Blanc-bonnet et bonnet-Blandin, le MEDEF en campagne électorale ?
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Les journalistes présents à la conférence de presse tenue par certaines organisations patronales vendredi dernier ont assisté ahuris à un début de remake de la campagne contre l’évolution institutionnelle qu’avait orchestrée Victorin Lurel en 2003.
Comme rien n’arrive par hasard, Victor Venutolo en tête, président de la CGPME et par ailleurs très proche de Lurel, qui le premier a affirmé que faute d’avoir été consulté par les élus, le monde économique qu’ils considèrent représenter à eux seuls, était donc vent debout contre toute évolution institutionnelle. Cet élément du discours a été à plusieurs reprises répété histoire d’essayer de convaincre par la récurrence les journalistes présents
Pourtant, cette affirmation, qui n’en est pas une, s’avère totalement erronée : les forces économiques ont bien été consultées dans le cadre du congrès et ce dès 2023, comme en attestent les rapports aux différents congrès et leurs annexes. Les documents existent et sont la preuve irrévocable de ce qui s’apparente à une tentative de manipulation de l’opinion.
On sait que depuis des décennies qu’une grande partie du pouvoir économique de notre pays est concentrée entre les mains de certains guadeloupéens « bon teint », représentés par le Medef de Bruno Blandin.
Cependant dans toute société le monde économique occupe une place importante et doit naturellement contribuer positivement à son évolution.
Mais il faut tout de même avouer que cette prise de position de Bruno Blandin est sidérante quand on sait qu’il ne cesse de se proclamer « patriote » et qu’il milite pour une Guadeloupe plus autonome, dotée d’une zone franche globale, capable d’adapter les normes françaises et européennes à la réalité de notre archipel. La question que nous posons à Blandin est : est-ce possible dans le cadre institutionnel et statutaire actuel ?
Les éternels vieux arguments du « chat an sak », du largage de la France et de la perte des avantages sociaux ont même été une fois de plus ressortis pour l’occasion…
Doit-on s’attendre à ce que ces arguments Lurelistes de la peur produisent sur le peuple gwadloupéyen les mêmes effets qu’en 2003.
La réalité est toute autre. Les guadeloupéens ont mûri depuis 2003 (il y aussi eu le mouvement social historique de 2009). Notre peuple bien que toujours colonisé a pris conscience que le système actuel est arrivé au bout de ce qu’il pouvait produire.
Agiter le chiffon bleu blanc rouge de la peur ne devrait donc plus suffire.
Sauf que certains de ces privilégiés continuent de bénéficier plus que d’autres des avantages que leur procure ce système dit de la colonie départementalisée, et ils sont donc prêts à tout pour ne pas perdre leurs avantages.
Mais la soudaine prise de position médiatique des grands patrons, et cela à quelques jours du démarrage de campagne de municipales, oblige à s’interroger : D’où viennent les ordres ? A qui cette campagne doit-elle profiter ? Mais allons plus loin. Le Medef a annoncé vouloir faire part au président des français de son attachement à l’article 73 de de la constitution française.
Est-ce une manière de (re) brouiller les cartes au moment où précisément Guy Losbar a entamé une série de discussions avec les représentants du gouvernement français ? Macron qui a déjà fait la preuve qu’il est issu de la sphère des riches et des patrons peut-il tout bousculer ?
Il ne faut jamais perdre de vue que les gouvernements français de tous les temps ont une très riche expérience historique du colonialisme, du néo-colonialisme et de la manipulation des colonisés.
Ainsi donc, tout en faisant mine d’aller dans le sens du congrès des élus, Macron peut aussi bien garder l’écoute du MEDEF et remettre les compteurs à zéro.
Sa ki an bek pa janmé an fal
Ce qui se passe à Kanaky depuis des mois, avec tous les atermoiements du pouvoir colonial sont la preuve du manque total de sincérité du gouvernement français. Lurel et ses amis patrons ne peuvent pas l’ignorer.
Es bod lanmè lwen ou pré ?

