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Saint-Martin. Education : Le triste spectacle de la rentrée des classes…

15 Jan 2019
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Marigot Mardi 15 janvier 2019. CCN Le retour des vacances de Noël devait être synonyme d’amélioration des conditions de travail et d’accueil pour les personnels de l’Education Nationale et leurs élèves. Malheureusement, le Père Noël ne semble pas être passé par là.

Depuis mardi, la cité Scolaire située à la Savane, sur la route de Grand-Case est le théâtre de nouvelles prises de bec. Une partie du personnel ainsi que le Collectif PEP (Parents-Elèves- Professeurs) a bloqué l’accès de l’établissement. Motif du ras le bol, les fameuses classes mobiles et les travaux de reconstruction.

Il y a quelques mois, un mouvement avait déjà été initié car les travaux et l’installation des ALGECO (mesure temporaire dans l’attente des classes mobiles) n’étaient pas en place pour la rentrée. Il avait fallu plusieurs jours de mobilisation, beaucoup de discussions et tout autant de promesses pour assurer la reprise des cours. Entre la rentrée des classes et le retour des vacances de Noël se sont tenues un certain nombre de réunions, visites, discussions en présence de représentants du Rectorat, de la Collectivité, du Collectif, de l’Etat, dans une volonté, théoriquement, commune de pouvoir offrir des conditions d’enseignement dignes le plus vite possible. Évidemment, les cours se tenant aux jours et heures habituels, les modalités d’intervention des entreprises étaient limitées pour permettre aux élèves d’étudier dans le calme, à défaut d’autre chose… La période des vacances de Noël constituait un grand espoir pour tous les militants de la cause. Et puis, les classes mobiles devaient être prêtes pour la rentrée. Imaginez le rêve… Des salles propres, la climatisation, des fenêtres, de l’espace… Le rêve absolu dans les établissements de Saint-Martin depuis quelques temps. Et Noël est passé, le jour de l’an aussi et tout deux s’en sont allés avec les espoirs et les promesses.

0ef8cec7 3d02 4e49 a8b7 50037073d0992019 démarre sous le signe de la colère. Les travaux promis ne sont pas finis, voir pas entamé, laissant les élèves et les personnels évoluer dans des établissements où la sécurité laisse parfois, franchement, à désirer. Les classes mobiles, quant à elles, sont bien là mais pas vraiment en état d’usage. Evidemment, sport national à Saint-Martin, on se rejette la responsabilité. A ce jeu-là, nul doute que nous avons quelques champions sur l’île ! Le Rectorat n’est pas responsable du bâtit. Vrai. La collectivité n’a pas les moyens d’assumer la charge de la reconstruction. Vrai. L’Etat n’est pas compétent et tient plutôt un rôle d’arbitrage. Vrai. Il ne nous reste que la Fondation de France. Et oui, car c’est bien la Fondation de France qui, à travers les dons récoltés, finance les fameuses classes mobiles. Nous voilà donc face à des instances dirigeantes qui expliquent, non sans gêne, qu’elles n’ont pas la possibilité de « mettre la pression » sur l’entreprise qui intervient car elles ne sont pas les donneurs d’ordre… Autant dire que ça laisse perplexe. Et même si le raisonnement semble logique, la situation est ridicule.

Comment peut-on se retrouver dans une configuration où les instances politiques d’un territoire n’ont pas ou plus la main sur son aménagement ? Comment en arrive-t-on au point où l’on peut tranquillement s’entendre dire qu’uneelectricite structure humanitaire est la seule entité capable de faire accélérer la reconstruction ? Si l’on pouvait utiliser des smiley dans un article de presse, sans hésitation ce serait le petit chat qui se tape la tête contre un mur. Alors, en ce début d’année, les membres du collectif PEP, les professeurs et les employés de la vie scolaire du collège Soualiga (cité scolaire de la Savane) ont décidé de bloquer l’entrée de l’établissement malgré le début des épreuves de BAC blanc. Parce que finalement, que pourrait-il se passer de pire ? Les enfants de Saint-Martin pourraient se retrouver avec des diplômes qui n’ont aucun sens ? C’est déjà le cas. Aucun sens parce qu’au vu des conditions d’accueil et de travail, au vu du manque de moyens pédagogiques, au vue de l’épuisement des personnels et des parents qui compensent sans cesse, le monde entier sait déjà que la cuvée 2018 était bancale et celle de 2019 ne sera pas mieux. Aujourd’hui, à Saint-Martin, les enfants n’ont clairement pas les mêmes chances de réussite que tous les autres petits français. C’est pourtant la promesse de la République, non ? Nous voilà donc, en cette belle fin de semaine dans une situation plus qu’étrange. Le collège Soualiga bloqué, un rendez-vous pris avec le Président de la Collectivité, Daniel Gibbs, le énième, un appel à une mobilisation massive, une partie des militants hésitants à cause de l’impératif du BAC blanc, des rencontres et des réunions dans tous les sens et un nouvel appel à la mobilisation à l’école élémentaire Simeone Trott… Les connaisseurs n’auront pas manqué de relever qu’il s’agit de l’établissement que dirige Madame Petrus qui n’est autre que la 3ème vice présidente de la Collectivité. Cerise sur le gâteau, Annick Petrus est, elle aussi, en grève, en tant que directrice d’établissement. Difficile de passer à côté du caractère schizophrénique de la situation puisqu’elle dénonçait, elle-même les blocages il y a quelques mois. Mais n’oublions pas qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et que, depuis quelques temps, Madame Petrus semble vouloir démontrer qu’elle sait s’opposer à son équipe… _

LH

 

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