Guadeloupe. Municipales. Le Projet Pointois : le challenge de Loïc Martol
Guadeloupe. Municipales. Le Projet Pointois : le challenge de Loïc Martol
Pointe-à-Pitre. Lundi 26 janvier 2026. CCN. Presque 8 jours après la présentation de la liste HD au Yacht Club, c’était au même lieu, mais au tour de Loïc Martol, le leader du Projet Pointois (PP), de faire sa profession de foi, face à des invités VIP très attentifs venus des 4 coins de Pointe-à-Pitre et parfois même de plus loin. Comme il fallait s’y attendre, le bilan des 6 années de la mandature de Harry Durimel (HD) a été totalement passé au peigne fin. Au regard de ce qui a été dit, voire démontré, documents à l’appui, l’actuel maire de la ville n’a pas été à la hauteur des attentes des Pointois. Loïc Martol peut-il remporter ce match ? La réponse dans quelques semaines.
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Pendant un peu plus d’une heure, les partisans du PP qui ont pris la parole en amont de l’intervention de Loïc Martol ont tous été très clairs : HD n’est en rien l’artisan du redressement des finances de la ville. C’est le plan COROM, mis en place par l’État français, qui a très largement contribué à effacer une grosse partie de la dette de la précédente mandature.
Les interventions de Baddi Faddoul (chef d’entreprise, ex-conseiller municipal de HD), de Jean-Marc Soukai (démissionnaire de la majorité HD) et de Marie Eugène Trobo-Thomasseau vont toutes dans le même sens : « en dépit de nombreuses alertes et interpellations, la situation à Pointe-à-Pitre ne s’est pas améliorée ».
François Pelleculier, qui lui aussi a été adjoint de HD et démissionnaire, membre très actif de l’Union des commerçants, a dressé un tableau très lucide et réaliste de la mandature HD, et ce en s’appuyant sur des documents officiels, donc vérifiables. Le constat est désormais sans appel : HD a été incapable de gérer la ville. Les erreurs accumulées au cours de ces 6 années font et feront du mal à Pointe-à-Pitre. Extraits de l’intervention cinglante de F. Pelleculier :
« Je connais de l’intérieur la réalité du fonctionnement de la Ville et les conditions dans lesquelles les décisions ont été prises.
C’est donc en connaissance de cause que je conteste aujourd’hui la paternité du “redressement des comptes” que revendique le maire sortant. Contrairement au récit présenté, ce redressement n’est ni le fruit d’une politique municipale courageuse ni celui de réformes structurelles portées par l’exécutif local. C’est l’État qui a repris la main sur les finances de Pointe-à-Pitre au cours des cinq dernières, plutôt 3 : 2022, 2023, 2024. COROM (contrat de redressement outre-mer). Je prends la parole aujourd’hui avec gravité et responsabilité. Il est de mon devoir d’alerter, avec clarté et rigueur, sur la situation dramatique que traverse notre ville. En tant qu’élu, en tant que citoyen, en tant que témoin du quotidien de nos administrés, je ne peux plus me taire. Il y a un moment où le silence devient complicité. Et ce moment, pour Pointe-à-Pitre, est largement dépassé ».
Selon les documents disponibles, on peut sans crainte qualifier la gestion de HD d’échec budgétaire massif, et cela est signifié et reconnu année après année par la Chambre régionale des comptes.
En fait, depuis 2020, les avis de la Chambre régionale des comptes de la Guadeloupe dressent un constat unanime, accablant. Tous les documents budgétaires produits sous le mandat HD sont marqués par une trajectoire financière désastreuse mais maquillée.
Ainsi, en 2021, malgré un tour de passe-passe comptable, le déficit global atteignait 38,3 millions d’euros, soit 92 % des recettes réelles de fonctionnement. Le document de la CRC est accablant : « Le déficit est d’une ampleur telle qu’il rend impossible tout retour spontané à l’équilibre ».
En 2022, du fait que la Ville n’ait pu voter son budget dans les délais prescrits, c’est le représentant de l’État qui a dû le régler d’autorité.
Selon la CRC, dans son avis n° 2023/0039, le déficit cumulé s’élevait alors à plus de 46,5 millions d’euros. Les comptes restaient en déséquilibre profond : -17,2 millions € en fonctionnement, -7,1 millions € en investissement.
En 2023, malgré une cession patrimoniale artificielle de 30 M€, la section de fonctionnement accusait encore un déficit de -10,7 millions €.
En 2024, les 4,2 M€ de soi-disant bénéfices proviennent de corrections comptables et non d’une amélioration structurelle.
Le budget 2025 n’était pas sincère à l’origine et a dû être corrigé par la CRC pour atteindre l’équilibre. L’investissement est sacrifié : la compression des dépenses d’investissement prive la commune de perspectives de développement.
Voilà donc, en quelques chiffres tous extraits de documents de la CRC, la vérité sur la gestion et le pseudo redressement financier de la ville.
Il reste donc à Loïc Martol et à son PP de pouvoir rendre ce récit très accessible aux Pointois qui n’étaient pas au Yacht Club lors de la présentation. Car HD, qui a utilisé un méga-budget de 300 000 euros pour sa com, il faut le souligner, n’a donc pas encore perdu la bataille. Car malgré tout, il dispose toujours d’un bon socle de soutien dans les quartiers tels que Lauricisque, le fond Laugier, Washington ou le sud-est de la ville…
L’autre problématique pour Loïc Martol et son PP, c’est sa capacité à fédérer et donc à rassembler autour de son projet tous les déçus de la mandature HD encore en stand-by. Les jours et semaines à venir seront donc décisifs. Aucun match n’est gagné avant d’être joué. Philippe Martol (son père), qui a été à son époque un sportif de haut niveau, en sait quelque chose.
DZ
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