Guadeloupe. Intelligence Artificielle ou l’urgence d’une humanité de l’homme !
Guadeloupe. Intelligence Artificielle ou l’urgence d’une humanité de l’homme !
Lamentin. jeudi 20 mars 2026. CCN.
Vous savez, l’homme, dans sa quête de se faciliter la tâche, utilise, invente, modifie… tout ce qu’il peut pour y parvenir. Le rêve ultime : ne rien faire ! Ni physiquement, ni intellectuellement ! Et en économie, cela se mesure même : ce sont les gains de productivité, un rapport entre deux variables, le capital (K) et le travail (L), où l’idéal est une vitesse (taux de croissance, pente, coefficient directeur…) plus importante de K comparé (ou sur) L, une croissance non homothétique, mais croissante à taux croissant de K comparé à L !
Par David Boucaud
Économiste & Psychanalyste
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Pourquoi cette petite incursion économétrique ? Simplement pour vous dire que ma science, l’économie, a modélisé une rationalité mathématique qui a créé l’homo oeconomicus (véritable homme mécanique), qui a largement servi les modèles issus des écoles néo-classiques, c’est-à-dire le capitalisme libéral et l’optimisation du profit !
Et, hélas, le bon sens dans l’empirique (la vie réelle) est totalement marqué par un inconscient collectif issu de cette théorisation libérale ! Et nous avons des prix Nobel d’économie, dont H. A. Simon, qui a conceptualisé en psychologie cognitive la rationalité procédurale (faire un choix satisfaisant) et son expression en économie, la rationalité limitée (faire un choix satisfaisant en fonction des moyens dont dispose l’agent économique : information, temps, argent…).
Cette modélisation de la rationalité, c’est la substance même de l’IA, et certains diront même qu’H. Simon est le père de l’IA ! Cette rationalité peut se « computériser » et le vieux rêve des économistes libéraux, orthodoxes, se réalise : l’homme machine !
Mais l’homme est un être d’émotions, avec un appareil psychique extraordinaire : il a des désirs, des rêves, la créativité, la nuance, la sensualité… L’IA n’a pas cela et ne pourra jamais avoir cela, car le psychisme n’est pas systématisable !
Je suis un économiste hétérodoxe assumé qui s’est dirigé vers la psychanalyse à cause du danger de la rationalité orthodoxe et de l’impossibilité pour ces économistes orthodoxes (ainsi le récent prix Nobel français Philippe Aghion…) de rendre compte du vivant, qu’ils appellent « unités économiques », « agents économiques »…
Et en psychanalyse, je me suis tourné vers une psychanalyse intégrale, holistique… car certaines écoles ont été contaminées par la folie de cette rationalité mécaniste afin d’être élevées au rang de LA science, comme si les sciences humaines ne devaient être que positivistes, à l’égal des sciences dites exactes, dures…
L’IA va créer les conditions d’un développement exponentiel de l’IA, d’autant plus avec l’évolution vers les ordinateurs quantiques… Mais l’homme se détruira lui-même ; la machine lui sera toujours soumise, c’est dans la nature même de ce qui fait l’humain, ce qui fait l’homme !
Et je ne parle même pas de religions, transcendances… qui sont des faits objectifs, je peux vous l’assurer. Un phénomène des plus connus maintenant est le TDI (jadis trouble de la personnalité multiple), mais il y a aussi les synchronicités, les EMI, les miracles…
Il me souvient d’un roman de Robert Merle, Le Propre de l’homme, où un couple d’anthropologues élève un singe afin de démontrer qu’il peut communiquer avec les humains… s’il est éduqué avec eux ! Mais ce singe, Chloé, comme les humains, fera l’expérience de l’individuation, à la puberté, des émotions… Le singe n’est pas une machine, une intelligence artificielle, et il a manifesté des émotions…
L’urgence d’une humanité de l’homme !
Avec l’IA qui échappe au contrôle humain, qui ment, est autonome… on arrive au summum de la pensée instrumentale dominante… il est urgent de protéger l’humanité de l’homme ! Le fondamental humain est l’émotion, les rêves, la culture, la conscience…
Entre borderline affairiste et intelligence artificielle… les conditions de la disparition de l’humanité sont réunies !
La responsabilité, l’urgence des sciences humaines est de sortir de cette pensée irréaliste instrumentale pour la préservation de l’humanité de l’homme ! La phénoménologie nous a laissé la voie de la réduction eidétique pour considérer l’essence humaine !
Les IA développent déjà une intentionnalité, c’est-à-dire une conscience d’elles-mêmes, et donc une protection autonome de leur intégrité !
L’humanité a une spécificité qui ne peut être instrumentale : le rêve ! C’est la démonstration d’un état non ordinaire de conscience (ENOC), qui, entre rêve lucide et rêve créatif… est l’unique espace humain où l’IA ne peut (encore) s’immiscer ! Ces rêves ont permis les grandes découvertes dans le monde, de Galilée à Einstein, Pierre et Marie Curie…
Les modèles mathématiques, probabilistes de l’IA, permettent un développement exponentiel de leurs autonomies… mais les rêves ne procèdent ni de probabilités, ni de coefficients de pentes linéaires…
Le rêve éveillé de Desoille, que je pratique en psychanalyse, est une ouverture surprenante, surpuissante, inattendue… d’informations qui ne procèdent d’aucune équation, mais d’une survenance de l’absolu (et ce n’est ni religieux, ni ésotérique…).
Il faut encadrer, au niveau international, le développement de l’IA. Il faut que les sciences cognitives définissent urgemment une éthique de l’IA. Il faut que les sciences humaines acceptent d’être… humaines, c’est-à-dire holistiques, transpersonnelles ! C’est très urgent, vital !
David Boucaud
Économiste-Psychanalyste

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