Guadeloupe • Politique. Un appel pour un gouvernement provisoire.
Guadeloupe • Politique. Un appel pour un gouvernement provisoire.
Basse-Terre. Mardi 27 octobre 2026 | CCN.
Un gouvernement provisoire en Guadeloupe : c’est ce que réclament les 24 premiers signataires d’un appel daté du 24 octobre 2026. La date renvoie au 24 octobre 1801, quand des officiers guadeloupéens menés par Joseph Ignace avaient arrêté le contre-amiral Raymond de Lacrosse. Le texte annonce la création prochaine d’un Conseil national de la Guadeloupe, conçu comme un « Shadow Gouvernement » chargé de conduire le pays vers la pleine souveraineté. Luc Reinette, Raymond Gauthierot et Jean-Jacob Bicep en sont les contacts presse.
Source : Communiqué de presse des signataires de l’Appel du 24 octobre – 24 octobre 2026.
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Citoyennes, Citoyens Guadeloupéens !
Souvenons-nous de cet acte héroïque de nos illustres prédécesseurs : le 24 octobre 1801, les officiers guadeloupéens dirigés par Joseph IGNACE arrêtent le Contre-amiral Raymond de Lacrosse, envoyé par le Consulat de France pour administrer la Guadeloupe. Dans la foulée est mis en place un Conseil Provisoire de Gouvernement Guadeloupéen chargé de conduire les affaires de la Guadeloupe.
Citoyennes, Citoyens Guadeloupéens ! Il est des moments où un Peuple a rendez-vous avec lui-même, une Nation avec l’Histoire. Ce temps-là est venu ! Celui de l’incarnation de la Nation Guadeloupéenne. L’immobilisme et l’attentisme nous conduisent à notre perte et à notre inéluctable désintégration.
Un Conseil national de la Guadeloupe en Shadow Gouvernement
Citoyennes, Citoyens Guadeloupéens ! Face à cette nécessité absolue, nous proclamons l’urgence d’un acte fondateur par l’instauration prochaine d’un Conseil National de la Guadeloupe, sous la forme d’un Shadow Gouvernement.
Ce gouvernement sera l’expression de l’humilité et de la rigueur du commencement. Il ne s’érigera pas en pouvoir définitif, mais agira comme l’Organe de transition juridique, politique et administratif chargé de conduire le passage de la dépendance à l’exercice de la pleine souveraineté.
Un gouvernement resserré qui aura pour mission de travailler afin de proposer aux Guadeloupéens un Projet de société pour la future République de Guadeloupe, avec l’ensemble des forces vives du pays.
Demain sera mise en place une véritable Assemblée Populaire, ancrée au cœur de notre société. Ce gouvernement devra exprimer les attentes, les besoins, les revendications du Peuple Guadeloupéen et poser les bases d’une négociation bilatérale méthodique, transparente et déterminée avec l’État français. Et ceci dans le respect du droit international afin que nous puissions bâtir nos propres Institutions adaptées à nos réalités caribéennes, aux plans écologique, économique, social et culturel. Ce gouvernement devra aussi poser en principe incontournable les Réparations liées à la Colonisation, à la Traite et à l’Esclavage, dont la France nous est redevable, car l’indépendance, la pleine souveraineté et la décolonisation sont consubstantielles aux Réparations. Par ailleurs, des Réparations au titre de l’Engagisme imposé aux parents des Guadeloupéens d’origine indienne constituent également une nécessité.
Le constat des signataires sur la situation du pays
Citoyennes, Citoyens Guadeloupéens ! Le point de non-retour est sur le point d’être franchi. Pourtant, nous reculons pour ne jamais sauter et nous tournons en rond à force de renoncements. Notre jeunesse traverse les océans à la recherche d’un avenir meilleur. Nos anciens vieillissent de plus en plus mal et nous mourons à petit feu ! Notre terre est souillée et fait l’objet de plus en plus de spéculations. Notre langue matrice continue de subir les coups de boutoir de l’idéologie assimilationniste. Le système éducatif qui nous gouverne nous entraîne loin de nous-mêmes. Nous sommes sans cesse en lutte pour sauvegarder et développer notre identité culturelle. Et notre économie dépend de l’arrivée des bateaux alors que nous possédons tout pour construire autrement le chemin vers notre développement et notre prospérité.
