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Guadeloupe. Débat : Les enjeux d’une véritable politique culturelle dans une colonie départementalisée.

Guadeloupe. Débat : Les enjeux d’une véritable politique culturelle dans une colonie départementalisée.

Pointe-à-Pitre. Vendredi 30 août 2019. CCN. On ne présente plus l’artiste et créateur Richard-Viktor Sainsily-Cayol ( RVSC), car depuis déjà 30 ans par ses expos, par la qualité de ses créations, dans le domaine des arts plastiques, des arts visuels tant en Guadeloupe qu’à l’étranger, mais aussi par sa pratique professionnelle RVSC est devenu une véritable référence il a déjà marqué le paysage de arts plastiques de son empreinte.

Le texte ci -dessous, qu’il a soumis à CCN est une manière de « contribution » mais aussi et surtout une alerte car dans notre pays, beaucoup de choses se font depuis plus d’une décennie en s’intensifiant depuis peu, dans un inquiétant amateurisme et le mélange hasardeux des pratiques en tout genre. L’ignorance et l’inculture de certains qui ont en charge de construire et/ou de structurer les projets culturels,  font d’eux des proies faciles et idéales pour tous les charlatans qui ont bien compris qu’ils pouvaient en tirer profit surtout en s’appuyant sur la faiblesse des artistes en mal ou en quête de reconnaissance voire de visibilité. Une telle approche loin de servir le pays et son expression artistique, est un frein à l’émergence de la qualité voire de l’excellence.

Le débat est ouvert : C’est à lire …

« On a beau peindre blanc le pied de l’arbre, la force de l’écorce en dessous crie…» C’est par cette citation d’Aimé Césaire dans Les armes miraculeuses, que je commencerai mon propos.

02 Adan et EveLorsqu’il nous est demandé d’interroger la culture dans une société postcoloniale, c’est en réalité questionner les pratiques spirituelles, coutumières, les croyances, les expériences, les connaissances de ladite société dont il s’agit. Cela revient par conséquent, à aborder l’incontournable problématique de l’aliénation culturelle toujours active, la culture à construire, les références à déconstruire pour reconstruire son identité.

En 1980, l’écrivain ivoirien Jean-Marie Adiaffi[1] publiait « La carte d’identité » ; un ouvrage dans lequel il abordait la notion d’aliénation que l’on pourrait associer à l’idée d’assassinat culturel d’un peuple. En s’appuyant sur sa démonstration je qualifierai pour ma part l’aliénation culturelle d’acte génocidaire, le plus puissant et le plus durable de l’histoire de l’humanité. Car l’aliénation culturelle conduit indubitablement à la zombification de l’être. Dans sa conférence de Niamey au Niger en 1984, Cheikh Anta Diop ne disait-il pas à propos de l’aliénation, je le cite : « Nous menons et on mène contre nous le combat le plus violent, plus violent même que celui qui a conduit à la disparition de certaines espèces. »

Les études post coloniales et plus précisément dé-coloniale, menées actuellement telle une urgence, soulèvent nombres de problématiques consécutives à la colonisation et la traite négrière. La question culturelle demeure au cœur des préoccupations des chercheurs. Trois jours durant, se sont tenus au MACTe de « grandes conversations »dans le cadre du 5e Tilting Axis, sur la thématique de la décolonisation et du décloisonnement des arts et plus singulièrement, du discours critique en Europe et en Caraïbes sur les pratiques artistiques dans le contexte postcolonial. Quatre des principaux intervenants de l’espace franco-caribéens sont d’actifs pratiquants connus d’une pensée critique confisquée et de la censure dans le champ artistique justement.

Les questions qu’il serait bien de se poser concernant notre pays sont les suivantes ;

• Quelle approche adopter dans le contexte d’une société sous tutelle ?

• Quelle stratégie pour quels enjeux dans une colonie départementalisée.

• Est-il possible d’envisager la décolonisation des arts et de la culture sans une décolonisation idéologique et politique ?

• Quels sont les enjeux d’une véritable politique culturelle dans le contexte d’une colonie départementalisée.

Introduction

Notre culture tel un bouquet de cris, doit pouvoir dire au monde qui nous sommes.

Le visage est le reflet de l’âme. La culture serait donc l’âme du pays. Elle est le spectre visible de la pensée, l’expression visible, sonore et olfactive de la singularité des êtres qui peuplent un lieu. La culture dans sa plus large acception, est l’ensemble des connaissances, de l’expérience, des croyances, des valeurs, des coutumes, des traditions et des institutions distinctives d’une communauté.

