Imane Sioudan et Danik Zandwonis

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Guadeloupe • Politique. Adrien Baron propose un nouveau contrat social.

Adrien Baron, maire de Sainte-Rose, président de la CANBT et vice-président du Conseil départemental

Guadeloupe • Politique. Adrien Baron propose un nouveau contrat social.

Guadeloupe • Politique. Adrien Baron propose un nouveau contrat social.

Adrien Baron, maire de Sainte-Rose, président de la CANBT et vice-président du Conseil départemental
Adrien Baron, maire de Sainte-Rose et président de la CANBT, propose un nouveau contrat social guadeloupéen

Guadeloupe • Politique. Adrien Baron propose un nouveau contrat social.

Sainte-Rose. Lundi 12 octobre 2026 | CCN. 

Dans une lettre ouverte au ton grave, Adrien Baron dresse un constat alarmant de la situation en Guadeloupe. Agressions à main armée contre des personnes âgées, tirs d’armes automatiques visant policiers et gendarmes, un homme sans domicile fixe battu à mort, affrontements entre lycéens et forces de l’ordre : pour le maire de Sainte-Rose, président de la CANBT et vice-président du Conseil départemental, l’archipel a franchi un nouveau seuil dans l’escalade de la violence. Refusant à la fois la résignation et les projets de blocage du pays, l’élu propose un « nouveau contrat social guadeloupéen », assorti de six mesures et d’une feuille de route à 90 jours.

Source : Lettre ouverte d’Adrien Baron, maire de Sainte-Rose, président de la CANBT et vice-président du Conseil départemental – octobre 2026.

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Pour Adrien Baron, la Guadeloupe traverse « une période particulièrement préoccupante de son histoire ». L’élu s’inquiète surtout d’une forme de banalisation : des faits d’une extrême gravité qui finissent, selon lui, par ne plus indigner, comme s’il ne s’agissait que d’une succession de faits divers. À cette banalisation s’ajouterait une peur désormais installée dans les familles, qui ne savent plus comment faire face à leurs propres enfants.

Une violence « multiforme » selon Adrien Baron

Au-delà de la violence criminelle, le maire de Sainte-Rose pointe une violence du quotidien, moins spectaculaire mais lourde de conséquences sociales : les coupures d’eau à répétition, le poids des prix des carburants et des produits de première nécessité sur le pouvoir d’achat, le manque de perspectives de formation et d’insertion pour la jeunesse, ou encore la fragilité économique des entrepreneurs, artisans, commerçants et agriculteurs.

Ces réalités ne sauraient justifier les agressions ni les atteintes aux personnes et aux biens, insiste l’élu. Elles ne peuvent pas davantage, à ses yeux, trouver de réponse dans des projets de blocage du pays en pleine précampagne présidentielle, qu’il juge susceptibles d’alimenter une violence déjà banalisée. « Dans une Guadeloupe aussi fragilisée, comment imaginer que le KO serait la solution ? », interroge-t-il.

Adrien Baron appelle à un nouveau contrat social pour la Guadeloupe

Présenté comme une contribution « amendable et modifiable », ce nouveau contrat social repose, selon son auteur, sur l’implication de tous. En premier lieu l’État, qui ne pourrait se retrancher derrière la crise des finances publiques pour se désengager face aux urgences sociales, économiques et sécuritaires du territoire. Adrien Baron rappelle que la Guadeloupe ne réclame ni privilège ni traitement de faveur, mais la même dignité, la même protection et les mêmes perspectives d’avenir qu’ailleurs sur le territoire national.

Viennent ensuite les collectivités, les acteurs économiques, les partenaires sociaux, les associations et les syndicats. Enfin, l’élu interpelle directement les parents, estimant qu’ils portent une part de responsabilité dans le glissement d’une partie de la jeunesse, et appelle à une nouvelle éducation, une meilleure prévention et davantage de fermeté.

