Guadeloupe. Post Municipales. Pourquoi Jean-Marie Hubert a perdu les élections ?
Guadeloupe. Post Municipales. Pourquoi Jean-Marie Hubert a perdu les élections ?
Port-Louis, mardi 31 mars 2026. CCN.
Le triangle de Karpman, également appelé triangle dramatique, est un modèle d’analyse des relations élaboré par le psychiatre Stephen Karpman dans les années 1960. Il permet de comprendre pourquoi certaines interactions deviennent toxiques, répétitives et émotionnellement épuisantes, même lorsque les intentions initiales semblent positives.
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Le triangle de Karpman, également appelé triangle dramatique, est un modèle d’analyse des relations élaboré par le psychiatre Stephen Karpman dans les années 1960. Il permet de comprendre pourquoi certaines interactions deviennent toxiques, répétitives et émotionnellement épuisantes, même lorsque les intentions initiales semblent positives.
La défaite, sans grande surprise, de Jean-Marie Hubert nous oblige à une analyse sans concession du parcours marqué par l’incohérence de cet élu. En effet, JMH n’a jamais été à la hauteur des exigences qui sont les marqueurs d’une bonne gestion. Cet échec contribue aussi à accroître la défiance à l’égard du Mouvement Nationaliste Gwadloupéyen dont il s’est réclamé…
Le triangle dramatique de Karpman repose sur l’idée que, dans certaines situations, les individus adoptent inconsciemment l’un des trois rôles suivants : Victime, Sauveur ou Persécuteur. Ces rôles ne constituent pas des identités fixes, mais des positions psychologiques qui s’activent en fonction des émotions, des attentes et de l’histoire personnelle de chacun.
À la lumière de ce schéma, il devient possible d’analyser la trajectoire politique de Jean-Marie Hubert et de mieux comprendre les raisons de sa défaite. Son histoire personnelle et son environnement familial semblent avoir joué un rôle déterminant dans la construction de son positionnement. Une culture de domination, héritée d’un contexte familial influent, aurait pu nourrir une volonté de revanche, notamment dans un cadre politique propice à l’expérimentation de stratégies d’influence.
L’instrumentalisation de l’émotion
Faire appel à l’émotion plutôt qu’à la réflexion constitue une technique bien connue pour court-circuiter l’analyse rationnelle et affaiblir l’esprit critique. En mobilisant les affects — peurs, espoirs, frustrations — il devient plus aisé d’influencer les comportements collectifs et d’orienter les opinions.
Cette stratégie semble avoir été utilisée à plusieurs reprises dans notre paysage politique, notamment lors de conflits internes marquants. Elle s’inscrit dans une logique où la perception prime sur les faits, et où le discours émotionnel prend le pas sur le débat de fond.
L’entretien de l’ignorance
Une autre dimension essentielle réside dans le maintien d’un certain niveau d’ignorance au sein de la population. En limitant l’accès à l’information ou en complexifiant les enjeux, il devient difficile pour les citoyens de comprendre pleinement les décisions prises en leur nom.
Plusieurs exemples illustrent cette problématique : des projets de développement non aboutis, des opportunités économiques manquées, ou encore des choix politiques perçus comme contraires aux intérêts de la population locale. Ces décisions ont pu contribuer à un sentiment d’abandon, notamment chez les jeunes, et à un affaiblissement du tissu économique port-louisien.
Clientélisme et frustrations sociales
Les accusations de favoritisme et de passe-droits ont également nourri un climat de défiance. Lorsque les décisions semblent motivées par des intérêts particuliers plutôt que par le bien commun, elles fragilisent la cohésion sociale et alimentent les frustrations.
Dans certains cas, l’organisation politique elle-même a pu être perçue comme fermée, voire assimilée à un fonctionnement de type sectaire, où l’adhésion repose davantage sur des dynamiques d’influence que sur une véritable adhésion idéologique.
Une posture politique ambiguë
Le positionnement politique de JMH a également suscité de nombreuses incompréhensions. Se présentant comme « nationaliste » (co-fondateur de l’UPPL) tout en entretenant des relations très ambiguës avec les institutions étatiques, il a pu donner l’image d’un discours et d’une pratique contradictoires.
Certaines décisions, notamment prises à l’approche des élections, ont renforcé ce sentiment de décalage entre les discours affichés et les actes posés. Cette incohérence perçue a pu entamer la confiance d’une partie de l’électorat.
Une fracture durable
Finalement, cette période laisse apparaître une commune profondément divisée. Entre désillusions politiques, tensions identitaires et fractures sociales, le climat local s’est dégradé. L’image d’un leadership incontesté s’est fissurée, laissant place à une remise en question collective.
Des décisions politiques contestées
L’affaire Kabana Beach : ce projet, initialement salué pour son potentiel en matière d’emploi (plus d’une trentaine de postes), a ensuite fait l’objet de positions contradictoires. Ce revirement a été perçu comme révélateur d’une incohérence politique.
Un exemple significatif réside dans la gestion d’une démolition controversée survenue à quelques mois des élections. Cette décision, qui aurait pu être différée, a suscité des interrogations quant à sa cohérence avec les positions affichées. Elle a également ravivé le débat sur les relations entretenues avec l’État colonial perçu par certains comme contradictoire avec le discours politique revendiqué.
Une stratégie fondée sur la confusion
Deux éléments semblent avoir structuré l’action politique observée :
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Le recours à l’énantiosémie, c’est-à-dire l’utilisation de mots ou de discours pouvant porter des significations opposées, contribuant à entretenir la confusion.
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Une logique de revanche symbolique, ancrée dans une histoire personnelle et familiale, qui aurait influencé certaines orientations politiques.
Certains discours ont ravivé des clivages anciens, notamment autour de représentations sociales et culturelles. Cette fragmentation du corps social constitue sans doute l’une des conséquences les plus durables de cette période politique.
Une sanction politique et symbolique
La défaite de JMH ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit dans une accumulation de facteurs : erreurs stratégiques, décisions contestées, incohérences politiques et rupture progressive du lien de confiance avec la population.
Elle traduit également une aspiration des citoyens à davantage de clarté, de justice et de cohérence dans l’action publique.
« Un peuple finit toujours par se détourner de ceux qui parlent à ses émotions sans jamais répondre à son intelligence. »
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