Toute communauté se doit de mettre en œuvre, un ensemble cohérent de principes, d’objectifs et de moyens, visant la protection et l’épanouissement de son expression culturelle. Les arts visuels, l’artisanat, la musique, la danse, la littérature, le théâtre, le cinéma, sont ce qui fonde même cette expression. À l’heure où l’interdépendance économique et politique entre les pays s’intensifie, la promotion de l’expression culturelle par le truchement d’une politique culturelle cohérente dans le secteur artistique, devient un instrument déterminant qui permet de souligner et de mieux définir ce qui singularise le pays.

Dans le cas de notre Guadeloupe, la sortie du contexte coloniale sans embrasser un processus de décolonisation si ce n’est l’adoption d’un statut hybride, a fait d’elle une forme voulue-apaisée, de néo-colonie par le truchement de la départementalisation. Comme en de nombreux lieux ayant connus l’épisode de la colonisation et de la traite négrière, notre Terre s’est construite dans l’amalgame forcé, de communautés d’hommes et de femmes distinctes possédant chacune des caractéristiques ethniques et par conséquent culturelles spécifiques. Aujourd’hui, pour chaque communauté qui compose le pays, le sentiment d’appartenance et d’identité culturelle, est à bien des égards, fonction de la mesure dans laquelle les caractéristiques culturelles de ladite communauté et celles des autres qui l’entourent, lui sont familières.

Propos

1. De la politique culturelle Guadeloupéenne dans le contexte néo-colonial.

La Guadeloupe a des défis considérables à relever. La complexité de sa composante ethnique en hybridation permanente, sa petite échelle, son insularité située au cœur des Amériques avec qui elle partage une histoire commune à bien des égards, sont autant d’atouts favorables à la création, la production, l’échange, la diffusion et la communication d’œuvres artistiques, des idées et des connaissances ; Tout cela prioritairement dans son contexte géoculturel caribéen, même si nous devons œuvrer à nous insérer dans le concert du « Centre-Monde » dont notre pays est encore trop souvent exclu.

Le rôle de la Collectivité chargée de la mise en place d’une politique culturelle.

Les gestes à prioriser par le pouvoir en place afin de répondre aux principaux enjeux.

La politique de la collectivité guadeloupéenne, doit contribuer à l’émergence de l’expression d’une culture décolonisée au service de l’émancipation du peuple. Car la culture est la seule ligne droite qui même à la liberté. La collectivité doit favoriser simultanément, le déploiement de la production et la diffusion de la culture dans cette approche. Son but premier, étant fondamentalement de contribuer à l’affirmation et l’affermissement de l’identité culturelle ainsi que le sentiment d’appartenance à un société dont l’histoire a façonné les valeurs qui la fondent.  Il doit accompagner les artistes dans leur rôle, qui est celui d’exprimer les valeurs de la société dans laquelle ils vivent, mais aussi d’investir les sujets plus vastes sur lesquelles la société doit se pencher pour mieux se connaître, pour mieux évoluer. Dans ce contexte, le rôle du pouvoir collectif consiste à appuyer la démarche artistique de qualité, à assurer aux créateurs des conditions favorables à la pratique de leur art et à favoriser l’accès du grand public à leurs œuvres.

a) Pas de « souveraineté culturelle » sans décolonisation idéologique et souveraineté politique.

Cela peut sembler un paradoxe, de parler de « souveraineté culturelle » pour une entité collective sous tutelle. Certes, nous ne sommes pas autonomes, mais en tous lieux et dans toutes disciplines, la Guadeloupe a toujours exprimé de façon spontanée, la nécessité pour elle d’avancer et de protéger ses valeurs authentiques. Son patrimoine, les manifestations culturelles, les arts, la littérature, le théâtre, la musique, le sport, le culinaire, la mode, s’imposent en s’intensifiant dans notre île depuis des décennies.

La Guadeloupe n’aurait-elle plus ou pas, ce droit inaliénable d’exprimer son authenticité et sa singularité comme elle l’entend ? Nos représentants n’auraient pas mot à dire, sur l’art et la manière de nous penser pour nous ? Se penser pour soi étant culturellement et politiquement le propre même de l’expression de la liberté de penser, de créer, et d’agir, pour soi. Aucun développement n’a de sens sans cela. C’est un préalable à la construction d’une société digne et souveraine quel que soit le statut envisagé.

