le Venezuela est ouvert, les portes de notre pays sont ouvertes, de notre système de justice, pour établir les responsabilités directes dans cette agression qui est la plus grave qui se soit produite dans l'histoire politique de notre pays à cause de ses implications qui étaient destinées à créer le chaos dans notre patrie, à décapiter l'Etat dans son ensemble pour justifier un affrontement intérieur, une violence intérieure et justifier ainsi l'activation de mécanismes en-dehors du système multilatéral d'intervention militaire des Nations Unies comme d'autres pays l'ont connu dans le passé.

Alors, le Venezuela propose officiellement, monsieur l'ambassadeur, monsieur le Chancelier, son soutien pour une enquête indépendante internationale et pour qu'on détermine la vérité, la vérité sur ces événements. Moi, j'ai même dit au Gouvernement des Etats-Unis qu'il serait bon que le Gouvernement des Etats-Unis, qui a refusé de participer à la préparation et à l'exécution de cet attentat, qu'il serait bon que le Gouvernement des Etats-Unis réponde à l'appel que je lui lance pour que le FBI, avec des professionnels et des scientifiques de haut niveau, intègrent cette enquête qui fera apparaître et aidera la justice vénézuélienne à faire apparaître la vérité et seulement la vérité.

En arrivant à New York ce soir, on m'a informé que des journalistes avaient demandé au Président Donald Trump s'il était prêt à rencontrer Maduro, ils m'appellent comme ça ici, Nicolás Maduro, le Président du Venezuela. Il semble que le Président Donald Trump ait dit dans certaines de ses réponses, que si cela aidait le Venezuela, il y était prêt et je le dis à cette tribune, je l'affirme à cette tribune, malgré les immenses différences sociales, moi, je suis un ouvrier, un conducteur d'autobus, un homme du peuple, je ne suis pas un magnat ni un multimillionnaire, malgré toutes les différences comme pourrait considérer comme abyssales, le Président du Venezuela, Nicolás Maduro Moros, serait prêt , je serais prêt à serrer la main du Président des Etats-Unis, à m'asseoir et à discuter des différences bilatérales que nous avons et des affaires de notre région qui seraient considérées ainsi.

Je le crois, le Venezuela est un pays amical. Nous, les Vénézuéliens, nous ne haïssons pas les Etats-Unis, au contraire, nous apprécions les Etats-Unis, sa culture, ses arts, sa société. Nous différons des concepts de l'Empire qui sont les positions du pouvoir politique à Washington depuis la fondation même de cette nation.

C'est notre Libérateur Simón Bolívar qui a dit en son temps, en 1826, en 1826, le Libérateur Simón Bolívar qui a dit déjà, comme une prophétie : « Les Etats-Unis d'Amérique du Nord semblent destinés par la providence à remplir l'Amérique de faim et de misère au nom de la liberté. » Simón Bolívar, 1826.

Une vision de prophète. Difficile de ne pas voir non plus ce qui a été l'avenir de l'histoire déjà pendant le XX° siècle. Quels sont les différends que nous avons avec le Président Donald Trump ? Il est clair que nous en avons mais ce sont des différends dont nous devons parler, ce sont ceux qui ont des différends dans ce monde qui doivent mettre sur la table leur bonne volonté et leur capacité de parole. Le Président Donald Trump a dit qu'il est inquiet pour le Venezuela, qu'il veut aider le Venezuela.

Bon, moi, je suis prêt à parler avec un ordre du jour ouvert de tous les sujets dont veut parler le Gouvernement des Etats-Unis, avec humilité, avec franchise, avec sincérité. Le Venezuela, en tant que président du Mouvement des Pays Non-alignés, brandit le drapeau du dialogue des civilisations. Le Venezuela, en tant que président du Mouvement des Pays Non-alignés, promeut, pratique en permanence le dialogue politique, international, la résolution des conflits internationaux par le dialogue, la compréhension, l'usage pacifique de la politique et non de la force.

Le Venezuela a une grande expérience dans des organismes comme l' OPEP, de la gestion de situations de divergences et de la construction de consensus et d'accords. Récemment, en Algérie, nous avons eu la réunion du comité de contrôle dont notre pays fait partie ainsi que 24 Etats dans lesquels se trouvent les plus importantes réserves de pétrole du monde et les plus gros producteurs de pétrole du monde. Et en connaissant les différences culturelles, politiques géostratégiques, géopolitiques, nous sommes arrivés à un consensus, une seule voix pour continuer à stabiliser le marché à des prix justes, raisonnables et stables.

