Amérique latine. Environnement. La guerre silencieuse pour le contrôle de l’eau
Amérique latine. Environnement. La guerre silencieuse pour le contrôle de l’eau
Pointe-à-pitre, jeudi 13 novembre 2025. CCN – Longtemps considérée comme une ressource naturelle inépuisable, l’eau s’impose aujourd’hui comme un enjeu géostratégique majeur. En Amérique latine et dans les Caraïbes, où se concentre près d’un tiers des réserves mondiales d’eau douce, la question de sa gestion devient centrale face aux tensions climatiques, économiques et politiques.
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Malgré son abondance hydrique, la région fait face à de profondes contradictions : inégalités d’accès, surexploitation industrielle et crises écologiques. Le Brésil, la Colombie, le Pérou et le Venezuela figurent parmi les dix pays les plus riches en eau, tandis que l’aquifère Guarani — partagé entre quatre nations du cône Sud — représente l’une des plus vastes réserves souterraines de la planète.
Mais cette richesse attise les convoitises : industries minières, agroalimentaires et énergétiques multiplient les prélèvements, souvent au détriment des populations locales.
De bien commun à marchandise
En effet, depuis les années 2000, l’eau glisse progressivement du statut de droit fondamental vers celui d’actif financier. En 2020, elle est entrée pour la première fois en bourse via le Nasdaq Veles California Water Index, symbole d’une financiarisation croissante.
Des fonds d’investissement comme Blackstone, Morgan Stanley ou Bain Capital misent désormais sur les infrastructures hydriques, spéculant sur la rareté. Une logique qui, selon les observateurs, fait passer la rentabilité avant la justice sociale et écologique, privant des millions de personnes d’un accès équitable à l’eau potable.
L’eau, nouvel instrument de domination
Au-delà des marchés, le contrôle de l’eau devient aussi un outil politique et géopolitique. L’entreprise israélienne MEKOROT, accusée par plusieurs ONG de pratiquer un « apartheid hydrique » en Palestine, étend désormais ses activités en Amérique latine.
Sous couvert de coopération technique, elle s’est implantée au Brésil, en Colombie, en République dominicaine, au Chili, en Uruguay et en Argentine, souvent via des contrats opaques ou hors du contrôle public. Ses interventions suscitent critiques et mobilisations citoyennes, notamment à travers la campagne « Mekorot dehors », qui dénonce une privatisation rampante des ressources hydriques.
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