Une politique favorisant le développement des arts et de la culture, la protection et l’épanouissement d’une expression culturelle libre plurielle, est une politique œuvrant à l’accomplissement de ce que j’appellerais « la destinéeCuba maquette 1c culturelle du pays ». Pour cela, il est indispensable que la collectivité puisse disposer de libertés nécessaires pour prendre les décisions relatives à la construction d’un avenir culturel désaliéné pour le pays. C’est-à-dire qu’elle puisse jouir des latitudes requises pour favoriser la création, la diffusion et la conservation de sa propre production culturelle et l’accès à cette production sur l’étendue du territoire, ainsi que la possibilité de l’exporter par tous les moyens modernes disponibles.

« La souveraineté culturelle », telle que je l’entends dans le cadre des prérogatives de ladite collectivité, suppose le courage d’agir pour accéder à la faculté d’établir une politique pour atteindre cet objectif de « destinée culturelle », par un processus de « désaliénation ». Il s’agit de définir les moyens et de mettre en place les outils et les programmes visant à appuyer les mesures adéquates. L’omniprésence de la production culturelle américaine et européenne, menace notre identité culturelle. Pour exister et survivre en tant que communauté décomplexée ayant sa singularité culturelle distincte, sans pour autant se fermer aux apports de l’extérieur, la Guadeloupe se doit d’appuyer et de promouvoir la conception et la réalisation de ses propres produits et services culturels.

Il faut raisonner en pays, sinon nous disparaissons. Le « penser pays », « produit pays » existe déjà dans la conscience collective et s’exprime verbalement et par l’image. Une identité visuelle a été créé depuis plusieurs décennies avec ce label. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, on assiste chez de nombreux jeunes, artistes et sportifs, (dans une relative progression), à un engouement naissant pour le drapeau jadis sanctuarisé dans les milieux nationalistes. N’est-ce pas un signe ? Celui d’un impérieux besoin de se distinguer par un symbole autre que celui de la métropole coloniale, par respect de soi, pour une meilleure visibilité, afin d’appuyer le fait que nous ayons conscience de qui nous sommes ou voulons êtres, et surtout ce que nous sommes en mesure d’apporter au Monde.

b) Une culture accessible au plus grand nombre dans l’exigence de la qualité.

Permettre à tous les Guadeloupéens de la Basse-Terre à la Grande-Terre, Marie-Galante, Les Saintes, La Désirade, d’avoir accès à la production culturelle du pays n’est pas une gageure, compte tenu de l’exiguïté du territoire. Ce qui est problématique, c’est l’absence de lieux de monstrations, de prestations, de diffusions, de conservation, sur l’ensemble de l’île, ayant pour conséquence un manque à gagner considérable sur la qualité, et la densité de la fréquentation des manifestations. Résoudre cette question constitue à elle seule un enjeu de taille, car non seulement cela accroîtra le choix des consommateurs d’art et de culture, en contribuant à augmenter la fréquentation dans les manifestations, mais elle permettra aussi aux artistes et aux industries culturelles de se développer, d’améliorer leur prestation et de multiplier de possibles débouchés.

c) Une culture accompagnée pour durer.

Garantir le financement de la culture, c’est viabiliser économiquement le secteur culturelle, grâce à un accompagnement qualitatif et stratégique.

Outre les dispositifs en place permettant de soutenir la production d’événements ou la création, la nécessité d’une attention particulière accordée aux travaux de recherches des acteurs culturels est essentielle. L’accompagnement ne devra pas se résumer aux seules aides financières permettant une présence dans des manifestations programmées. Elle doit faire l’objet d’un suivi et d’une expertise garantissant des prestations de qualité dans un soucis d’élévation des masses populaires. L’amateurisme et l’à-peu-près sont trop souvent encouragés par une politique populiste et clientéliste.

À très peu d’exceptions près, être créateur ou producteur culturel en Guadeloupe est une activité qui n’est pas économiquement viable sans l’intervention de l’État, et des collectivités (Dac, Région, Département). Ce manque inhérent de viabilité économique met en jeu l’existence même de la production culturelle Guadeloupéenne. Les dépenses au titre de la culture, faibles ou inégalement réparties, ont pour conséquence un considérable manque à gagner pour les producteurs et organisateurs culturels. Ils sont alors contraints au raccourcissement de leur saison, prennent moins de risques sur le plan de la création et réduisent l’envergure de leurs productions, de leurs ambitions. Ces mesures ont pour conséquences immédiates de diminuer les revenus des artistes qui travaillent pour ces organismes artistiques. Certains ont disparu de la scène artistique, faute de budget.

d) L’action de la Collectivité locale en faveur d’une culture repensée.

