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Guadeloupe. La sélection CCN d’ouvrages pour redécouvrir le plaisir de lire !

Guadeloupe. La sélection CCN d’ouvrages pour redécouvrir le plaisir de lire !

Guadeloupe. La sélection CCN d’ouvrages pour redécouvrir le plaisir de lire !

Guadeloupe. Livres. Vendredi 29 juillet 2022. CCN. Et si pour une fois on éteignait la télé, on mettait le smartphone sur silence, et après avoir lu cet article de CCN, on quittait son ordi. Cette totale et nécessaire déconnection serait ainsi l’occasion rêvée pour s’adonner au plaisir de la lecture. Ainsi donc, aux CCNautes nous proposons ci dessous une mini sélection d’ouvrages qui méritent d’être lus, ou consultés ennuyeux. Qu’on se le dise notre choix est subjectif et puis tous ces “books” même s’is ne sont pas tous récents,aucun ne nous a semblé ennuyeux. Bonnes lectures de vacances ou même au delà ! 

Histoire/Politique : “Femme de syndicaliste” de Pauline Lima 192 pages. L’harmattan

L’auteure qui n’est autre que l’épouse du célèbre leader politico syndical Paul Tomiche, nous fait revivre de l’intérieur et avec une touche d’émotion les combats politiques et syndicaux menés pendant prés d’un demi siècle par l’homme qui a partagé sa vie..  Comme précisé dans la préface, par Julie Tomiche ( journaliste et petite fille du syndicaliste ) il ne s’agit pas d’une biographie mais d’une forme nouvelle appelée pour la circonstance « couple graphie ». Une esquisse du parcours commun et amoureux de Paul Tomiche et de Pauline Lima.  Un ouvrage qui révèle au fil du récit, un visage plus intimiste de ce combattant très engagé qu’a été ce syndicaliste. En lisant cet ouvrage, comment ne pas penser à tous ces autres syndicalistes tels que Charles Balagne ( UTA ) Robert Mornal, Ternisien Nomertin,(UGTG), René Chicaté, Jean Cavaillon, Prosper Camerol (UTA/UPG) qui ont combattu les usiniers au début des années 70 dans le nord Basse Terre et dont on s’en souvient à peine.

Mouvement National Guadeloupéencontribution à L’histoire Politique. d’Eric Desfontaines. Editions Nestor. 207 pages

Sorti peu avant la pandémie, cet ouvrage n’a pas eu tout l’écho nécessaire.L’auteur qui a été secrétaire général du SGEG, puis secrétaire national de l’UPLG, retrace au fil de pages une chronologie somme toute assez complète du Mouvement Nationaliste, mais tout particulièrement de l’’UPLG de 1978 à 1992. Mais la dimension critique ou même analytique sont totalement absentes de cet ouvrage, (le contraire eût d’ailleurs été étonnant) c’est. tout de de même un très bon album de textes et d’images sur cette période. L’ouvrage renseigne convenablement sur ces moments de notre histoire récente et qui n’ont pas encore été traités par les historiens ; « Pas de révélations » fracassantes dans ce livre ce n’en est pas le but, mais, mais une remontée historique assez parfaite de cette époque… En lisant le livre, on se rappelle de la mort en juillet 1984 de 4 militants UPLG. L’auteur se contente de re- publier des communiqués de presse de l’UPLG, sans jamais tenter la moindre explication sur les motivations très secrètes (le sont-elles encore aujourd’hui?) qui ont poussé l’UPLG alors opposée aux attentats de l’Alliance Révolutionnaire. Caraïbe ( ARC) à vouloir à son tour poser des bombes.Le bouquin de Desfontaines ne dit pas un seul mot sur le contexte En effet, quand J. Berthelot, F. Pineau, F. Casimir et S. Uranie explosent avec leurs bombes,  les représentants du colonialisme français venaient de signer un ”accord” de cessez-le-feu avec l’ARC ! Quoi qu’il en soit cet ouvrage est tout de même indispensable pour commencer à bien comprendre ce qu’ aura été l’UPLG des années 80/90.

