Guadeloupe. Mémorial ACTe : pourquoi l’abstention de la France à l’ONU sur l’esclavage est « incompréhensible »
Guadeloupe. Mémorial ACTe : pourquoi l’abstention de la France à l’ONU sur l’esclavage est « incompréhensible »
Pointe-à-Pitre. jeudi 02 avril 2026 | CCN.
L’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution historique sur la traite négrière. La France s’est abstenue. Une position que le Mémorial ACTe juge contraire à la loi Taubira. Dans une lettre au Président, l’institution guadeloupéenne demande des actes clairs et une réforme constitutionnelle.
« Le Mémorial ACTe dénonce l’abstention de la France à l’ONU sur l’esclavage. »
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« Mémorial ACTe : pourquoi l’abstention française à l’ONU sur l’esclavage est un problème »
Le 27 mars 2026, le Mémorial ACTe a écrit au Président de la République. Trois jours plus tôt, la France s’était abstenue lors d’un vote historique à l’ONU.
La résolution, adoptée par 123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions, reconnaît la traite négrière et l’esclavage racialisé comme « l’un des crimes les plus graves contre l’humanité ». Elle appelle à des mesures de justice réparatrice.
« L’abstention, lorsqu’il s’agit d’un crime-monde, n’est jamais neutre : elle devient un langage », écrivent les responsables du Mémorial.
Le Mémorial ACTe rappelle la loi Taubira
En 2019, Emmanuel Macron qualifiait le Mémorial ACTe d’« interlocuteur capital ». Aujourd’hui, l’institution dénonce une contradiction.
La France a été le premier pays à reconnaître l’esclavage comme crime contre l’humanité, avec la loi Taubira du 21 mai 2001. Pourtant, elle s’est abstenue à l’ONU.
« La France, patrie des droits de l’Homme, ne peut demeurer spectatrice », insiste la lettre.
Cinq actions concrètes demandées à l’exécutif
Pour sortir d’une « mémoire incomplète », le Mémorial ACTe propose :
Clarifier publiquement la position de la France.
Soutenir la justice mémorielle internationale.
Renforcer l’éducation et la transmission.
Accélérer les coopérations patrimoniales (archives, œuvres).
Ouvrir un dialogue national et international sur les réparations.
« Il ne s’agit pas de culpabiliser, mais de responsabiliser. »
Une réforme constitutionnelle réclamée
La lettre aborde aussi un point juridique sensible. En 2017, le Conseil constitutionnel a censuré l’extension du délit de négationnisme à l’esclavage colonial, jugeant l’atteinte à la liberté d’expression disproportionnée.
Pour Raphaël Lapin, président du Mémorial ACTe, cette censure est « incompréhensible ». Il plaide pour une réforme constitutionnelle inscrivant l’esclavage comme crime contre l’humanité.
« Ce serait l’honneur et la dignité de la République que de regarder l’histoire en face. »
La cohérence républicaine en jeu
La lettre conclut sans colère mais avec fermeté : il ne s’agit pas d’une querelle, mais d’une exigence de vérité.
« Sur ce sujet, il ne s’agit pas seulement d’histoire : il s’agit de cohérence républicaine. »
Le Mémorial ACTe se dit prêt à être un partenaire de l’État pour traduire ces orientations en actes concrets, en Guadeloupe et ailleurs.

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