La mise en œuvre de la politique culturelle dans le domaine des arts devrait relever du service compétent de la protection, la valorisation et la promotion du Patrimoine guadeloupéen, au sein de la Collectivité Régionale. La collectivité devrait avoir recours à des organismes culturels annexes, jouissant d’une autonomie fonctionnelle pour mettre en œuvre la majeure partie de la politique culturelle. Un aspect important et salutaire pour un développement où l’absence d’ingérence, qui est au cœur même de la liberté artistique et de la liberté d’expression, serait préservé, et faciliterait les rapports entre artistes et politiques en assainissant ce secteur encore trop en proie au favoritisme.

e) Les prérogatives des Services et compétences collectives et services autonomes annexés.

La politique culturelle dans le secteur des arts consiste en un ensemble de décisions politiques, de moyens, d’outils et de programmes visant à appuyer le développement de l’expression artistique du pays. Il doit faire appel à diverses commissions, services ou organismes.

f) Le Service Culturel et du Patrimoine de la Collectivité

Il devrait élaborer les politiques relatives aux arts et soutenir financièrement certaines activités artistiques. Le Service soutiendrait financièrement les activités et les organismes artistiques dans le cadre d’un « Programme d’Initiatives Culturelles ». Les organismes culturels professionnels à but non lucratif pourraient utiliser l’aide financière versée dans le cadre d’un Programme d’initiatives culturelles pour des projets visant le perfectionnement de la gestion, la production et la présentation de festivals et d’autres manifestations spéciales d’envergure régionale, la construction ou l’amélioration des installations consacrées aux arts visuels et d’interprétation, et la participation à des forums du milieu culturel.

g) Le développement culturel a forcément une incidence sur l’emploi et les activités des artistes.

Le Service Culturel a vocation de construire des établissements de formations artistiques et à leur verser des aides annuelles afin de permettre à des guadeloupéens talentueux, d’atteindre l’excellence. Des établissements offrant une formation dans le secteur des arts dans une vaste gamme de disciplines pour préparer les étudiants de tous les coins du pays à des carrières régionales, nationales et internationales.

2. Le Conseil des Arts et de la Culture.

Il serait composé essentiellement de personnalités, professionnels, de compétences plurielles du domaine des Arts. Son objet serait de : favoriser et de promouvoir l’étude et la diffusion des arts et de la culture ainsi que la production d’œuvres de qualité. Soit, une mission fondamentalement culturelle, au service d’une politique. Le Conseil offre des prix, des fonds de dotation, des subventions et des services aux artistes professionnels et aux organismes artistiques légaux, vivants et œuvrant en Guadeloupe. Il devrait créer un fond pour les Arts afin de soutenir des projets artistiques innovants.

Ce Conseil serait la clef de voûte d’une politique culturelle dans le secteur des arts, tant par l’envergure des moyens dont il disposerait que par l’effet d’entraînement que ses programmes d’aides et ses services exerceraient sur la création et la production artistiques. Sa mission de médiation culturelle, devra être entendue comme une démarche d’accompagnement, une stratégie d’accès aux arts et à la culture pour tous les citoyens.

3. Les besoins prioritaires.

a) Création de lieux de monstration qui soient dignes de ce nom (selon les règles en vigueur) (espace d’art contemporain pour tous les arts visuels) pouvant abriter n’importe quelle prestation en arts visuel dans quelque champ que ce soit (Dessin, peinture, sculpture, photographie, infographie, installation, vidéo, performance, design, scénographie).

b) Création de lieux de conservation (adaptés, aux normes en vigueur) Espace muséal permettant à tous les publics (locaux et touristes), de découvrir les créations en arts visuels des créateurs du pays. Ce type de lieu existe chez nos voisins de la Caraïbes tels que la République Dominicaine, Cuba, Haïti, Trinidad, Curaçao…

c) Création de rendez-vous événementiels à pérenniser. (Il s’agirait d’un festival d’une foire ou d’une biennale). L’avantage de la foire ou du festival, c’est que ces formules contribueraient plus à doter les artistes d’un outil économique leurs permettant de diffuser leurs œuvres, mais surtout de se créer un réseau d’amateurs et ou de collectionneurs privés, et par conséquent des acquéreurs potentiels. Cette mesure viendrait renforcer la commande publique qui doit se maintenir et garantirait le développement du secteur.