S’il réclame une réponse ferme face à la criminalité et exprime son soutien aux forces de l’ordre, tout en rappelant l’exigence de proportionnalité, Adrien Baron considère que la sécurité ne se construira pas durablement par la seule répression. Elle passe aussi, selon lui, par la prévention, l’éducation, l’insertion professionnelle, la lutte contre les inégalités, et un traitement enfin à la hauteur des questions de l’eau et de la vie chère.

Six propositions concrètes

Un « Pacte guadeloupéen pour la paix sociale et la dignité humaine ». Il réunirait les forces vives autour de cinq priorités : la sécurité, la jeunesse, la dignité (eau, vie chère, précarité), l’éducation et la responsabilité de l’État. Il devrait déboucher sur un calendrier public, des responsables identifiés et une évaluation régulière.

Des « États généraux de la cohésion sociale et de la sécurité ». Convoqués sous 30 jours, ils rassembleraient élus, services de l’État, syndicats, acteurs économiques, jeunes, associations et citoyens, avec pour mission de produire dix engagements opérationnels, financés et évaluables, restitués publiquement sous 60 jours. Le préfet et les représentants de l’autorité judiciaire y seraient solennellement invités.

Un « Plan d’urgence pour 1 000 jeunes guadeloupéens issus des quartiers prioritaires ». Sur 24 mois, chaque jeune exposé au décrochage, à l’exclusion ou à la délinquance bénéficierait d’un parcours individualisé : remise à niveau, apprentissage, formation professionnelle, chantiers d’insertion, travaux d’intérêt général. Le dispositif s’appuierait sur l’existant, en imposant la mutualisation des moyens entre l’État, la Région, le Département, les intercommunalités, les Missions locales et les entreprises.

Un « Contrat exceptionnel de responsabilité de l’État envers la Guadeloupe ». Il comprendrait un plan pluriannuel de lutte contre les armes et les trafics, un financement renforcé de la prévention et de l’insertion, notamment par un retour des contrats aidés en outre-mer, des engagements vérifiables sur l’accès à l’eau et aux services publics, une réponse structurelle à la vie chère, ainsi qu’une évaluation publique tous les six mois.

Une « Journée guadeloupéenne du sursaut collectif ». Communes, écoles, associations, entreprises, communautés religieuses et citoyens organiseraient des actions à une date commune, chaque participant s’engageant concrètement : accueillir un jeune en stage, parrainer un projet, ouvrir une activité sportive, accompagner une famille ou soutenir une victime.

Un appel solennel aux artistes guadeloupéens. Constatant que les jeunes s’identifient souvent davantage à leurs artistes qu’aux responsables institutionnels, et que certaines paroles peuvent banaliser les armes ou la violence, Adrien Baron propose, sans stigmatiser un genre musical ni censurer, un hymne collectif contre la violence, une opération « Un artiste, un quartier, un message », un label « Artiste engagé pour la paix » ouvrant droit à des aides, et un grand concert gratuit.

Une feuille de route à 90 jours

L’élu détaille un calendrier en quatre temps : un appel au rassemblement des élus et des forces vives « sans distinction politique » sous 15 jours, accompagné d’un courrier aux candidats à l’élection présidentielle ; une conférence territoriale d’urgence sous 30 jours, chargée de constituer une délégation auprès du Gouvernement ; la signature du pacte sous 60 jours, avec publication des mesures, des responsables et des financements ; enfin, le lancement des premiers parcours jeunesse et dispositifs de prévention sous 90 jours.

Adrien Baron souligne que ces propositions ne sont pas nouvelles et que certaines avaient déjà été pensées, voire actées, lors du mouvement social de 2009 porté par le LKP. Selon lui, nul besoin de bloquer à nouveau la Guadeloupe pour les obtenir : leur réalisation dépendrait d’abord d’une volonté collective. Il estime enfin que la période électorale qui s’ouvre est propice pour obtenir de chaque candidat à la présidentielle un engagement sur une plateforme de doléances qu’il qualifie de « non négociable ».

Source : Lettre ouverte d’Adrien Baron, maire de Sainte-Rose, président de la CANBT et vice-président du Conseil départemental – octobre 2026

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