Guadeloupe. Justice. Affaire Klodo : les deux gendarmes mis en examen
Guadeloupe. Justice. Affaire Klodo : les deux gendarmes mis en examen
Basse-Terre. Lundi 31 août 2026 | CCN.
L’affaire Klodo connaît un tournant majeur en Guadeloupe : six ans après la mort de Claude Jean-Pierre, victime d’un contrôle routier à Deshaies, les deux gendarmes impliqués dans son interpellation ont été mis en examen pour homicide involontaire, le 28 août 2026. Cette décision, obtenue après le dépaysement du dossier à Versailles, est saluée comme une première victoire par la famille du défunt et plusieurs organisations politiques et associatives, qui appellent toutefois à rester vigilantes jusqu’au procès.
Source : Communiqués de presse des Insoumis de Guadeloupe, de l’ANG et de l’UPLG – 28 et 29 août 2026.
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L’affaire Klodo connaît une avancée judiciaire majeure en Guadeloupe. Six ans après la mort de Claude Jean-Pierre, 67 ans, à la suite d’un contrôle routier à Deshaies, les deux gendarmes impliqués dans son interpellation ont été mis en examen pour homicide involontaire le 28 août 2026, après avoir été placés sous le statut de témoins assistés. Ils ont été entendus en Guadeloupe dans le cadre de la poursuite de l’instruction.
Deshaies, 21 novembre 2020 : le contrôle routier qui a coûté la vie à Klodo
Le 21 novembre 2020, Claude Jean-Pierre, retraité de 67 ans surnommé « Klodo », est extrait de son véhicule par deux gendarmes lors d’un contrôle routier à Deshaies. Selon les organisations mobilisées sur ce dossier, dont l’Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe (UPLG), l’interpellation aurait été d’une violence disproportionnée, incluant des manœuvres au niveau du col et des cervicales qui auraient laissé la victime paralysée. Transporté au CHU dans un état grave, Claude Jean-Pierre décède douze jours plus tard, le 3 décembre 2020. Le procureur de l’époque, Xavier Sicot, avait pour sa part indiqué que l’arrestation s’était déroulée normalement, sans violence excessive, une version contestée depuis par la famille et les collectifs mobilisés.
Une mise en examen six ans après les faits
Le dossier a connu plusieurs rebondissements procéduraux : changements de magistrats, rapports d’expertise contestés par la partie civile et une demande de non-lieu formulée par le parquet en 2023. Une nouvelle juge d’instruction a finalement décidé, le 28 août 2026, de mettre en examen les deux gendarmes que l’UPLG identifie, dans son communiqué, comme étant les gendarmes Charlier et Boyer. Plusieurs organisations évoquent également l’existence d’une vidéosurveillance de l’arrestation, que les autorités n’auraient jamais rendue publique.
Une décision saluée par les Insoumis de Guadeloupe, l’ANG et l’UPLG
Dans un communiqué diffusé le 28 août depuis Abymes, Les Insoumis de Guadeloupe (signé par Nadège Montout, Michel Tola et Yanetti Paisley) saluent « une étape majeure vers la vérité et la justice » et rappellent qu’une mise en examen n’est pas une condamnation : selon le mouvement, l’instruction doit désormais se poursuivre « sans pression et sans traitement de faveur » lorsque des agents de l’État sont mis en cause.
L’Alyans Nasyonal Gwadloup (ANG), depuis Raizet, parle d’une lutte qui « paie » après presque six ans de mobilisation. L’organisation, membre du Kolektif Gwadloup Kont Vyolans a Jandam, étend son soutien à la famille Jean-Pierre ainsi qu’aux familles Azor, Cely et Argelier, qu’elle présente comme concernées par des faits similaires impliquant des gendarmes.
L’UPLG, depuis Sainte-Anne, qualifie de son côté cette mise en examen de premier pas arraché, selon ses termes, à « la justice coloniale française », et rend hommage à la détermination de Fatia Alcabélard, fille de la victime, et de Christophe Sinnan, son compagnon, ainsi qu’au Kolektif Gwadloup Kont Vyolans a Jandam.
Une mobilisation qui promet de se poursuivre jusqu’au procès
Les trois organisations convergent sur un point : la mise en examen ne marque qu’une étape, non une issue. Les Insoumis de Guadeloupe insistent sur l’indépendance nécessaire de la suite de l’instruction, tandis que l’ANG et l’UPLG annoncent une mobilisation « entière, vigilante et active » jusqu’à la tenue d’un procès et une éventuelle condamnation des deux gendarmes mis en cause. Le collectif Jistis pou Klodo, porté depuis le début par Fatia Alcabélard et ses proches, reste au centre de cette mobilisation.
Source : Communiqués de presse des Insoumis de Guadeloupe, de l’ANG et de l’UPLG — 28 et 29 août 2026

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