d) Création de lieux de formation (Il y a une réflexion à mener sur le type de formation à envisager, en tenant compte de ce qui est déjà bien avancé à l’École Supérieur d’Art de la Martinique (anciennement l’IRAV). Je pense qu’il serait judicieux de s’orienter vers la formation en nouvelles technologies, numérique, le web design, la 3D le cinéma d’animation.

4. Statut de l’artiste.

De tous les dispositifs culturels à mettre en place, celui du statut de l’artiste est prioritaire, car il constitue un élément essentiel, fondamental de la politique culturelle. Le respect des droits de l’artiste est loin d’être un acquis chez nous. Ces droits sont méconnus non seulement de bon nombre d’artistes mais surtout des producteurs et institutions ils sont au nombre de quatre :

(1) Le droit d’auteur . (relatif à la paternité de l’œuvre, est un droit inaliénable et indéfectible),

(2) le droit de monstration, d’exposition ou de représentation (qui concerne la prestation d’exposition de l’œuvre de l’artiste),

(3) le droit de suite (liée à la protection sociale de l’artiste, concerne le pourcentage versé à l’artiste sur les bénéfices, lors de la revente de son œuvre à un tiers),

(4) les per diem (frais de déplacement, hébergement et restauration).

5. L’application du 1% à la création artistique.

Elle est à considérer comme l’abolition d’une injustice qui perdure en Guadeloupe depuis que cette loi a été créé, et que des compétences en termes d’application ont été transférées aux collectivités territoriales (1983). Le 1% artistique est une mesure qui consiste à réserver, à l’occasion de la construction ou de l’extension de certains bâtiments publics, une somme pour l’affecter à la réalisation d’une ou de plusieurs œuvres d’art contemporains. La plupart des ouvrages publics éligibles ont été construits en Guadeloupe durant ces cinquante dernières années sans que le 1% soit appliqué.

Outre ce dispositif, l’État Français a mis en place à la disposition des collectivités d’autres moyens afin de permettre à la création d’occuper les espaces publics. Dans le champ de commandes publiques, il s’agit notamment de l’achat d’œuvres existantes répondant à des besoins spécifiques et répondant à des critères définis.

6. Conclusion.

Pour conclure, je dirai simplement, que le statut néo-colonial dans un contexte postcolonial en aucun cas ne peut constituer un obstacle à l’expression de l’affirmation d’une identité forte et respectable. Au contraire, ce contexte active par sa nature même, l’émergence de l’expression d’une affirmation identitaire. Il ne manque alors que la volonté ferme pour la mise en place d’une véritable politique culturelle dé-coloniale, une étape incontournable vers l’émancipation. Ce à quoi tout esprit libre aspire.

Cuba maquette 3

[1]Jean-Marie ADIAFFI né à Bettié le 1?? janvier 1941 et mort à Abidjan le 15 novembre 1999, est un écrivain, scénariste, cinéaste et critique littéraire ivoirien. Il étudie le cinéma à l’IDHEC, puis la philosophie à la Sorbonne avant de l’enseigner dans son pays d’origine.

NB. Ce texte a été rédigé en Mars 2009 et mis-à-jour en Mai 2019-et en aout 2019

Richard-Viktor Sainsily-Cayol Créateur en Arts Visuels / Guadeloupe

Artiste visuel – Scénographe – Coloriste Conseil (ENSBA / ENSAD)

Entreprise Saint-Barth ExactColor

• Membre du CFC – AIC : (Centre Français de la Couleur / Association Internationale de la Couleur).

• Membre du CEREAP : (Centre d’Etudes et de Recherches en Esthétique et en Arts Plastiques).

• Membre de l’AAE : (Association des Anciens Elèves de l’ENSAD / Arts Déco de Paris).

• Membre sociétaire de l’ADAGP : (Société Des Auteurs en Arts Graphiques et Plastiques).

Cellulaire : +590 690 355 848

richard-viktor@sainsily-cayol.com 

By Richard-Viktor Sainsily Cayol*

Artiste visuel protéiforme.

(Guadeloupe, Aout 2019)

 

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