« Baimbridge Cho » de José Baptistide. Editions Nestor 133 Pages

L’auteur raconte avec force de détails et de documents le mouvement lycéen et étudiant du premier trimestre de l’année 1971. C’est donc aussi une excellente contribution à l’histoire très contemporaine de la Guadeloupe. Car ces événements de Baimbridge intervenant peu de temps après la création de l’UTA premier syndicat patriotique de type nouveau, démontrent textes analyses et documents à l’appui comment la section communiste de Pointe à Pitre sous la férule de Daniel Génies, fut comme en mai 67 un véritable supplétif du système répressif colonial. Le livre de José Baptistide est une vraie enquête sur cette période troublée. Certains acteurs aujourd’hui retraités, d’autres disparus sont très présents par leur action décrite avec une extrême précision. A tous ceux qui ignorent tout de ce mouvement lycéen radical et des actions répressives sans équivoque du PCG,  à lire d’urgence

Autopsie d’un crash aérien. Sous la direction de Ronald Selbonne. Editions Jasor.  333 pages.

60 ans après, Ronald Selbonne qui fut journaliste dans une autre vie a exhumé et rassemblé tous les témoignages relatifs à cet accident (attentat?) du 22 juin 1961 quand un Boeing 707 d’Air France s’est écrasé (après explosion?) à Deshaies.

Le livre laisse ouvertes toutes les hypothèses, puisque l’un des partisans de l’attentat ( l’historien René Bélenus) livre les fruits de sa recherche. Ceux qui n’écartent pas la thèse de l’accident suite a une erreur de pilotage (Daniel Andréa) donnent une version toute autre. Ce qui est important à signaler, c’est le nombre de témoignages recensés et qui parfois se contredisent complètement.” L’autopsie “de ce crash aérien est réellement bien faite. Mais ce livre de R. Selbonne complète,  en quelque sorte un précédent “Albert Béville alias Paul Niger” publié en 2013  (Ibis Rouge) et ainsi toutes les explications et analyses sur la “ disparition” de ces deux militants anticolonialistes, le Guyanais Justin Catayée et le Guadeloupéen Albert. Beville, sont fournies dans ce remarquable livre-enquête.

Histoire de l’Amérique Noire des plantations à la culture RAP de Pascal Archimede. (Nofi Group) 135 pages;

Quand il publie ce petit ouvrage ( en 2019) l’auteur vivait aux Etats Unis.. C’est encore un livre très peu connu en Guadeloupe; P. Archimède, nous retrace succintement l’histoire des“ afro americains, qui eux ont subi l’esclavage sur le sol americain. On comprend alors mieux ce qu’a été ( et est encore) la vie des “niggers” dans cette société américaine.  Mais l’autre dimension, de ce livre, c’est le focus fait dés le chapitre 3 sur le rôle et l’importance de la musique chez nos “brothers” Afro Américains. C’est là tout l’intérêt de cet ouvrage très explicatif sur la dimension et la portée sociale des musiques noires aux Etats Unis. Les 2ème et 3èmeparties sont une véritable incursion analytique sur le Rap,  considéré comme le signe de l’émergence d’une nouvelle culture noire. Le bouquin se termine par une remarquable bibliographie sur les Afro Américains et sur le Rap.

Henri Jean Louis premier Guadeloupéen Panafricain Anticolonialiste et La saga des Baghio’O d e Winny Kaona 130 pages. Editions ADMT

J’avoue que ce livre m’a surpris à double titre. D’abord parce que je ne savais rien ou presque de jean Louis Baghio’o (JLB’O) et je ne crois pas être le seul, et l’autre surprise, vient de l’auteure Winny Kaona (WK), l’héritière officielle de Moune de Rivel, comme elle se présente généralement, est surtout connue pour ses ouvrages sur la biguine. En fait WK n’ a fait que continuer dans un autre registre, politique cette fois, son parcours sur l’œuvre de Moune de Rivel. On apprend en parcourant cette biographie que JLB’o n’est autre que le père de celle qui fut de la grande prêtresse ou l’ambassadrice de la biguine. JLB’o est un personnage surprenant. Il voyage sans arrêt entre l’ Afrique et les Caraibes, et tisse ainsi un vrai réseau politique panafricain avant la lettre ce qui fait (ou qui aurait pu faire) de lui une sorte de Marcus Garvey guadeloupéen. Ce livre tombe à pic, au moment ou les guadeloupéens se réconcilient avec la mère patrie africaine, il est bon de savoir que dés le début du 20ème siècle, cet homme, journaliste, avocat avait fait le job et entrepris la route qui mène à une meilleure connaissance de l’Afrique. Cet homme était un Guadeloupéen pure souche mais le livre de WK ouvre une autre porte celle de saga africaine des BAghio’O. On saura peut être un jour, le sens cache du ”O” de Baghi’o.

