Guadeloupe. Débat. Autonomie : ce que dit l’ANG
Guadeloupe. Débat. Autonomie : ce que dit l’ANG
Pointe-à-Pitre, lundi 17 novembre 2025. CCN. D’un côté, le Congrès des élus qui s’est fixé pour objectif prioritaire “la domiciliation du pouvoir”. C’est l’expression utilisée par Guy Losbar, l’actuel président de l’une des collectivités majeures. D’un autre côté, Ary Chalus, le PDR de l’autre collectivité majeure, qui, lui, semble se satisfaire du statu quo ; en tout cas, il ne s’est jamais vraiment positionné pour une quelconque évolution du statut de notre pays.
L’autre versant, ce sont les patriotes, anticolonialistes, nationalistes (UPLG, FKNG, ANG, PCG, CIPPA) qui, eux, souhaitent en finir avec le système colonial français.
Deux courants distincts sont à distinguer :
1/ Les radicaux UPLG/FKNG, partisans de l’indépendance nationale.
2/ Les modérés : PCG/ANG/CIPPA, autonomistes.
NB : À l’ANG, il y a à la fois des autonomistes et des indépendantistes.
Et puis nous devons aussi parler de ceux qui ne veulent aucun changement. Ce sont les parlementaires du millenium : députés, sénateurs, présents dans les deux assemblées françaises. Ils ont banni de leur discours, dans les assemblées françaises, les termes tels que : colonialisme français, décolonisation, autonomie, indépendance…
Ils sont bien installés dans leur zone de confort et ne souhaitent qu’une chose : être réélus à la prochaine consultation.
O nou kay avè yo ?
La contribution de Vincent Tacita, “maké” de l’ANG
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L’émancipation totale est le but, l’autonomie est le 1er pas vers ce but.
L’Alyans Nasyonal Gwadloup est, dès l’origine, un mouvement d’émancipation du peuple guadeloupéen.
D’émancipation de sa tutelle actuelle, c’est-à-dire de la France.
Notre charte précise qu’en notre sein cohabitent indépendantistes (qui sont très majoritaires parmi les fondateurs de l’ANG) et autonomistes, lesquels font également le constat de la nécessité absolue de sortir de la tutelle actuelle. Non pas pour une simple volonté d’évoluer, mais bien pour construire un pays répondant mieux aux besoins et aspirations de l’ensemble de sa population.
En effet, aujourd’hui, la situation coloniale que connaît la Guadeloupe est un obstacle au développement harmonieux des Guadeloupéennes, des Guadeloupéens et du territoire lui-même.
Au regard de l’état dans lequel se retrouve la Guadeloupe, nous n’opposons pas les indépendantistes et les autonomistes. La Gwadloup bizwen tout pitit ay. Notre projet politique est clair : l’émancipation totale est le but, l’autonomie est le 1er pas vers ce but.
Cette autonomie est construite par nous-mêmes et pour nous-mêmes, s’affranchissant donc du canevas de l’autonomie à l’européenne. Nous souhaitons un statut adapté, avec une spécificité législative (sui generis) afin de décider des compétences que nous devons gérer dans l’immédiat.
La Guadeloupe autonome devra :
- Rédiger sa propre législation (lois pays)
- Assurer sa gouvernance (un gouvernement élu démocratiquement, des députés réunis dans une assemblée délibérante, à l’instar de ce qui se fait en Kanaky)
- Avoir la maîtrise de son espace douanier
- Disposer d’une totale maîtrise fiscale
- Avoir la gestion de son organisation administrative (communes, EPCI…)
- Avoir la gestion de son aménagement du territoire
- Mettre en place sa politique de développement économique
- Mettre en place sa planification écologique
- Organiser son système scolaire et orienter ses programmes
- Établir des relations diplomatiques et de coopération avec la Caraïbe
- Administrer les politiques de santé publique et de solidarité, en particulier en direction de la jeunesse d’une part, des aînés d’autre part
- Administrer les politiques sportives et culturelles
- Mettre en place les politiques de protection du patrimoine foncier
- Enfin, assurer l’accession préférentielle à l’emploi en faveur des Guadeloupéens
Les autres compétences (monnaie, défense et forces armées, politique étrangère et relations internationales…) resteraient à ce stade celles de l’État français.
Ce chemin nous semble celui garantissant une prise en main apaisée de notre destin, mais aussi et surtout permettant de redonner confiance au plus grand nombre. Nous sommes en effet conscients de la persistance de vents contraires, entre les tenants du statu quo et d’autres favorables à davantage d’intégration dans la France. Nous sommes également conscients de l’impérieuse nécessité de redonner de l’espoir à la jeunesse, qui constitue les forces vives de la Guadeloupe autonome : elle doit être en capacité de trouver sa juste place sur son territoire en s’y épanouissant pleinement.
Nous sommes convaincus que l’accession à la pleine souveraineté est un chemin long, qui doit se faire par étapes, démocratiquement. Un chemin qui doit nous permettre de préserver notre territoire, nos atouts, notre culture.
Vincent Tacita (makè ANG)

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