Nous croyons dans le dialogue politique pour trouver des solutions, pour résoudre les conflits. On a essayé de diaboliser la Révolution Bolivarienne du Venezuela par une campagne brutale, jamais vue encore. D'abord contre le commandant Hugo Chávez Frías, fondateur de notre Révolution et Commandant Eternel dans le cœur des vénézuéliens et ensuite, contre cet humble homme qui est là, debout, apportant la voix d'un peuple qui soutient sa révolution, qui soutient démocratiquement ses actions.

C'est pourquoi j'affirme la volonté de dialogue international et j'affirme la volonté de dialogue politique national, je sais qu'il y a des Gouvernements représentés dans cette salle qui ont intérêts à ce qu'il y ait la paix, la souveraineté, l’indépendance et la justice au Venezuela. J'ouvre les bras à tous ceux qui veulent nous aider, de l'Afrique, de l'Europe, de l'Asie, de l'Amérique Latine, qui veulent aider en respectant la souveraineté du pays sans intervenir dans les affaires intérieures du Venezuela pour qu'ils nous soutiennent, nous accompagnent dans un processus de dialogue souverain pour la paix, pour la démocratie, pour la justice, pour l'avenir, pour la prospérité du Venezuela qui est une nation noble qui mérite la paix, l'avenir le plus grand.

De bonnes nouvelles, oui, nous apportons de bonnes nouvelles d'un pays qui ne s'est pas rendu, qui ne va pas se rendre. De bonnes nouvelles d'une nation qui renforce sa démocratie, de bonnes nouvelles d'une nation qui donne plus de pouvoir à son peuple, de bonnes nouvelles d'un pays qui construit son propre modèle social, son propre état de ben-être social avec des formules nouvelles pour protéger ses vieux, ses retraités, ses enfants, ses jeunes, ses femmes, les secteurs qui en ont le plus besoin, sa classe ouvrière. Nous apportons aussi de bonnes nouvelles de l'effort de rétablissement de l'économie, précisément, j'ai activé pendant le mois d'août, un Programme de Rétablissement de l'Economie, de Croissance et de Prospérité qui est en train de réussir à poser les bases d'une économie nouvelle, non dépendante de la rente pétrolière, une économie diversifiée, de croissance soutenable et de construction de la prospérité, de la prospérité, autour d'un modèle social d'une nouvelle sorte.

Nous, nous croyons en un autre monde, notre génération a vu passer et s'en aller ce qu'on appelle le monde bipolaire, de 2 blocs, ce qu'on appelle la Guerre Froide de l'époque, dont il semblait que certains voulaient diriger à nouveau leurs attaques vers la Chine, la Russie et les pays modestes comme le Venezuela. Brandir la lutte et un combat contre des pays comme la Russie et la Chine est un contresens par rapport à ce que doit être une politique internationale humaine qui reconnaît la naissance de nouveaux pôles de pouvoir et la nécessité de construire un monde multipolaire. Le Venezuela est un pays qui propose et s'engage dans la construction d'un monde multipolaire, multi-centré, où les différentes régions (Afrique, Amérique Latine, Caraïbes, Asie, Europe, Amérique du Nord) pourraient cohabiter en équilibre et en paix en respectant la culture, la religion, l'idiosyncrasie, l'identité et les façons d'être dans l'économie et dans la politique. Il n'y a pas un seul modèle économique, nous ne pouvons pas permettre qu'on veuille nous imposer un modèle économique unique, une pensée unique, nous ne pouvons pas permettre qu'on veuille nous imposer un modèle culturel unique, un modèle politique unique. On veut uniformiser l'humanité en une seule pensée. Non, nous revendiquons la diversité culturelle, religieuse, politique de l'humanité, de ce monde et c'est pourquoi nous proposons que ce monde naisse du Mouvement des Pays Non-alignés, la naissance d'un monde de justice, de justice.

Nous affirmons et nous déclarons notre solidarité avec le peuple arabe de Palestine, la justice en Palestine devra venir pour respecter ses territoires historiques établis en 1967 par cette Organisationdes Nations Unies.

Nous levons parmi nous le drapeau du peuple palestinien.

