Guadeloupe. Jeunesse. Que font les maires ?
Guadeloupe. Jeunesse. Que font les maires ?
Pointe-à-pitre, lundi 24 novembre 2025. Pawol Lib. CCN – Le maire, en première ligne, élu de proximité, est totalement associé au vécu quotidien (je dirai même, vécu horaire…) de sa population. La population guadeloupéenne est vieillissante et la silver économie est un cheval de bataille actuel pour les maires. Cependant, les forces vives de Guadeloupe, depuis des décennies, sont les victimes d’un système économique qui renforce l’exclusion…
By David Boucaud
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Les maires affrontent quotidiennement cette triste réalité, sans pouvoir poursuivre une certaine fonction d’amortisseur social (avec, notamment, les contrats aidés qui sont menacés, réduits, de manière permanente, sans tenir compte d’une situation dramatique en Guadeloupe). De plus, la diminution des Dotations Globales de Fonctionnement (DGF) dans le budget des communes aura des répercussions sur les impôts locaux des citoyens de Guadeloupe.
Dans une pareille situation politique, exercer la fonction de maire relève de la foi politique, portée par une pédagogie politique à la population, qui ne cesse d’être instrumentalisée par un focus toujours sur les maires, mais jamais sur le système global, l’État et sa faillite, principal responsable de la situation économique et sociale de la nation et… ses outre-mer.
Dans cet article, je vous fais un bref survey des actions menées par nos mairies de Guadeloupe, ainsi qu’une brève information chiffrée sur l’état de notre jeunesse.
I. La Problématique est Systémique
La problématique est systémique. Des programmes existent et sont mis en œuvre courageusement par nombre de mairies :
Dispositifs de soutien :
– CLSPD (Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance)
– Services civiques
– Écoles des parents
– Aides aux associations (sportives, d’insertion, etc.)
– Conseil municipal des jeunes
– Comité de quartier
– CCAS (Centre Communal d’Action Sociale)
– Cellule psychologique
– Bourse d’études
– Foyers d’insertion, réinsertion
– ASVP
Éducation et formation :
– École primaire
– Participation à des conseils des communautés éducatives des établissements d’enseignement sur le territoire communal
– École des jeunes
Infrastructures :
– Infrastructures de sports
– Infrastructures culturelles
– Référents de quartier
– Journées de l’insertion
– ……
Il y en a des dizaines, sans compter le maillage avec les compétences de l’État, de la Région et du département. Mais si on ne change pas le système, on ne pourra que gérer, encore et encore, ses conséquences délétères, et ça, ce n’est pas seulement le rôle des maires. Il faut une politique volontariste, plutôt que répressive, et, malheureusement, les orientations et les moyens de cette politique viennent de l’État… Au vu du budget 2026 retoqué, on n’en prend pas le chemin.
Les maires proches du peuple et attachés à leurs populations, optimisent les faibles moyens qu’ils ont et s’exposent aux exaspérations bien comprises, bien étendues, de leurs populations. Mais mettre un pansement sur une jambe de bois, n’est pas la solution. Alors les maires font, parce que la surdité étatique est assourdissante, d’où l’impérieuse nécessité de s’unir (AMF), pour exiger. Ce qui a été encore l’objet du dernier congrès, et les députés ont relayé le cri des maires pour leurs populations.
II. Les Chiffres Clés
Voici quelques repères pour signifier l’ampleur, la gravité de la situation de notre jeunesse en Guadeloupe :
– Déscolarisation : 12,5% des jeunes de 16-25 ans sont déscolarisés, contre 6,5% en Métropole.
– Familles monoparentales : 43,1% des familles guadeloupéennes sont monoparentales, contre 21,4% en Métropole.
– Chômage des jeunes : 43,5% des jeunes de 15-24 ans sont au chômage, contre 20,5% en Métropole.
– Analphabétisme : 7,1% des adultes guadeloupéens sont analphabètes, contre 1,7% en Métropole.
– Violences conjugales : 12 victimes pour 1 000 habitants en Guadeloupe, contre 10,6 en Métropole.
– Suicide : 18,2 pour 100 000 habitants en Guadeloupe, contre 12,1 en Métropole.
– Infractions : 1 234 infractions pour 100 000 habitants en Guadeloupe, contre 678 en Métropole.
– Détention : 1 456 pour 100 000 habitants en Guadeloupe, contre 698 en Métropole.
– Santé mentale : Plus de 40% des jeunes de Guadeloupe souffrent de santé mentale (majoritairement, de dépression, des cas de schizophrénie, troubles délirants, quelques fois…).
– …..
Ces chiffres montrent que la jeunesse guadeloupéenne est confrontée à des défis importants, notamment en termes de déscolarisation, de chômage, d’analphabétisme et de violence.
Conclusion
La jeunesse guadeloupéenne est confrontée à des défis importants, notamment en termes de déscolarisation, de chômage, d’analphabétisme et de violence. Il est urgent de mettre en place une politique volontariste, plutôt que répressive, pour répondre à ces défis. Les maires sont prêts à agir, mais ils ne peuvent pas le faire seuls. Il est temps pour l’État de prendre ses responsabilités et de fournir les moyens nécessaires pour soutenir la jeunesse guadeloupéenne.
Être maire, c’est faire dans un cadre contraint, optimiser dans ce cadre le service public à la population. C’est une véritable alchimie institutionnelle, un véritable exercice d’optimisation sous contraintes, de recherche opérationnelle de la mathématique. Et même, parfois, apporter des solutions à la quadrature du cercle.
David Boucaud
Économiste-Psychanalyste

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