Imane Sioudan et Danik Zandwonis

Partagez sur

Actualité en Guadeloupe, Martinique, Guyane et dans la Caraïbe !

Guadeloupe. Anticolonial. UPLG : le grand débat politique. Statu quo ? Évolution statutaire ? Autonomie ? ou indépendance nationale ?!

Jean Jacob Bicep

Guadeloupe. Anticolonial. UPLG : le grand débat politique. Statu quo ? Évolution statutaire ? Autonomie ? ou indépendance nationale ?!

Guadeloupe. Anticolonial. UPLG : le grand débat politique. Statu quo ? Évolution statutaire ? Autonomie ? ou indépendance nationale ?!

Jean Jacob Bicep
Jean Jacob Bicep, secrétaire national de l'UPLG

Guadeloupe. Anticolonial. UPLG : le grand débat politique. Statu quo ? Évolution statutaire ? Autonomie ? ou indépendance nationale ?!

Capesterre-Belle-Eau. Mardi 6 octobre 2026 | CCN. 

Les militants de l’UPLG et les invités se sont réunis ce samedi à CBE où s’est tenue une Assemblée générale. L’occasion pour Jean Jacob Bicep, Secrétaire national de l’organisation, de prononcer ce discours que CCN propose à ses lecteurs.

Partagez sur

Partagez sur

Nou kontan vwè zòt !

Men an pé pa koumansé san gloryé lé kanmarad Kapèsté ki menné lalit épi la rézistans. Nou tini Kanmarad Jeanne ki menné lalit épi lè zouvryé agrikòl, nou tini osit Hector Moiret ki té Sèkrété a l’UTA asi sèksyon Kapèstè. Nou pé pa, pa rété sonjé Robert Marc-Antoine épi Peter Alexander kè jistis a léta fwansé fè pasé tribilasyon. Nou ka sonjé osit Martial é Sonia Sainte-Luce kè manblo fwansé masakré é wonpi kou.

Kapesté sé osit té a Sony Rupaire poèt é patriyòt gwadloupéyen, Jéra Lauriette filozòf é pédagòg, Titò Déglas épi Silvyann Telchid ki travay on pil asi jan pou maké lang an nou.

POU TOUT SÉ GRAN PATRIYÒT GWADLOUPÉYEN LA SA : LONÈ ÉPI RÈSPÉ !

Discours de l’UPLG : la Guadeloupe face à ses responsabilités

Nous nous rassemblons aujourd’hui ici à Capesterre à un moment d’une gravité inédite pour notre pays. La Guadeloupe ne peut plus se payer le luxe de l’attentisme ou de l’illusion. L’heure n’est plus aux simples constats ni aux complaintes adressées à la puissance tutélaire administrante.

Le thème que l’UPLG place au cœur de nos échanges s’impose à nous avec la force de la nécessité : La Guadeloupe face à ses responsabilités.

Prendre ses responsabilités, c’est refuser le confort mortifère de la dépendance. C’est porter un regard sans concession sur le monde qui s’agite autour de nous, mesurer l’ampleur de nos blessures intérieures et tracer, par nous-mêmes et pour nous-mêmes, le chemin de la pleine souveraineté nationale.

Un monde en bouleversement, un pays en crise

Regardons le monde qui nous entoure. L’ordre géopolitique hérité du XXe siècle explose sous nos yeux.

Au Moyen-Orient, le mépris du droit international et le drame enduré par le peuple palestinien révèlent jusqu’où peut aller la déchéance morale des grandes puissances lorsque prévalent la force et la logique d’occupation.

Sur le continent africain, nous assistons à une rupture historique. De la jeunesse urbaine aux mouvements populaires, les nations africaines rejettent massivement le paternalisme, la présence militaire étrangère et les mécanismes financiers néocoloniaux, pour réclamer la pleine maîtrise de leurs ressources et de leur destin. Ce souffle de dignité et de seconde indépendance est une source d’inspiration directe pour notre peuple.

En Europe, la guerre prolongée entre l’Ukraine et la Fédération de Russie entraîne une remilitarisation massive et consacre le retour des affrontements de blocs. L’Union européenne, engluée dans ses propres contradictions, s’enfonce dans une crise économique et sécuritaire dont les répercussions inflationnistes frappent directement nos achats à Pointe-à-Pitre ou à Basse-Terre. Élections après élections, l’extrême droite remporte des victoires électorales (Angleterre, Italie, Pays-Bas, Allemagne…). La France, elle, s’écroule après une décennie de gouvernance macroniste. Les élections présidentielles de 2027 semblent tourner à un duel entre l’extrême droite de Marine Le Pen et la gauche radicale sous la férule de Jean-Luc Mélenchon. Une chose est certaine : notre émancipation ne passera pas par eux.

Et dans nos Amériques, au cœur même de notre bassin caribéen, la domination impérialiste cherche à maintenir son étau, mais la résistance des peuples demeure vive. De la Révolution cubaine – toujours debout face à un blocus criminel – aux luttes des peuples caribéens contre les ingérences et les conséquences du changement climatique, notre région réclame sa zone de paix et de coopération souveraine.

Face à ces bouleversements majeurs, que fait la Guadeloupe ? Enfermée dans le statut de région ultrapériphérique de l’Europe, elle demeure une spectatrice impuissante. On nous contraint à observer le monde à travers les lunettes de Paris et de Bruxelles, alors que notre géographie, notre histoire et nos intérêts nous crient d’être un acteur caribéen à part entière.

