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Une Gwadloup sans la France : vraiment ?

Une Gwadloup sans la France : vraiment ? CCN - Danik Zandwonis

Une Gwadloup sans la France : vraiment ?

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1/ Le rêve indépendantiste sommeille
Depuis la fin des années 60, de militants qu’on a appelé, Patriotes, indépendantistes, nationalistes, souverainistes ont clairement affirmé revendiquer, écrit souhaité que la Guadeloupe, soit définitivement libérée du “ joug colonial français.

En termes simples, la question de l’indépendance nationale était devenue plus qu’un simple slogan. Près de 60 ans après cette idée est toujours dans l’air, et ne semble plus effrayer quiconque ; Mais le mouvement indépendantiste Guadeloupéen fin 2022, n’a presque plus rien à voir avec le radicalisme du GONG, la force militante du l’UPLG des années 80, ni la “guérilla” militaro politique du MPGI/GLA/ARC.

De tout cela, Il n’en reste plus que des souvenirs, des deuils pour ceux qui sont partis, des anciens combattants proches de la retraite, fatigués, parfois même vaccinés. Le réveil est très brutal.

Pourtant, le Bannzil Gwadloup continue lui d’exister, de survivre avec toutes ses problématiques. Faut-il alors penser que le système colonial ait totalement réussi et que le “changement” changement s’il y a) ne se pourra se concevoir que dans le cadre démocratique franco-français ?

En 2021/22, il faut l’admettre, les partis indépendantistes devenus très minoritaires, ont continué à perdre beaucoup de leur “force de conviction” et de leur capacité de mobilisation populaire. Ce sont désormais les organisations syndicales qui ont “objectivement” pris le relais. En effet depuis la crise Covid, le “Collectif” anti-vax, souvent en “marche” rassemble l’UGTG et ses “satellites” mais aussi la CGTG, FO, UNSA, FSU, SUD PTT, Solidaires, FAEN

De son côté, Elie Domota qui n’est plus secrétaire national de l’UGTG a ainsi repris sa casquette de leader du LKP. On s’en rend compte, ce sont ces organisations qui “mènent” un combat, où se mêlent à la fois revendications professionnelles-sectorielles, combat contre “la répression” et contestation du système colonial. Eu égard, à l’hétérogénéité du “Collectif”, la revendication indépendantiste ne peut pas, faire l’unanimité et n’est donc pas à l’ordre du jour. De temps à autre ce qui reste du LKP de 2009, parle de” Kaskod”, mais est-ce suffisant ?

2/ Faut-il toujours critiquer la classe politique ?

Au cours des décennies précédentes, le combat idéologique et politique défrayait souvent la chronique. Ainsi le PCG qui était alors la 1ére force politico-électoraliste s’opposait sévèrement aux partisans du statu quo, ceux qu’on appelait la Droite Départementaliste.

Mais après les massacres de mai 67 à Pointe à Pitre et le rôle obscur joué par certains éléments du PCG de l’époque, le combat politico-idéologique entre les patriotes de l’UPLG et le PCG connut des épisodes historiques Mais dès la fin des années 90, faute de “combattants” des 2 cotés –l’UPLG s’étant considérablement affaiblie, le PCG fractionné par le clan Bangou/Genies –- le combat idéologique a perdu toute son intensité…

 

A l’orée du XXIe siècle, progressivement le peuple des électeurs guadeloupéens commence à se mettre en retrait des joutes électorales. L’abstention devenant ainsi la réponse-sanction proposée à une classe politique qui semble avoir perdu la confiance de ses électeurs.  Pourtant, depuis septembre dernier, Guy Losbar et son GUSR veulent relancer le concept de “domiciliation du pouvoir” mais cette question ne semble pas être la préoccupation majeure d’un peuple qui pour l’heure juge ses élus à l’aune des nombreux échecs quotidiens : chômage des jeunes, question de l’eau, de la santé…

On disait encore il y a 20 ans, qu’il fallait “rajeunir”, voir “ renouveler” la classe politique, car elle ne semblait plus en totale adéquation avec ses électeurs. Ainsi donc, élections après élections, les vieux “ iguanes “ de notre classe politique ont tous été remplacés. À Basse-Terre par exemple LMC avait laissé la place à sa fille… à Petit Bourg, Port Louis Ste Anne, St François, Le Moule, Grand Bourg etc…, le nouveau à chasser l’ancien. Mais, cette nouvelle classe politique ; qui a aussi progressivement laminé la vieille Droite peut-elle réussir à donner tout le balan nécessairepour faire avancer notre pays ?

Où allons-nous ? O nou kay ?

La question reste posée. Comme partout ailleurs, la pandémie covid a causé de très nombreux dégâts dans la vie quotidienne des Guadeloupéens. Mais elle n’est pas l’unique responsable de tous nos maux, en fait elle n’a fait que les aggraver. Le pouvoir a ainsi tenté de faire croire que c’est la guerre Russo-Ukrainienne la principale responsable du coût élevé des produits vendus dans les supermarchés. A-t-on oublié que depuis le mouvement social de 2009, cette question avait été débattue sans trouver de véritables réponses. Et depuis plus d’une dizaine d’années, il n’y a pas eu d’avancées. C’est Le Groupe Bernard Hayot (GBH) qui a la main sur tout l’import des produits alimentaires et de première nécessité. La question de l’autonomie alimentaire devenue récurrente tout le monde en parle, il y a bien eu quelques progrès mais nous sommes encore très loin du compte. Notre agriculture n’a que peu progressé, les agriculteurs sont âgés, les jeunes guère motivés.

En 2023, si les soignants suspendus ne sont pas réintégrés, le “Collectif” risque de faire entendre sa voix, mais si cette question devenue essentielle est réglée, on pourra peut-être passer à autre chose qui sait. En attendant système colonial se porte bien et la Gwadloup toujours très mal !

Nou ka maché men es sé kon sa nou ké vansé ?

Danik I. Zandwonis

daniknews2@gmail.com

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