Nous soutenons l'appel des Nations Unies à la levée du blocus infâme, criminel, qui dure depuis 50 ans, contre le peuple de Cuba. Assez, qu'on veuille continuer à appliquer des méthodes anachroniques d'une autre époque contre le peuple de Cuba et maintenant qu'on cherche à les appliquer et qu'on les applique à d'autres peuples comme le peuple vénézuélien.

Ainsi, nous levons nos 2 mains pour voter la Résolution des Nations Unies qui, dans les prochains jours, sera proposée pour condamner le blocus et la persécution économique et financière de Cuba et exiger sa levée immédiate. C'est un monde à construire, c'est un monde à faire.

Il y a 200 ans, notre région était pleine de colonies et d'esclavage, d'injustice. Il y a 100 ans, nous combattions en tant que peuples pour la liberté. Et aujourd'hui, au XXI° siècle, le moment est venu, l'opportunité est arrivée. Sans aucun doute, à partir de la République Bolivarienne du Venezuela, à partir des idées révolutionnaires de Simón Bolívar, à partir de l'exemple, de l'héritage du commandant Hugo Chávez, oui, l'exemple, de l'héritage du commandant Hugo Chávez, sa voix résonne encore ici, dans cette salle, exigeant la justice, la justice et la justice pour le monde, exigeant que cessent les pratiques impériales, les pratiques de menaces, les pratiques de coercition et l'extorsion contre les peuples. Aujourd'hui, nous, nous pouvons dire, nous avons passé 20 ans de révolution, les 3 dernières années ont été les années les plus dures, de harcèlement, d'agressions, d'attaques.

Mais je peux le dire, aujourd'hui, 26 septembre 2018, nous avons résisté aux attaques politiques, médiatiques, diplomatiques, économiques, financières, aux persécutions et je peux vous le dire, aujourd'hui, le Venezuela est plus fort que jamais, nous avons su résister et tirer des forces de nos propres entrailles historiques pour aujourd'hui, être debout, victorieux et prêts à continuer à avancer dans la construction d'un modèle social qui nous est propre, celui de la révolution socialiste du XXI° siècle. Nous le disons aux 4 vents, c'est une révolution nouvelle, d'indépendance, de dignité, de justice.

Aujourd'hui, nous sommes plus fort que jamais. Oui, j'en ai été témoin, nous avons été témoins il y a 2 jours de l'hommage à Nelson Mandela, parler de Mandela, c'est parler de rébellion. On a essayé de peindre un Mandela bobo, un Mandela qui n'a pas lutté. Mandela, c'est la rébellion contre l'injustice, c'est la vaillance, le courage, c'est le défi des oppresseurs. Nous, nous nous sentons les adeptes de l'héritage de Nelson Mandela et des grands dirigeants africains qui ont brandi la lutte pour l'égalité, la justice contre l'esclavage, la racisme, la colonialisme sous toutes leurs formes.

Nous avons vu l'hommage à Nelson Mandela et nous avons dit : que ce monde a changé ! Il y a à peine 30 ans, Mandela était considéré comme un terroriste par le Congrès des Etats-Unis et par les Gouvernements nord-américains, il y a à peine quelques années, Nelson Mandela était encore sur la liste des personnes sanctionnées, cela vous semble habituel, non ? Nelson Mandela, le terroriste, le sanctionné, le persécuté, l'abandonné et comme le monde a changé... Aujourd'hui, Nelson Mandela est un drapeau que nous embrassons avec amour, que nous embrassons avec conviction, c'est un symbole de ce qu'il est possible de faire si la rébellion, la lutte, la justice est capable de s'approprier les cœurs nobles, les esprits nobles des peuples.

J'ai confiance dans l'avenir de l'humanité, j'ai confiance dans le destin de ma patrie, j'ai confiance dans l'avenir commun de cette communauté qu'est l'Organisationdes Nations Unies et je vous le dis après avoir survécu à des tentatives de coups d'Etat, à des attentats terroristes, je vous le dis : J'ai confiance en l'être humain, j'ai confiance dans l'avenir de l'humanité et du Venezuela, nous le disons à l'Organisationdes Nations Unies : Nous avons confiance dans les idéaux nobles d'un peuple qui, comme le peuple vénézuélien, ne se rend pas et ne se rendra pas. Merci beaucoup, chers compatriotes du monde. Comptez sur le Venezuela pour les grandes causes de l'avenir de cette organisation ! Et de l'avenir d'un monde multipolaire.

Bonsoir à tous et à toutes. Merci.

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