Martinique. Fric et politique. La note est salée pour Serge Letchimy
Martinique. Fric et politique. La note est salée pour Serge Letchimy
Paris, vendredi 21 novembre 2025. CCN – Le procès de Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM, s’est achevé ce jeudi après plusieurs jours d’audience consacrés à l’examen d’un dispositif de retraite considéré comme illégal par le parquet. Aux côtés de l’élu martiniquais comparaissent le maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, son premier adjoint Yvon Pacquit, et l’ancien directeur général des services Max Bunod, tous jugés pour détournement de fonds publics et recel. Cette affaire pourrait-elle rebattre les cartes du paysage politique martiniquais ?
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L’affaire remonte à 2016 : selon le ministère public, Serge Letchimy aurait perçu des droits à la retraite de la municipalité de Fort-de-France alors qu’il exerçait simultanément un mandat de député. Pour la justice, cette situation contrevient au principe de séparation des pouvoirs et aux règles sur le non-cumul des fonctions électives. Le parquet national financier estime que l’élu a bénéficié d’une prime incitative conséquente ainsi que de versements de pensions évalués à près de 200 000 €, constituant, selon les magistrats, un enrichissement injustifié au détriment des finances publiques.
La défense, elle, adopte une ligne radicalement opposée. Les avocats contestent l’idée même d’une fraude et parlent d’une simple erreur administrative. À la barre, Serge Letchimy a démenti toute volonté d’abuser du système, allant jusqu’à affirmer : « Je ne me suis pas enrichi, je me suis appauvri ».
Des réquisitions lourdes
Lors des réquisitions, l’avocat général a demandé contre Serge Letchimy deux ans de prison avec sursis, 150 000 € d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Pour Didier Laguerre, le parquet réclame 18 mois de sursis, 20 000 € d’amende et quatre ans d’inéligibilité. Yvon Pacquit encourt six mois de sursis et 5 000 € d’amende, tandis que Max Bunod fait face à une demande de douze mois de sursis et 10 000 € d’amende.
Fait notable : aucune exécution provisoire des peines n’a été requise. Autrement dit, même en cas de condamnation, les élus ne seraient pas immédiatement dessaisis de leurs fonctions, une nuance qui n’en atténue cependant pas la portée politique.
Un impact politique potentiellement majeur
Au-delà de l’aspect judiciaire, ce procès intervient dans un contexte électoral particulièrement sensible : les municipales de 2026 approchent. Une éventuelle condamnation pourrait fragiliser non seulement les trajectoires individuelles de Serge Letchimy et Didier Laguerre, mais plus largement les équilibres politiques en Martinique. La crédibilité des institutions locales, déjà mise à l’épreuve, pourrait être profondément affectée par un verdict défavorable, tandis que les oppositions pourraient y voir une opportunité de recomposition stratégique.
Le jugement, mis en délibéré, sera rendu le 19 février 2026.
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