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Guadeloupe. Enquête RSA. Les galères de Jess et son combat pour s’en sortir

Guadeloupe. Enquête RSA. Les galères de Jess et son combat pour s’en sortir.

Guadeloupe. Enquête RSA. Les galères de Jess et son combat pour s'en sortir

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Moule. Lundi 13 mai 2024. CCN. Après Lyanna et Sabine c’est au tour de Jess, 38 ans devenue chef d’entreprise de raconter à CCN, comment elle a pu en se battant sans relâche pour surmonter toutes les difficultés. Depuis l’âge de 25 ans, maman pour la première fois d’une petite fille et sans revenu, elle se retrouve au RSA. Sans autre aide, elle va tout faire pour gagner sa vie et élever son enfant. Sans réel accompagnement, elle tente de trouver des ressources pour rester debout chaque jour. Aujourd’hui, elle a franchi le cap de la création d’activités. Elle a accepté de partager avec CCN son cheminement. Ce n’était pas simple mais elle croit en l’avenir. 

CCN. Quel a été votre parcours scolaire ?

Jess. J’ai quitté l’école après un bac professionnel, que je n’ai pas obtenu. A 25 ans j’ai été enceinte et je me suis retrouvée à assumer la responsabilité de mon enfant.

CCN. C’est à ce moment que vous devenez allocataire du RSA ?

Jess : Oui, en déclarant ma grossesse à la CAF en 2011, des droits au RSA m’ont été attribués ; je percevais 800 euros environ par mois

CCN. Compliqué pour vous ?

Jess. Très compliqué, sans emploi, avec un enfant et des charges à assumer, rien n’est simple… J’avais un loyer à la SEMSAMAR à payer, des factures à honorer (voiture, essences, assurance, eau, EDF…). Pour m’en sortir j’ai réalisé des « jobs » chez les particuliers, c’est-à-dire du ménage, du repassage… je n’étais pas déclaré. Un jour, j’ai trouvé un emploi dans une auto-école. J’étais heureuse mais cela n’a pas duré car l’entreprise a fermé au bout de 6 mois.

CCN. Que s’est-il passé alors ?

Jess. J’ai été m’inscrire au pôle emploi et j’ai regretté ; ayant travaillé quelques mois j’avais perdu mes avantages ; j’ai dû refaire ma demande de RSA car j’étais sans ressources n’ayant pas assez cotisé pour percevoir des allocations chômage. Je dois vous dire que cela m’a beaucoup perturbé car une fois que mes droits au RSA ont été rétablis, j’avais peur de reprendre une activité pour ne pas perdre ce revenu qui malgré moi m’aidait à survivre. Je suis donc retombée dans la routine des petits boulots non déclarés pour avoir un peu d’espèces pour payer mes factures. Cependant, je vivais mal cette période car les « patrons » me criaient dessus ou s’adressaient mal à moi ; je ne supportais plus ces situations et ces comportements.

CCN. Que vous propose alors le RSA pour vous aider ?

Jess. Vraiment pas grand-chose ; je n’ai pas eu d’entretien ni d’accompagnement…rien. J’étais désespérée et je me demandais chaque jour comment j’allais pouvoir m’en sortir.

CCN. Comment vous est venu l’idée de créer une activité ?

Jess. Comme je l’ai dit, je ne supportais plus d’avoir une autorité au-dessus de moi et c’est là que j’ai décidé de travailler à mon compte. J’ai réfléchi à l’activité qui m’aiderait à m’épanouir. En fait, j’ai toujours eu un talent pour créer moi des objets ; j’aime travailler avec mes mains et concevoir des objets décoratifs que je vends du bouche à oreille autour de moi; au début, vers 2019, j’ai commencé avec du tissu, des fils et du carton ; chemin faisant, mes amis ou clients m’ont fait des demandes particulières ; alors j’ai commencé à vouloir enrichir les créations ; du coup, j’ai parcouru internet pour trouver des idées pour diversifier mes créations ; je me suis tournée vers le travail des objets en résine. Mais je me suis vite rendue compte que je n’étais pas la seule à proposer ces produits ; j’ai donc décidé de partir sur la sublimation des objets en fonction de la demande des clients. C’est ainsi que j’ai testé sur les thermos comme les mugs se faisaient déjà personnaliser.

CCN. A ce stade, trouvez-vous de l’aide pour organiser votre activité ?

Jess. Au début de l’activité, pas du tout ; j’ai fait l’acquisition du matériel moi-même petit à petit. J’ai installé mon atelier dans une pièce chez moi. Et puis un jour, je me suis rendue à une manifestation que le Conseil départemental organisait à Morne-A-L’eau. Après un échange avec la responsable de l’antenne locale d’insertion, j’ai accepté son aide.

: Lors de notre rendez-vous, je découvre que je peux bénéficier d’un accompagnement du Conseil départemental ; j’ai été rassurée par la responsable sur ma capacité à régulariser mon activité ; j’ai décidé de suivre un atelier parcours insertion (API) pour m’aider à travailler sur l’estime de soi, à regagner la confiance en moi.

Au terme de cet API, j’ai décidé de franchir le cap pour immatriculer mon entreprise dénommée Wonder By Jess. J’ai eu un appui financier au travers du DSIA (dispositif de soutien à la création d’activité). Cette aide m’a permis d’acheter du matériel complémentaire. Le fait de déclarer mon activité m’a ouverte la porte sur la publicité, de mieux me faire connaître pour gagner des clients ! et d’être aujourd’hui pour la première fois sur un stand pour vendre mes créations directement aux clients !

CCN. L’avenir ? Percevez-vous toujours le RSA ?

Jess. Je souhaite vraiment à terme avoir une boutique pour vendre avec un atelier aussi pour poursuivre mes créations ; je voudrai que les clients puissent venir passer leur commande sur place et les récupérer quelques heures plus tard ; j’aime beaucoup le contact avec les clients ; chaque création se veut unique ; il n’y a rien de similaire à l’autre car les gens aiment avoir des objets personnalisés, des modèles uniques ; Je fais mes livraisons à mes clients à un point de rencontre et les commandes se font en ligne. J’ai fait confiance au début mais beaucoup de client n’ont pas récupéré des objets personnalisés et cela m’a causé des pertes. Du coup je recueille leur consentement sur la maquette réalisée et ils paient en ligne un acompte et je réalise le travail ; J’ai une page Instagram et Facebook ; je construis mon site internet. Je ne perçois plus le RSA.

CCN. C’est le bout du tunnel ?

Jess. J’adore ce travail ; quand j’en ai, je suis heureuse, je dors bien et je suis contente de faire ce que l’on m’a commandé. Ma fille qui a 13 ans aujourd’hui m’encourage beaucoup et m’aide souvent. Aujourd’hui je vis avec le père de mon second enfant qui est un garçon et je l’ai déclaré à la CAF pour être en règle ; mon atelier s’est donc déplacé dans cette nouvelle maison que j’ai installé avec mes moyens et l’appui de mon entourage. Ma boutique m’aidera aussi à avancer et gagner en autonomie.

 

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