Guadeloupe. Mas. Le gouverneur peut-il interdire notre carnaval ?
Guadeloupe. Mas. Le gouverneur peut-il interdire notre carnaval ?
Pointe-à-Pitre, jeudi 8 janvier 2026. CCN. Le 1er dimanche du carnaval Gwadloup a débuté par l’assassinat d’un jeune en marge des défilés. Le représentant de l’État français a organisé une réunion avec les différents acteurs du carnaval pointois et a laissé entendre qu’il pourrait interdire le prochain défilé. Au nom de quoi ? Ce gouverneur ignore sans doute la puissance de cette manifestation dans notre pays. Il ignore aussi qu’en 1985 l’un de ces prédécesseurs avait voulu interdire un défilé d’Akiyo. Mais les Mas avaient résisté. 40 ans, l’histoire va-t-elle se répéter ? Les carnavaliers ont déjà annoncé que dimanche yo ké déboulé.
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Le drame survenu lors de cette première soirée de carnaval a immédiatement provoqué une onde de choc à travers le pays. L’émotion est vive, la douleur partagée, et les messages de condoléances se multiplient à destination de la famille de la victime. Mais très vite, la perspective d’une interdiction pure et simple du carnaval à Pointe-à-Pitre a cristallisé les tensions.
Dans plusieurs communiqués, des responsables politiques et institutionnels ont tenu à rappeler que la violence ne saurait être assimilée au carnaval. Tous reconnaissent la gravité des faits et la nécessité d’une réponse ferme des autorités, mais refusent que le carnaval, expression majeure de l’identité guadeloupéenne, devienne la variable d’ajustement d’une insécurité plus profonde et structurelle.
À Pointe-à-Pitre, l’accent est mis sur la responsabilité de l’État. Renforcement visible de la présence policière, barrages filtrants, sécurisation des parcours, amélioration de l’éclairage et recours accru à la vidéosurveillance figurent parmi les mesures jugées indispensables pour garantir la sécurité sans porter atteinte à la manifestation. Pour plusieurs élus, interdire le carnaval reviendrait à laisser la violence dicter ses règles.
La Communauté d’agglomération Cap Excellence a, de son côté, proposé une voie intermédiaire. Maintenir les défilés, tout en les encadrant plus strictement : fin anticipée des festivités dans le périmètre sécurisé, restrictions de circulation et amélioration rapide de l’éclairage dans les zones sensibles. Des propositions qui auraient conduit le préfet à suspendre, pour l’heure, toute décision d’interdiction.
D’autres acteurs appellent enfin à une mobilisation des carnavaliers eux-mêmes. Réunis en urgence, les groupes pourraient définir des règles communes de défilé et de régulation, voire envisager un défilé en silence, comme acte symbolique fort contre la violence et en hommage aux victimes.
En toile de fond, l’histoire s’invite dans le débat. En 1985, déjà, une tentative d’interdiction d’un défilé d’Akiyo avait échoué face à la détermination des Mas. Quarante ans plus tard, la question reste entière.
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