Ronald Selbonne. “Mariegalanteries”  Editions Jasor.  455 pages

Désormais pour aborder  l’histoire de Marie Galante, de ses écrivains, des gens qui ont compté dans la grande île de la Guadeloupe, le “ Marigalanteries” s’avère quasiment incontournable .  Pour réaliser ce  gros bouquin R. Selbonne  a  recensé, recherché  ,traqué  au fil du temps et  (re) trouvé   tous ceux ( ou presque)   qui dans leurs textes:: poèmes, discours, interventions, histoires, ont écrit sur Marie Galante.Le résultat est  vraiment impressionnant.  Dès Le XVIe siècle, aux aurores de la  colonisation , le Dr Diego Alvarez Chanca qui était le médecin officiel de Christophe Colomb écrit dans une lettre  le 3 nov 1493 “ Dans cette île,( ces Mancenilles) les bois étaient tellement touffus que c’était merveille….( ) dans cette île nous ne vîmes gens ni ni trace d’hommes… L’ouvrage  est donc  plus qu’une simple compilation, et textes rassemblés mais une  sorte de  livre -bibliothèque, qui éclaire sur le passé le présent de Marie-Galante. Un ouvrage  qui fera date  à coup sûr.

Les poèmes de l’OR et autres récits… Au bord de l’âme de Laure Tarer. 150 pages. Editions Nestor

On se laisse aller à rêver en lisant ces textes poétiques de Laure Tarer, qui étonne agréablement par la tonalité de ses écrits.

C’est à la fois délicat, incisif, profond, parfois revendicatif ou simplement amoureux.
Son parcours poétique dans ce livre, oui c’est de “l’or” en vers. J’ai vraiment adoré cette écriture féminine poétique, d’une infinie douceur, mais pas que , car dans la partie consacrée à la Révolte (poétique bien sur! ) Laure Tarer garde une écriture… aurifère, arrive à nous passionner, et nous oblige à lever le poing et à hausser le ton.

Ce recueil de textes poético -dorés est une petite merveille…l’auteur n’hésite pas à se livrer

presque sans voile. Un vrai bonheur, comme elle l’écrit page 129 : ” j’ai simplement envie que tes mots soient des mains tendres et affectueuses” ou encore cet ode à l’amour ”page 133” : « viens construisons des ponts d’amour au dessus des rivières de bonheur »…

D’autres fois, l’auteure nous parle avec une infinie tristesse, comment ne pas se sentir comme concerné ; c’est tout l’art de la poésie de Laure ( l’or?) : “aime moi avec mes blessures,  mes éclaboussures, mes morsures, mes fêlures…”

A lire au coucher du soleil face à la mer !

2/ les beaux livres


Musée (ex) Schoelcher: Renaissance; environ 180 pages, Edition Hervé Chopin

Le Bâtiment FaceA  recto

Le Bâtiment Face B verso

(un livre devenu  invisible  pour   un  musée qui change  de nom)

Ce  très bel ouvrage, bien illustré avec de remarquables  photos de Daniel Dabriou est un ouvrage collectif qui aurait dû être mis en vente lors de l’inauguration du musée mais  entretemps il y  a eu une  élection cantonale, Josette Borel a été battue. L’ouvrage qui commençait à circuler a été  pratiquement retiré de la vente et la réouverture de l’ex Musee Schoelcher reportée à une date ultérieure. On sait maintenant que le  nouveau Musée ne devrait plus porter le patronyme de Schoëlcher,  puisque Guy Losbar, le nouveau président du CD,  souhaite renommer le lieu. Cette décision est compréhensible quand on sait que Schoëlcher tout en contribuant à “l’abolition”(?) de l’esclavage en 1848,  a accepté que les esclavagistes soient indemnisés. En fait, c’est à se demander, si ce livre  a toujours sa raison d’être,  car si le musée change de nom, que faire d’un ouvrage qui présente ce lieu   qui ne porte plus  son nom originel?

Ces éléments n’enlèvent rien à la qualité du livre, qui devient dès lors un “ collector”. On retiendra les contributions des historiens:  René Bélenus, Nelly Schmidt ,Marcel Dorigny. On devrait en savoir bientôt davantage sur cet ouvrage de qualité et sur le Musée éponyme.

