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Guadeloupe. Jeunesse. Comprendre la violence

Guadeloupe. Jeunesse. Comprendre la violence

Guadeloupe. Jeunesse. Comprendre la violence

Pointe-à-Pitre, mardi 10 février 2026. CCN. Depuis plusieurs années, la jeunesse guadeloupéenne est régulièrement désignée comme responsable de la montée de la violence. Elle est décrite comme transgressive, incontrôlable et dangereuse. À force de répétition, ce diagnostic s’est imposé comme une évidence. Il serait pourtant intellectuellement malhonnête de s’arrêter là.

 

By Michel GIRDARY

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Moi-même, comme beaucoup, j’ai longtemps adhéré à cette lecture simpliste :

« Nos jeunes sont violents ».

Mais une société responsable ne peut se contenter de juger un comportement sans en interroger l’origine.

Lorsqu’un individu adopte des conduites violentes, deux approches existent :

  • ⁠la sanction, qui traite le symptôme ;
  • la compréhension, qui cherche la cause.

Or, comprendre n’est pas excuser. Comprendre, c’est se donner une chance de résoudre durablement un problème.

Toutes les sociétés issues de l’histoire coloniale sont confrontées à une violence intracommunautaire persistante.

Ce phénomène est documenté, observé, étudié à travers le monde.

La Guadeloupe ne fait pas exception. Il ne s’agit donc pas d’un simple problème de génération, ni d’un accident conjoncturel. Il s’agit d’un héritage.

Lorsqu’un traumatisme collectif n’est ni reconnu, ni soigné, il ne disparaît pas. Il se transforme, il se transmet, il s’amplifie…

Et bien souvent, il s’exprime par des comportements de rupture : violence, défiance, rejet de l’autorité, perte de repères.

La jeunesse n’invente pas ce malaise. Elle le manifeste.

Face à cela, que proposons-nous ?

Des états généraux.

Des diagnostics déjà connus.

Des discours convenus.

Des appels à la responsabilité de ceux qui souffrent le plus du système.

Ces démarches peuvent rassurer les institutions,

Mais elles n’apaisent ni les douleurs profondes,

Ni les fractures historiques, sociales et psychologiques qui traversent notre société.

Parler du fond, c’est accepter d’aborder des sujets difficiles :

  • la mémoire coloniale non assumée,
  • ⁠le sentiment d’injustice transmis de génération en génération,
  • la perte de dignité symbolique,
  • l’absence de récit collectif réparateur.

La violence ne naît jamais du néant. Elle est toujours le symptôme d’un déséquilibre plus ancien. Si nous voulons réellement protéger notre jeunesse. Et, au-delà, notre société tout entière, alors il nous faut dépasser la stigmatisation pour entrer dans une démarche de guérison.

 

  • ⁠Cela exige du courage politique,
  • de la lucidité collective,
  • une volonté sincère d’écouter ce que la jeunesse exprime, même lorsque son langage nous dérange.

Car une société qui refuse de comprendre sa jeunesse finit toujours par la subir.

 

Michel GIRDARY

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