L’appel revendique une Nation guadeloupéenne
Citoyennes, Citoyens Guadeloupéens ! Nous sommes, que nous le voulions ou pas, que nous en soyons conscients ou pas, une NATION ! Et le temps est venu de la consacrer.
Une NATION est une âme, un principe spirituel qui repose sur la possession en commun d’un riche legs de souvenirs et sur la volonté ardente de continuer à porter cet héritage précieux : notre terre archipélique, notre histoire, notre langue et notre identité sont nos plus grands symboles d’appartenance à la NATION GUADELOUPÉENNE.
Nos luttes, nos résistances, le sang versé pour notre liberté, pour nos droits, notre dignité et pour notre émancipation, nous consacrent héritiers légitimes de cette terre nourricière. Nous portons en nous la résistance première des Kalinagos, la résilience de nos ancêtres arrachés d’Afrique subsaharienne, la détermination des engagés de l’Inde, du Congo, la soif d’une vie nouvelle de migrants venus d’Asie, de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, de la Caraïbe.
Mais une NATION ne vit pas que de ses souvenirs, elle exige un présent. Elle doit bâtir un devenir. Elle se renouvelle sans cesse à chaque étape majeure de son histoire contemporaine.
Une NATION ne peut s’accomplir qu’en devenant le sujet de sa propre loi. Il y a une exigence de justesse à ce que le sentiment national trouve son expression adéquate dans un État propre, identifié et déclaré. Tant que cette forme politique lui est refusée, la dignité bridée se mue en ressentiment, et la compétence étouffée se transforme en colère.
Citoyennes, Citoyens Guadeloupéens ! Il ne s’agit plus de négocier des aménagements marginaux ou de mendier des transferts compensatoires : la responsabilité politique doit être assumée directement par le peuple guadeloupéen.
Quittons les compromissions d’appareil et le maintien d’un statu quo morbide pour rejoindre la dissidence sacrée qui surgit des profondeurs de notre terre archipélique.
Citoyennes, Citoyens Guadeloupéens ! L’heure de nous-mêmes a sonné ! Élevons nos volontés à la hauteur de cette exigence. Par la mémoire de nos ancêtres, par la ferveur de notre jeunesse et par la foi inébranlable en la valeur de notre archipel, ENGAGEONS-NOUS, QUELS QUE SOIENT NOS MOYENS, VERS L’ÉDIFICATION DE NOTRE SOUVERAINETÉ. La Guadeloupe ne sera plus jamais ce que les autres ont décidé pour elle : elle sera désormais, devant l’Histoire, ce qu’elle aura choisi d’être.
Vive la Guadeloupe ! Vive le peuple Guadeloupéen ! Vive la Nation Guadeloupéenne !
Les 24 premiers signataires de l’appel pour un gouvernement provisoire en Guadeloupe
| Symboliquement, les 24 premiers signataires : |
| Evita CHEVRY, Roland EZELIN, Elie SHITALOU, Raymond GAUTHIEROT, Henri AMEDIEN, Jean-Michel BEAUGENDRE, Jean-Jacob BICEP, Nita BROCHANT, Nathalie DORVILLE, Gilbert GEREMY, Jacqueline JACQUERAY, Toni MANGO, Luc REINETTE, Jacques VIATOR, Jocelyn PINARD, Astrid GAUTHIEROT-CLAVIER, Saïd AL IBRAHIM, Christian ANTENOR-HABAZAC, ANKHA, Evelyne PAULINE Djota-Kwéta, |
Source : Communiqué de presse des signataires de l’Appel du 24 octobre


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