Guadeloupe. Expo. Guillaume Guillon-Lethière : 2 Saintannais au Macte
Guadeloupe. Expo. Guillaume Guillon-Lethière : 2 Saintannais au Macte
Sainte-Anne. Lundi 12 Janvier 2026.CCN. L’artiste visuel Richard-Viktor Sainsily Cayol, que l’on ne présente plus, est gratifié d’une Carte blanche par le Mémorial ACTe dans le cadre de l’exposition consacrée au peintre Guadeloupéen Guillaume Guillon-Lethière. Une reconnaissance qui conduit CCN à présenter la genèse de ces trente années d’engagement; Il s’agit en l’espèce, d’ un véritable parcours à la fois historique artistique et de transmission en faveur de ce peintre d’origine saintannaise, à l’image de l’artiste lui-même. Pour CCN le récit…
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Guillaume Guillon-Lethière, le retour en Guadeloupe : Trente ans d’engagement pour une appropriation populaire
Par-delà les expositions et les commémorations, certaines reconnaissances se construisent dans la durée. Celle dont bénéficie aujourd’hui Guillaume Guillon-Lethière, peintre né à Sainte-Anne en 1760 et figure majeure du néoclassicisme, s’inscrit dans ce temps long. Elle est indissociable d’un travail patient, mené depuis près de trente ans par l’artiste et chercheur guadeloupéen Richard-Viktor Sainsily Cayol, dont l’engagement vient d’être reconnu par le Mémorial ACTe à travers l’octroi d’une carte blanche.
Une redécouverte née dans les années 1990
Lorsque Sainsily Cayol s’intéresse pour la première fois à Lethière,nous sommes au milieu des années 1990, le peintre demeure encore largement absent du récit culturel gwadloupéyen. “La découverte de la thèse pionnière de l’historienne de l’art Geneviève Madec Capy agit alors comme un révélateur” nous confie R-VSC..’ Elle met au jour un artiste dont la trajectoire – de la Guadeloupe à Paris, puis à Rome – interroge de front les récits dominants de l’histoire de l’art”.
À cette époque, Sainsily Cayol expose Tras au centre culturel Rémy Nainsouta de Pointe à Pitre . Nourri par cette rencontre intellectuelle, il décide alors “d’intégrer à son travail une démarche de long terme : contribuer à la redécouverte de Lethière, à sa reconnaissance institutionnelle et, surtout, à son appropriation par les gwadloupéyens”.
Créer pour transmettre
R-VSC explique que : “Ce travail ne se limite pas à la recherche historique. Il s’accompagne d’une œuvre plastique personnelle, conçue comme un dialogue avec la figure de Lethière. À travers installations, œuvres publiques et dispositifs artistiques. Poursuivant sa quête, il interroge alors les notions de filiation, de mémoire, de liberté et de transmission.”
Des interventions marquantes jalonnent tout ce parcours : Ainsi un hommage solennel est rendu à Guillon-Lethière au Fort Delgrès de Basse-Terre en 2002 avec Le Serment des rebelles ;
Une année plus tard en 2003 à Pontarlier, renouvelant le geste du peintre cent quatre-vingts ans plus tard, en offrant à l’ambassade d’Haïti un portrait de Toussaint Louverture ; ou encore à Sainte-Anne en 2009, où une œuvre installée dans l’espace public inscrit durablement le Guillon Lethière dans le paysage de sa commune natale.
Loin d’une approche muséale figée, ces créations relient l’histoire de l’art aux lieux de mémoire et à l’expérience vécue des territoires.
La jeunesse au cœur du projet
Pour R-VSC un axe demeure constant : la transmission aux jeunes générations. Ateliers de création, rencontres scolaires, dispositifs pédagogiques participatifs jalonnent depuis des années le travail de Sainsily Cayol. L’objectif est clair : permettre aux élèves de découvrir Guillaume Guillon-Lethière non comme une figure lointaine, mais comme un repère culturel ancré dans leur histoire et ouvert sur le monde.
S’agissant des actions prévues dans le cadre de la carte blanche accordée par le Mémorial ACTe, R-VSC affirme qu’elles prolongent cette logique, en associant pratique artistique, contextualisation historique et réflexion critique.
Un écho au-delà des frontières
Si cet engagement est profondément enraciné en Guadeloupe, il a également trouvé un écho international. En 2017, Richard-Viktor Sainsily Cayol intervient à la Rhode Island School of Design, autour de The Death of Camilla, œuvre majeure de Lethière. En 2024, il est aussi conférencier invité au Clark Art Institute, institution de référence en histoire de l’art.
Ces interventions contribuent à inscrire Lethière dans une réflexion transatlantique sur les circulations artistiques, les révolutions et les héritages culturels, donnant à voir la portée universelle d’un peintre longtemps cantonné aux marges du récit.
Une reconnaissance institutionnelle qui fait sens
Pour R-VSC la carte blanche accordée par le MActe dans le cadre de l’exposition Guillaume Guillon-Lethière (15 décembre 2025 – 29 mars 2026) ne constitue pas un point de départ, mais l’aboutissement d’un travail de fond. Elle reconnaît la continuité d’un engagement qui s’inscrit dans le sillage des recherches pionnières de Gérard Florent Laballe et Geneviève Madec Capy, régulièrement saluées par l’artiste.
Au travers de cette reconnaissance, c’est une certaine conception du patrimoine qui se dessine : un patrimoine vivant, transmis, discuté, partagé – et non figé dans la seule célébration.
Faire durer la mémoire
Au-delà de la figure de Guillaume Guillon-Lethière, ce parcours trentenaire interroge notre rapport collectif à la mémoire et à la transmission. Il rappelle que la reconnaissance d’un artiste ne se décrète pas, mais se construit dans le temps, par un travail patient, rigoureux et souvent discret.
En ce sens, la carte blanche accordée aujourd’hui vient consacrer un itinéraire singulier : celui d’un engagement local devenu, par la force du temps et de la constance, un enjeu culturel de portée internationale.
Danik Zandwonis
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Pour info : « KARUKERA GUADELOUPE GWADA » livre faisant l’éloge des » cases de Guadeloupe » fait l’éloge de ce peuple Guadeloupéen résilient. BONNE ANNEE à tous. Mme CITA