Trinité-et-Tobago. Géopolitique. Une île au cœur des ambitions américaines ?
Trinité-et-Tobago. Géopolitique. Une île au cœur des ambitions américaines ?
Pointe-à-pitre, jeudi 13 novembre 2025. CCN – Les Caraïbes, longtemps perçues comme un « bouclier » défensif contre l’influence américaine grâce aux alliances Caracas-La Havane et à des initiatives comme l’ALBA–TCP ou PETROCARIBE, montrent aujourd’hui des fissures inquiétantes. Le cas de Trinité-et-Tobago illustre ce tournant géopolitique.
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Autrefois positionné de manière relativement neutre ou progressiste, l’archipel est devenu un allié marqué des États-Unis depuis l’arrivée au pouvoir de la première ministre Kamla Persad-Bissesar. Ce basculement s’explique à la fois par des intérêts stratégiques et économiques : Trinité-et-Tobago possède d’importantes réserves de pétrole et de gaz, et sa position géographique en fait une tête de pont potentielle face au Venezuela.
Selon Shabaka Kambon, fondateur du Caribbean Freedom Project, le gouvernement trinidadien a progressivement adopté une politique sécuritaire stricte, déployant la police dans les centres éducatifs et envisageant des mesures migratoires sévères. Sur le plan international, des accords militaires et des manœuvres conjointes avec le Commandement Sud américain, incluant le déploiement du destroyer USS Gravely, confirment cet alignement.
L’activiste souligne que cette coopération militaire est asymétrique et potentiellement néo-coloniale, masquant derrière le prétexte de « menaces régionales partagées » des intérêts stratégiques et économiques américains. Le retour d’ExxonMobil avec un investissement de 42,5 millions de dollars et les discussions sur l’exploitation du gisement de gaz Campo Dragón illustrent l’enjeu central : les hydrocarbures.
Ce repositionnement a déjà eu des conséquences : Nicolas Maduro, président du venezuela, a annulé un accord énergétique de 2015, marquant un coup dur pour l’économie trinidadienne. À plus long terme, tout conflit potentiel avec le Venezuela pourrait provoquer une instabilité migratoire et sécuritaire dans la région.
Pour Kambon, le plus grand risque serait que Trinité-et-Tobago permette l’utilisation de son territoire ou de ses eaux pour soutenir d’éventuelles opérations américaines, une perspective largement rejetée par la société civile et la population. Les Caraïbes, jadis constellation souverainiste, voient donc leur « bouclier » se fissurer, exposant la région à des tensions inédites.
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