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Guadeloupe. Hommage à Maryse Condé : Bonheur et révolution

Guadeloupe. Hommage à Maryse Condé. : Bonheur et révolution

Guadeloupe. Hommage à Maryse Condé : Bonheur et révolution

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Pointe-à-Pitre. Mardi 16 avril 2024. CCN. Le 5 septembre 1989, sur le campus de l’Université de Fouillole, à l’initiative de l’A.G.R.E. (Association Guadeloupéenne de Recherches et d’Etudes) et de la revue Etudes Guadeloupéennes, s’est tenue une table ronde sur le thème : « L’idée de révolution aujourd’hui ». Voici une intervention de Maryse CONDÉ, figurant dans le compte rendu de la table ronde publié dans le numéro 2/3 de la revue Etudes Guadeloupéennes d’avril 1990. Ce que nous dit Georges Combé à CCN.

Tout à l’heure, Chartol disait qu’il s’exprimait en historien, moi je vais m’exprimer en écrivain.

Il y a un chanteur martiniquais très connu, Ralph Thamar qui dit dans une de ses dernières chansons : « A part le bonheur il n’y a rien d’essentiel ». Je crois que pour un écrivain, la révolution c’est simplement cela : la poursuite du bonheur. L’idée du bonheur n’est pas une idée abstraite, mais précise dans la tête des groupes d’hommes, d’ethnies qui appartiennent à des classes sociales différentes. Chacun de ces groupes à son image, son scénario pour atteindre le bonheur. Mais les scénarios sont conflictuels ; nous les appelons révolution, on peut les appeler comme tel mais on peut aussi les appeler contre révolution. C’est la même chose, ce sont les deux volets d’une même poursuite, constante du bonheur.

Je vais citer pour appuyer mes dires Frantz Fanon in Les Damnés de la Terre. « Le colonisé, nous dit-il, est un envieux ». Ce qui veut dire qu’il a bien compris que pour le colonisé l’image du bonheur c’est celle que lui offre le colon. Plus loin, Fanon explique que le colonisé veut la villa du colon, la voiture du colon…

Il y a donc deux scénarios, deux poursuites du bonheur qui sont absolument opposées :

– Le colonisé qui veut ce que le colon possède

– Le colon, ce qu’il veut, c’est obtenir, à cause, à partir de la sujétion du colonisé, encore plus de choses.

Pour un écrivain, on construit le bonheur avec des scénarios différents, conflictuels. Je rejoins Dahomay sur l’idée de liberté.Il ne peut y avoir de révolution heureuse, parce que ce qui est poursuivi n’est jamais atteint, jamais réalisé. Prenons le cas de la révolution russe. On a voulu donner le bonheur à certaines républiques. Finalement, au bout de 50 ans, on s’aperçoit que ce n’est pas le bonheur. On change de scénario.

Il ne peut y avoir de révolution sans violence ; la violence est une épreuve, un ciment qui donne à des scénarios divers un caractère assez extraordinaire et qui fait réfléchir. Ce sont des scénarios imaginés par l’homme.

Georges-Christian Combe

1 réflexion sur “Guadeloupe. Hommage à Maryse Condé : Bonheur et révolution”

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