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Guadeloupe. Carnaval. L’Ordre Colonial à l’assaut de notre dernier espace de liberté

Guadeloupe. Carnaval. L’Ordre Colonial à l’assaut de notre dernier espace de liberté

Guadeloupe. Carnaval. L’Ordre Colonial à l’assaut de notre dernier espace de liberté

Sainte-Anne, jeudi 8 janvier 2026. CCN. Pawol lib. Le drame qui a coûté la vie à un jeune Guadeloupéen de 18 ans dimanche dernier à Pointe-à-Pitre est une tragédie qui nous frappe tous au cœur. Mais ne nous y trompons pas : l’émotion légitime ne doit pas servir de paravent à une énième manœuvre de répression culturelle. Aujourd’hui, le Préfet, digne héritier de la gestion coloniale, tente d’utiliser ce fait divers tragique pour mettre au pas le Carnaval.

Par Jean-Jacob BICEP

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La peur du « Mas » : Un vieux réflexe colonial

Ce que le Préfet Thierry Devimeux exprime aujourd’hui n’est rien d’autre que la peur viscérale qu’inspire le Carnaval à l’État français. Le Carnaval est le dernier espace de liberté que la puissance coloniale n’a jamais réussi à juguler totalement. Cette démonstration de puissance populaire, qui s’empare des rues chaque dimanche, cette force tellurique du « Mas », terrifie l’ordre établi car elle échappe à son contrôle.

L’histoire bégaye. Souvenons-nous qu’ Akiyo qui n’hésite pas à endosser la couleur kaki et les casques coloniaux, symboles de l’oppression coloniale avait en 1985, vu le sous-préfet Hugodot, interdire cette pratique « irrespectueuse » et tenter de censurer le groupe pour « atteinte à l’intégrité de l’État français. Quelles années ensuite ce fut au tour

  d’Yves Bonnet, ancien de la DST devenu Préfet, de tenter d’interdire Aki Yo. Aujourd’hui, c’est un nouveau représentant de l’ordre colonial, Thierry Devimeux, qui veut nous faire la leçon sur la manière dont nous devons nous tenir, nous recueillir ou manifester notre solidarité.

Le Carnaval n’est pas le coupable

On veut faire du Carnaval un bouc émissaire. Or, aucune statistique sérieuse ne prouve que la période carnavalesque est plus criminogène qu’une autre en Guadeloupe. La violence qui s’exprime aujourd’hui à la lisière de nos défilés n’est pas la violence du Carnaval, c’est la violence d’une société malade de son système.

Si la violence atteint aujourd’hui son paroxysme, c’est le résultat direct de l’impuissance de l’État français face aux narcotrafics qui inondent nos côtes. C’est le fruit d’une société coloniale sclérosée qui n’offre aucune perspective à notre jeunesse, la laissant en proie au désespoir et à l’exclusion. Interdire le Carnaval ou le restreindre ne résoudra en rien le problème du flux des armes et de la drogue.

« Woté pat a-w » !

Il n’appartient pas à un « blanfwans », fût-il Préfet de la République, de dicter au peuple guadeloupéen sa manière de rendre hommage à ses morts. Notre solidarité avec la famille de la victime est totale, mais elle n’a pas besoin des injonctions de la préfecture pour s’exprimer.

Vouloir suspendre le défilé, c’est vouloir éteindre la flamme d’un peuple. Le Carnaval est notre souffle, notre résistance, notre identité profonde. Monsieur le Préfet, nous connaissons votre agenda de contrôle social. Mais la rue appartient au peuple.

Léta fransé, woté pat a-w an sa ki pa ta-w !

Le Carnaval restera notre espace de liberté, debout et insoumis.

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