Guadeloupe. Affaire Kabana Beach. Les époux Semar jugés ce jeudi à Pointe-à-Pitre
Guadeloupe. Affaire Kabana Beach. Les époux Semar jugés ce jeudi à Pointe-à-Pitre
Pointe-à-pitre, mercredi 12 novembre 2025. CCN – Six mois après la spectaculaire démolition du Kabana Beach, ses propriétaires, Clarence et Nicolas Semar, sont convoqués ce jeudi 13 novembre à 8 heures devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre. Le couple devra répondre de faits présumés de violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, en marge de l’opération d’expulsion menée le 16 juin dernier. Mais les époux affirment, eux, avoir été les véritables victimes de cette intervention, décrite comme d’une extrême brutalité, sous les yeux de leur fils de six ans. Ce jeudi, la justice devra trancher entre deux récits opposés : maintien de l’ordre ou abus de pouvoir ?
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Une audience sous tension
Selon le communiqué transmis par leurs représentants, les époux Semar contestent vigoureusement les accusations portées à leur encontre. Ils affirment que cette audience aurait pour effet de « masquer le véritable scandale » : les violences qu’auraient subies leur famille et leur équipe lors de l’intervention des forces de l’ordre, ce jour-là, dans le cadre de la démolition du restaurant.
Les propriétaires du Kabana Beach soutiennent que l’opération, menée sous l’autorité du sous-préfet Jean-François Moniotte, se serait déroulée dans des conditions « d’une extrême brutalité ». D’après leur version, Clarence Semar, son époux Nicolas, un collaborateur et leur fils âgé de six ans auraient été expulsés « sans sommation réitérée » des locaux qu’ils occupaient, alors qu’ils demandaient à consulter les décisions administratives justifiant la démolition.
Des images au cœur du dossier
Le communiqué évoque des violences physiques et psychologiques dont aurait été victime l’enfant du couple, témoin direct de la scène :
« Cet enfant s’est retrouvé violemment bousculé quand un gendarme s’est lancé sur sa mère par derrière. Il a, en sus, assisté impuissant aux violences perpétrées sur sa mère, sous son nez. Il a notamment assisté au menottage au sol de sa mère mené par deux, puis trois, puis quatre gendarmes acharnés, sur une durée de plus d’une minute trente. Cette scène d’une violence extrême a mis l’enfant dans un état de crise intense, au cours de laquelle ce dernier criait, pleurait, tapait sur des objets pour que l’on arrête de s’en prendre à sa mère », indique le communiqué.
Les Semar affirment qu’une vidéo de l’intervention des gendarmes permettra de « démontrer la réalité des faits » et ont annoncé qu’ils demanderont sa diffusion publique à l’audience.
L’enquête ouverte par le parquet à la suite de ces événements aurait conduit, selon eux, à une procédure expéditive de 48 heures pour les faits les visant, tandis que la plainte qu’ils ont eux-mêmes déposée contre le préfet Xavier Lefort et le sous-préfet Moniotte pour « destruction aggravée » et violences est toujours en cours d’instruction. L’audience de jeudi devrait donc permettre de confronter les différentes versions des faits. Les Semar appellent la population à assister aux débats, estimant que « cette affaire dépasse leur seul cas » et « interroge les pratiques des forces de l’ordre ».
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