Guadeloupe . Grand Bourg. Un signal politique fort et des échéances décisives sur l’indivision
Guadeloupe . Grand Bourg. Un signal politique fort et des échéances décisives sur l’indivision
Grand-Bourg, mercredi 08 avril 2026. CCN.
Bien au-delà des résultats des élections municipales à Grand-Bourg, une autre échéance majeure se profile pour le territoire : celle de la gouvernance de la communauté de communes de Marie-Galante.
Analyse d’Isabelle Faye,
juriste et chroniqueuse sur l’indivision au ZCL
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Les équilibres politiques issus des municipales auront un impact direct sur les orientations intercommunales à venir.
Dans ce contexte, Maryse Etzol, actuelle présidente sortante, devrait très vraisemblablement briguer un troisième mandat.
Une candidature qui s’inscrit dans une ligne politique claire, fortement ancrée autour de deux priorités structurantes :
l’accès à la propriété
et la mobilisation du foncier
Deux axes particulièrement stratégiques pour Marie-Galante.
1. Un territoire confronté à des indivisions longues
À Marie-Galante, la question foncière ne peut être dissociée d’une réalité bien connue : celle des indivisions longues, parfois figées sur plusieurs générations.
Ces situations bloquent la transmission des biens, la mise en valeur des terrains, la réalisation de projets immobiliers et, plus largement, le développement du territoire.
Ici plus qu’ailleurs, l’indivision constitue un frein structurel.
2. Une politique communautaire à structurer autour de l’indivision
La politique conduite à l’échelle intercommunale apparaît en mesure de jouer un rôle déterminant.
Au-delà des orientations générales, l’affirmation d’un axe structurant consacré à la sortie d’indivision pourrait utilement s’inscrire dans les priorités de développement territorial.
La mobilisation de ce levier permettrait notamment de remettre sur le marché des biens aujourd’hui immobilisés, de faciliter l’accès à la propriété, de soutenir les parcours résidentiels et de contribuer à la redynamisation des centres-bourgs. Une telle orientation viendrait ainsi renforcer, de manière cohérente, les dynamiques déjà engagées à l’échelle locale.
3. Une dynamique qui dépasse le cadre de la Gwadloup
Cette question ne se limite plus à nos régions. Elle s’inscrit désormais dans une dynamique française marquée par une évolution récente du cadre législatif. Le Parlement français a en effet adopté à l’unanimité un texte visant à faciliter la vente des biens indivis, en levant certains blocages juridiques.
Cette réforme, dont l’entrée en vigueur est prévue à partir de 2027, constitue une avancée significative. Elle traduit une reconnaissance explicite du caractère d’intérêt général que revêt la question de l’indivision, au regard de ses impacts sur le foncier, le logement et les dynamiques territoriales.
4. Grand-Bourg : une élection très révélatrice
Dans ce contexte plus large, les élections municipales à Grand-Bourg prennent une dimension particulière. Ce scrutin s’est distingué par une configuration inédite.
Face à la maire sortante, un candidat jeune a émergé, mobilisant une part très significative de l’électorat. Dès le premier tour, il recueille plus de 40 % des suffrages, plaçant l’équipe en place en ballottage. Le second tour confirme cette dynamique, avec une victoire à seulement 43 voix d’écart.
5. Un résultat à lire avec nuance
Ce résultat ne traduit pas un désaveu, mais une évolution des attentes.
Les contraintes budgétaires et les choix structurants opérés ces dernières années étaient nécessaires. Ils ont toutefois pu, par moments, créer une certaine distance avec les préoccupations immédiates des habitants.
Aujourd’hui, une attente s’exprime clairement, avec une demande accrue de proximité, d’accompagnement et de réponses concrètes.
La maire en place a d’ores et déjà engagé une inflexion de son action, en affirmant sa volonté de renforcer la proximité avec les administrés et de développer des réponses davantage ancrées dans les réalités du terrain. Cette orientation s’inscrit pleinement dans le sens des attentes exprimées et constitue une base solide, qui appelle désormais l’identification et la mobilisation de leviers opérationnels adaptés.
6. L’indivision : un levier concret pour répondre aux attentes
Dans cette dynamique, certaines problématiques pourraient encore être davantage intégrées dans l’action publique locale, dans une logique de renforcement des leviers existants.
L’indivision en constitue une illustration particulièrement structurante.
À Grand-Bourg comme dans de nombreux territoires, des situations persistent, caractérisées par des biens immobiliers durablement inoccupés, des terrains peu valorisés et des configurations familiales qui peuvent rester figées sur de longues périodes.
Ces situations ont des effets concrets sur le territoire. Elles contribuent à la dégradation progressive du bâti, peuvent accentuer certains risques sanitaires et participent à la fragilisation de l’équilibre urbain.
Dans ce contexte, l’indivision apparaît non seulement comme une question relevant des situations familiales, mais également comme un enjeu d’intérêt collectif, en lien direct avec les politiques de l’habitat, du foncier et de l’aménagement. Elle constitue, à ce titre, un levier complémentaire qui pourrait utilement s’inscrire dans les orientations déjà portées par la collectivité.
7. Agir : un rôle clé pour les collectivités
Les collectivités disposent d’un levier d’action concret.
Celui-ci ne réside pas dans l’intervention directe au sein des situations familiales, mais dans leur capacité à faciliter l’accès à l’information, à renforcer la compréhension des droits et à orienter efficacement les administrés vers les interlocuteurs compétents.
Dans cette perspective, le développement d’outils de médiation accessibles apparaît particulièrement pertinent. Il permettrait de répondre de manière directe aux interrogations des usagers, de lever certaines incompréhensions et d’accompagner les familles dans leurs démarches, notamment en matière d’indivision. Dans ce cadre, le droit apparaît pleinement existant, mais demeure encore, dans de nombreuses situations, insuffisamment accessible.
8. Agir en amont plutôt que subir
La question de l’anticipation apparaît centrale.
L’enjeu consiste à déterminer s’il convient d’intervenir en amont, afin de prévenir la dégradation des situations, ou de mobiliser l’action publique de manière plus tardive, une fois les difficultés installées.
Dans un territoire comme Marie-Galante, caractérisé par l’importance des indivisions longues, ce choix revêt une dimension stratégique pour les politiques publiques locales.
9. Les élections : un signal fort – est-il entendu ?
Les élections de Grand-Bourg traduisent un signal significatif pour le territoire.
Les leviers d’action apparaissent désormais devoir être mobilisés à une échelle plus large, celle du territoire, afin de structurer des réponses cohérentes et adaptées aux réalités locales.
L’inscription de la question de l’indivision parmi les priorités de l’action publique constitue une orientation stratégique pertinente, au regard de ses incidences sur le foncier, l’habitat et les dynamiques de développement.
L’accompagnement des familles dans ces situations participe ainsi directement à la structuration du territoire, en favorisant la mobilisation du foncier et en contribuant à l’émergence de nouvelles opportunités de développement à l’échelle de Marie-Galante.
Isabelle Faye
Juriste
@ZCL NEWS / Chronique succession et indivision
Porteuse d’initiatives en faveur de l’accès au droit et du développement territorial

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