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Venezuela : Vague de xénophobie contre les Vénézuéliens en Equateur

22 Jan 2019
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Caracas. Mardi 22 janvier 2019. CCN/Bolivarinfos/Françoise Lopez. L'assassinat brutal d'une jeune femme enceinte par un Vénézuélien et le communiqué du président de l'Equateur, Lenin Moreno, qui l'a suivi et dans lequel il ordonne « la formation immédiate de brigades pour contrôler la situation légale des émigrés vénézuéliens » ont déchaîné une vague d'agressions xénophobes dans la ville d' Ibarra samedi et dimanche. Des groupes d'Equatoriens ont poursuivi, menacé chassé et brûlé les biens de dizaines d'émigrés vénézuéliens, les obligeant à fuir, effrayés. Le chancelier du Venezuela, Jorge Arreaza, a accusé Moreno « d'inciter à une persécution fasciste » contre les Vénézuéliens qui se trouvent dans le pays.

« Le Président Lenin Moreno et son Gouvernement ont incité à une persécution fasciste contre les Vénézuéliens en Equateur. Nous les rendons responsables de la sécurité et de l'intégrité physique de nos compatriotes. Au Venezuela, vivent des centaines de milliers d'Equatoriens et jamais ils n'ont été discriminés,  » a écrit Arreaza sur Twitter.

Les faits se sont déroulés samedi vers 21 heures. Une femme identifiée comme Diana Carolina Ramírez Reyes, de 22 ans, mangeait avec son petit ami dans un restaurant de la ville d' Ibarra quand se produisit une discussion entre eux.

L'homme, identifiée comme Yordi Rafael L., a pris la femme en otage et l'a traînée par les rues de la ville en la menaçant avec un couteau. Il a été rapidement encerclé par des habitants et des policiers armés. 90 minutes après l'enlèvement, les policiers s'approchant à quelques pas de l'agresseur, celui-ci a donné à la femme 2 coups de couteau dans la poitrine et dans l'abdomen, après quoi il a été arrêté. La jeune femme a été conduite dans un centre de soins mais les médecins n'ont pu lui sauver la vie. Elle était enceinte de 4 mois.

Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et dans les médias ont rapporté les événements et exacerbé les sentiments de beaucoup d'habitants qui ont rendu responsable à tort tous les émigrés vénézuéliens de ces faits.

Communiqué de Lenín Moreno

«Nous sommes tous Diana !

 L'Equateur est et sera toujours un pays de paix. Je ne permettrai pas qu'un asocial nous l'arrache. L'intégrité physique de nos mères, filles et compagnes est ma priorité.

J'ai pris es disposition pour la formation immédiate de brigades pour contrôler la situation légale des émigrés vénézuéliens dans les rues, sur les lieux de travail et sur la frontière. Nous analysons la possibilité de créer un permis spécial d'entrée dans le pays. 

Nous leur avons ouvert la porte mais nous ne sacrifierons la sécurité de personne.

C'est le devoir de la police d'agir durement contre la délinquance et le crime et elle a mon soutient. Nous appliquerons tout le poids de la loi à ceux qui ne feront rien face à la violence, l'injustice et l'exercice criminel du pouvoir. »

Attaques xénophobes

Dans la soirée de dimanche, plusieurs opérations de persécution et de délogement d'émigrés vénézuéliens par les habitants d'Ibarra ont été rapportées selon divers journalistes et médias.

Daniel Blanco a partagé une vidéo sur laquelle un chauffeur de taxi poursuit des réfugiés dans les rues d'Ibarra.

Une autre vidéo montre comment des Vénézuéliens qui fuient avec quelques affaires sont harcelés et poursuivis dans les rues d'Ibarra. Dans cette vidéo, ils montrent une mère vénézuélienne qui fuit avec 2 enfants poursuivie.

Une autre vidéo montre l'incendie de bien s de Vénézuéliens.

Une autre vidéo montre un groupe d'habitants d'Ibarra parcourant les rues de la ville en criant : « Dehors, sales Vénézuéliens, dehors ! » 

Une jeune Vénézuélienne a raconté comment elle a dû quitter Ibarra et la persécution qu'elle a subie : « Ils voulaient nous brûler vifs ! »

Procédures policières

En Equateur, il y a eu un débat à cause des agissements des membres de al police après les 9à minutes pendant lesquelles la femme a été prisonnière. María Paula Romo, ministre de l'Intérieur, a écrit sur Twitter : « La loi le permet : quand il s'agit de défendre une vie ou d'éviter un délit, la Police de l'Equateur non seulement a la possibilité d'utiliser la force mais a le devoir de le faire. »

Selon le journal El Comercio, le gouverneur d'Imbabura, Marisol Peñafiel et le chef de la Police seront remplacés.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Info

NOTE de la traductrice:

Venecos : terme péjoratif pour désigner les Vénézuéliens sans équivalent en français... fort heureusement!

 

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