Guadeloupe. La LGF liquidée : chronique d’une souveraineté sportive sabordée
Guadeloupe. La LGF liquidée : chronique d’une souveraineté sportive sabordée
Sainte-Anne, vendredi 03 avril 2026. CCN.
L’annonce de la mise en liquidation judiciaire de la Ligue Guadeloupéenne de Football (LGF) et son placement immédiat sous la tutelle de la Fédération Française de Football (FFF) ne sont pas de simples péripéties administratives. Pour nous, patriotes, juristes et observateurs de la géopolitique Gwadloupéyén, cet événement constitue un séisme dont les répliques touchent aux fondements mêmes de notre identité et de notre capacité à exister par nous-mêmes sur la scène sportive internationale.
par Jean-Jacob BICEP
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1. Le piège juridique : la « mort civile » de l’autonomie
D’un point de vue de droit public, la liquidation judiciaire est une forme de « mort civile » pour la LGF. En perdant sa personnalité morale, la Ligue perd sa capacité d’ester en justice et de porter des projets institutionnels propres. La FFF, en se posant en « sauveur », s’approprie en réalité le droit de vie ou de mort sur nos structures. Cette procédure permet d’effacer les ardoises financières, certes, mais elle efface surtout des décennies de luttes pour une reconnaissance spécifique du football guadeloupéen.
2. Le « deux poids, deux mesures » : l’ombre de la Polynésie et de la Kanaky
Pour comprendre la profondeur du préjudice, il suffit de porter le regard vers le Pacifique. La comparaison avec la Polynésie française (Tahiti) et la Kanaky (Nouvelle-Calédonie) est révoltante :
Tahiti et la Kanaky sont membres de plein droit de la FIFA (respectivement depuis 1990 et 2004). Elles disposent de leurs propres sièges, de leurs propres votes et, surtout, de financements directs de l’instance mondiale (programmes Forward) se comptant en millions de dollars.
L’argument constitutionnel (article 73 vs COM) souvent opposé à la Guadeloupe est un alibi de circonstance. La FIFA reconnaît des territoires non indépendants (Hong Kong, Porto Rico, Gibraltar). La différence n’est pas juridique, elle est politique.
En privant la Guadeloupe de ce statut FIFA, la FFF a organisé, consciemment ou non, l’asphyxie économique de notre Ligue. Une structure sans ressources propres, dépendante exclusivement des miettes de la dotation nationale, était condamnée à la faillite.
3. L’enjeu géopolitique : le verrouillage de la Caraïbe
C’est ici que le bât blesse. Nous savons que la Guadeloupe, membre de la CONCACAF, aspire légitimement à une reconnaissance internationale totale. L’analyse des rapports de force suggère une stratégie de l’immobilisme de la part de l’État sportif central : une ligue exsangue et sous tutelle est une ligue incapable de revendiquer son siège à la table mondiale.
En neutralisant la LGF, on brise le rêve de « l’équipe nationale » guadeloupéenne officielle, capable de rivaliser avec nos voisins de la Caraïbe. On nous maintient dans un statut de périphérie sportive, dépendante du bon vouloir de Paris, empêchant le football de servir de vecteur de « soft power » guadeloupéen.
4. Le choc psychologique : l’image de la Guadeloupe en question
Quel message envoyons-nous au monde ? Celui d’une incapacité chronique à gérer nos propres affaires. Cette liquidation nourrit le narratif infantilisant du « colonisé assisté » qui ne peut survivre sans la tutelle métropolitaine. C’est une blessure narcissique pour le peuple guadeloupéen : voir l’un de ses fleurons s’effondrer renforce l’idée d’une immaturité organisationnelle que nos détracteurs se plaisent à souligner.
À qui profite le crime ?
Il est temps de se poser la question avec lucidité. Si le désastre financier est réel, l’opportunité politique qu’il offre à ceux qui combattent notre émancipation l’est tout autant. La reprise en main par la FFF n’est pas une fin en soi, mais un moyen de normalisation et de contrôle.
Pour nous, patriotes, l’heure est à la réflexion sur un nouveau modèle de gouvernance. Nous ne devons pas simplement accepter une « aide » qui nous enchaîne, mais exiger le droit de reconstruire un outil souverain, transparent et résolument tourné vers notre environnement naturel : la Caraïbe et le monde.
Jean-Jacob Bicep

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