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Venezuela : La guerre au Venezuela, la surprise d'octobre ?

06 Oct 2018
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Caracas. Samedi 6 octobre 2018. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. Le discours du Président du Venezuela, Nicolás Maduro, devant l'Assemblée Générale des Nations Unies a été un coup dur pour la fierté des Etats-Unis et de leurs alliés stratégiques dans le monde. Moins de 24 heures après, Washington a décidé le déchaîner les démons contre le pays.

Première partie : L'antichambre du conflit

Pendant les premières heures de la soirée, on a révélé à l'opinion publique un radiotélégramme attribué au Commandement Général des Forces Militaires de Colombie, dans lequel on ordonnait de « consigner » toutes les unités militaires du pays, une action qui ne semble pas de bon augure.

Parallèlement et avec une synchronie assez suspecte, le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU a approuvé ne résolution qui appelle instamment le Venezuela à « permettre l'entrée de l'aide humanitaire. »

Ces 2 actions ont été précédées par les déclarations du vice-président des Etats-Unis Mike Pence qui alertait sur le fait que Nicolás Maduro « avait déplacé des troupes sur la frontière avec la Colombie, » ce qu'il qualifiait de « tentative d'intimidation évidente. »

Par ces déclarations, Mike Pence a transformé une manœuvre militaire vénézuélienne défensive et légitime en parfait prétexte pour élever le niveau de menace de la Colombie et la mettre au bord d'une guerre avec le Venezuela.

La véritable raison pour laquelle les Etats-Unis craignent le déploiement de ce qu'on appelle l'Opération Stratégique Défensive ordonné par le Président Nicolás Maduro est qu'elle lutte contre les délits transfrontaliers et unit le Venezuela et ses alliés dans le monde comme la Chine. Ils ne s'attendaient pas à ce que le Gouvernement vénézuélien blinde si rapidement le flanc le plus propice à une attaque.

Il y a quelques semaines ; le chef de cabinet de Barack Obama, Rahm Emanuel, avait prévenu que Trump utiliserait une action militaire au Venezuela pour « obtenir des bénéfices politiques » aux élections intérieures qui se dérouleront prochainement aux Etats-Unis.

L'un de ceux qui en tireraient le plus de bénéfices serait le radical promoteur de la guerre Marco Rubio, sénateur de l'état de la Floride qui de nombreuses relations en Colombie, en particulier l'ex-président Álvaro Uribe Vélez.

Maduro espère qu'un jour, le miracle de parler avec Trump ait lieu. Le jour de la clôture des discours de l'Assemblée Générale de l'ONU, le journal colombien Caracol Radio a ‘confirmé’ que Trump rencontrerait Nicolás Maduro à New York. Ce qui était une très mauvaise nouvelle pour les intérêts de politiciens comme Rubio.

On ne peut pas écarter que la virulence avec laquelle ils ont activé les corporations de médias à Bogotá et à Miami pour créer une idée négative de cette éventuelle rencontre, aurait été mis en œuvre sur ordre du binôme Rubio-Uribe pour empêcher tout rapprochement entre Washington et Caracas.

Seconde partie : le conflit éventuel

Avec une opposition politique inexistante à l'intérieur du Venezuela et la crainte qu'une action belliqueuse puisse devenir une impasse, les Etats-Unis savent 2 choses clairement : la première, c'est qu'ils doivent briser l'unité de la Force Armée pour pouvoir garantir qu'ils pourront gouverner le pays. La seconde, c'est qu'ils n'interviendront pas directement mais utiliseront la Colombie.

Les Etats-Unis ne souhaitent pas qu'un éventuel conflit avec le Venezuela soit perçu comme une guerre impérialiste qui provoquerait le rejet du monde entier. Ils préfèrent le transformer en un différend entre voisins, lui donner une dimension locale et provoquer un siège médiatique et militaire tant que dureront les opérations militaires.

D'autre part, il faut noter que la stratégie ne va être destinée à obtenir une victoire proprement dite. Les Etats-Unis savent que la Colombie n'a pas la puissance d'armement du Venezuela, c'est pourquoi il faudrait que l' OTAN intervienne et cela ne cadre pas avec ce que nous disions dans le paragraphe précédent. Par conséquent, on cherche à faire des actions ponctuelles en utilisant les forces d'opérations spéciales de la Colombie entraînées par les commandos nord-américains en coordination avec les groupes paramilitaires qui agissent sur la frontière colombienne.

Cependant, l'agression serait réalisée pour provoquer un effet psychologique de fracture à l'intérieur des Forces Armées vénézuéliennes et aussi pour provoquer des pressions politiques sur le Gouvernement de Nicolás Maduro.

Le pentagone et le Palais de Nariño sont conscients que le développement d'un conflit avec le Venezuela provoquera un problème humanitaire en Colombie à cause des milliers de Colombiens qui sont soignés dans des hôpitaux publics vénézuéliens et des centaines qui passent le frontière pour étudier dans les universités vénézuéliennes ou acheter de la nourriture à des prix inférieurs à ceux des marchés de leur pays. C'est pourquoi cette manœuvre ne durerait pas dans le temps.

Sur ce point, il serait intéressant d'envisager les hypothèses suivantes :

Que se passerait-il si l'agression de la Colombie n'était qu'une simple diversion du véritable objectif militaire ?

Imaginons que pendant que les forces militaires et les personnalités politiques vénézuéliennes fixent leur attention sur les plus de 2 000 km de frontière avec la Colombie, les alliés des Etats-Unis cherchent, par le Delta de l'Orénoque et l'Amazonie vénézuélienne, à contrôler l'état de Bolívar et ainsi les centrales électriques qui produisent 70% de l'électricité du pays... 

Ce serait un butin de premier ordre car il obligerait à négocier avec le Gouvernement vénézuélien. De plus, Guyana, avec l'aide des grandes transnationales pétrolières, en profiterait pour avancer illégalement dans l'Esequibo.

C'est l'idée de « divise et tu vaincras » très proche de la balkanisation que les plus importants think tanks étasuniens ont envisagée comme la nouvelle stratégie de contrôle sociopolitique de l'avenir. Les protestations violentes des années 2014 et 2017 au Venezuela ont été un ballon d'essai pour prouver l'efficacité de cette stratégie. Et il y déjà un précédent.

En tout cas, on évalue la situation minute par minute et nous devons encore ajouter à ce panorama complexe le rôle que jouerait la guérilla colombienne, en particulier l'Armée de Libération Nationale (ELN) et la nouvelle dissidence des FARC dans un éventuel conflit.

Pour le moment, la meilleure défense pour le Venezuela réside dans sa doctrine militaire et dans le fait que les analystes du renseignement des Etats-Unis et de l'OTAN, dans les coulisses et hors des feux artificiels des réseaux sociaux, savent qu'une action militaire contre le Venezuela tirerait le tapis rouge à la Russie et à la Chine pour qu'elles prennent l’initiative sur le continent sud-américain et reviennent dans le tableau géopolitique. 

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CCN

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