BLACK POWER, l’Avènement  de la pop culture Noire Américaine de Sophie Rosemont 192 pages. GM éditions

Encore un beau livre  qu’on peut considérer comme indispensable pour mieux (ou bien) connaître (voire découvrir) la culture afro-américaine des dernières décennies et ce dans toutes dans toutes ses dimensions. L’auteure Sophie Rosemont démarre son voyage au milieu des années 50. A cette époque, l’idéologie Black  Power n’avait pas encore vraiment émergé chez les afro américains.Il faut se rappeler que dans son célèbre ouvrage “Next time fire” (La prochaine fois le feu) James Baldwin écrivait déjà  en 1963 :” la seule chose  qu’ont les Blancs, dont les Noirs aient besoin ou qu’ils pourraient souhaiter, c’est le pouvoir”

Et Nile e Rodgers du groupe Chic, dans la préface du book précise que le Black Power est une force intérieure...” Et il ajoute que cet “esprit Black Power, a été incarné avant la lettre car des artistes tels que John Coltrane, Miles Davis, Leroy Jones, The  Last Poets, James Brown…” ces artistes sont d’ailleurs tous présents dans cet ouvrage qui d’une certaine manière est le récit d’une partie du “rêve américain” du point de vue de l’apport de la culture et du génie noirs dans l’Amérique Blanche…En ce sens  ce livre pourrait presque passer pour une sorte d’encyclopédie de l’Afro Américanisme… Mais cet ouvrage n’investit pas que la musique Afro Américaine, l’auteure explore tous les registres et c’est ce qui confère à  son book  une dimension socio politique et en fait un livre de référence.

Précieuse  Guadeloupe : les trésors naturels de notre archipel.167  pages Hervé Chopin Editeur

Tout comme le beau livre sur L’ex Musée Schoelcher, cet ouvrage est le fruit  d’une commande  de  Josette Borel Lincertin,  qui était alors présidente du Conseil Général.

“Précieuse Guadeloupe” est  donc un livre- pépite  sur un archipel  nommé Guadeloupe et qui donne vraiment envie d’y être né et d ‘y vivre. les images de paysages et d’animaux sont sublimissimes. Un bouquin patrimonial.

Guadeloupe-Années 30 : ALI TUR l’architecte d’une reconstruction de Michèle Robin -Clerc. Collections Entraxe. 246 pages

Il Faut d’abord saluer l’important  travail  de l’éditrice guadeloupéenne, Guylaine Charbonné,  (Editions ENTRAXE) sollicitée par l’auteure et architecte Michèle Robin Clerc (MRC)  elle a réalisé un ouvrage à la dimension d’Ali TUR. Comme c’est la coutume pour les “beaux livres” l’ouvrage est imposant par  son poids et sa qualité. Son contenu est d’une infinie richesse,  Michèle Robin Clerc, qui avait déjà publié une première version  sur Ali Tur a voulu, donner aux lecteurs guadeloupéens et étrangers, une ouvrage  qui montre  et démontre  tout le travail architectural  réalisé par cet architecte après le terrible  désastre  causé par le  terrible cyclone de 1928, qui avait détruit la Guadeloupe

Ce livre est  donc très  important pour les Guadeloupéens, car l’oeuvre architecturale d’Ali Tur est encore omniprésente dans notre quotidien; Le somptueux Palais du Conseil Général, les Palais de Justice de  Basse Terre et de Pointe à Pitre, le Tribunal (hélas) désaffecté de Port Louis, L’église de Capesterre MG, le presbytère des Abymes, la Mairie de Petit Bourg.. MRC a fait  aussi un travail d’historienne, car elle a TOUT recensé , y compris les plans  des bâtiments… Et  ce travail minutieux a été bien mis en valeur par la qualité de l’ouvrage..et puis MRC nous a aussi expliqué toutes les polémiques politico-financières qui ont entouré  l’oeuvre d’Ali Tur.

En résumé, un ouvrage indispensable, qui permet de regarder notre pays  avec d’autres yeux, car nous sommes dans le présent de notre passé. ET puis il faut ajouter qu’un livre de cette qualité doit connaître d’autres horizons. Ainsi, l’éditrice,  a confié  à CCN qu’une version anglaise est en préparation. il faut le souligner, notre Guadeloupe est l’unique île de la Caraïbe à avoir “bénéficié” du génie architectural Ali Turien..  Encore un livre-patrimoine.

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