Si nous tournons notre regard vers l’intérieur, le tableau de notre pays exige un sursaut immédiat.

La vie chère n’est pas une fatalité météorologique ; c’est le résultat mécanique du système de comptoir colonial. La domination des monopoles d’import-distribution, les coûts captifs du fret et l’application aveugle des normes européennes empêchent toute production locale réelle et étranglent les ménages. On nous maintient dans une hyper-dépendance alimentaire intolérable alors que nos terres ne demandent qu’à nourrir notre peuple.

Notre pays subit un dépeuplement structurel. Notre jeunesse, diplômée ou en recherche d’avenir, est poussée à l’exil par l’absence de perspectives professionnelles et la déconsidération sur sa propre terre. Dans le même temps, notre population vieillit à un rythme accéléré dans la précarité, privée de services publics décents.

Armée de robinets flottant dans un espace infini pour illustrant l'étendue de la crise de l’eau en Guadeloupe.

Nous subissons la faillite des infrastructures vitales. Comment tolérer qu’en 2026, des dizaines de milliers de foyers guadeloupéens souffrent encore de coupures d’eau quotidiennes ! L’eau potable, bien commun fondamental, est devenue le symbole criant de l’incurie administrative, de la gabegie et de l’incapacité de la tutelle à garantir l’essentiel. À cela s’ajoutent l’agonie de notre système hospitalier, l’empoisonnement durable de nos sols et de nos chairs par le chlordécone, et la gestion désastreuse des crises environnementales comme l’échec des réponses face aux invasions de sargasses.

Face à ce naufrage, la Guadeloupe ne baisse pas la tête. Les forces vives du pays sont à l’œuvre chaque jour. Nous saluons le courage des travailleurs, des organisations syndicales, des marins-pêcheurs, des agriculteurs, des artisans, des acteurs culturels et des mouvements de jeunesse. À travers leurs grèves, leurs marches et leurs initiatives citoyennes, ils font preuve d’une résilience remarquable.

Mais l’UPLG vous le dit avec la franchise du combat : la résistance sectorielle ne suffit plus. Multiplier les luttes corporatives pour arracher des indemnisations ou des moratoires à un État qui contrôle les règles du jeu, c’est épuiser l’énergie du peuple sans changer la structure du problème. Il est temps que l’énergie des forces vives ne serve plus à réparer les pièces d’un moteur colonial rouillé, mais à bâtir le moteur de la souveraineté guadeloupéenne.

Statu quo, autonomie, indépendance : la position de l’UPLG

Cela nous amène au grand débat politique qui occupe la scène locale : le statu quo, l’évolution statutaire, l’autonomie ou l’indépendance.

Pendant que le peuple souffre, le personnel politique assimilationniste, départementaliste et régionaliste multiplie les congrès, les résolutions et les commissions. On nous parle d’article 73, d’article 74, de collectivité unique ou « d’autonomie sur mesure » au sein de la République française.

L’UPLG considère, au regard de la situation de la Guadeloupe aujourd’hui, que l’heure n’est plus à ces manœuvres d’amusement de la galerie.

Que signifie cette « autonomie » octroyée par Paris ? Elle consiste à transférer aux élus locaux la responsabilité de gérer la crise, la pénurie et le mécontentement social, tout en laissant à l’État français le monopole des pouvoirs régaliens : la monnaie, la justice, la police, les frontières, le commerce extérieur et l’orientation stratégique de l’économie.

C’est un piège ! Attendre de la constitution française ou de la bonne volonté d’un gouvernement parisien la libération de la Guadeloupe est une tragique erreur. Aucune puissance tutélaire ne donne la liberté : la liberté se conquiert par le rapport de force et l’exercice concret de la responsabilité.

Face aux demi-mesures et aux illusions statutaires, la position de l’UPLG est claire, cohérente et constante : la Guadeloupe est une nation. Elle possède une histoire, une langue, une culture, un territoire et un peuple. À ce titre, elle dispose du droit inaliénable à l’autodétermination et à la pleine souveraineté.

L’indépendance n’est ni un dogme abstrait ni un saut dans l’inconnu. C’est l’acte fondamental par lequel un peuple prend ses responsabilités devant l’histoire.

Prendre nos responsabilités, c’est :

  • Instaurer la souveraineté économique et alimentaire en réorientant notre agriculture vers la consommation locale, en protégeant notre marché intérieur et en planifiant notre transition énergétique.
  • Sortir du carcan européen pour conclure des accords de coopération directs, équitables et fraternels avec nos voisins de la CARICOM, de l’OECO et de toute l’Amérique latine.
  • Bâtir des institutions nationales démocratiques contrôlées par le peuple, garantissant une justice sociale réelle, l’éradication des monopoles et un avenir pour notre jeunesse sur sa terre natale.
  • Officialiser notre langue créole et promouvoir notre culture comme piliers de notre système éducatif et de notre cohésion nationale.

C’est dans cette perspective que l’UPLG réaffirme son engagement international prioritaire : obtenir la réinscription de la Guadeloupe sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU). La question guadeloupéenne n’est pas un problème de gestion d’Outre-mer français : c’est un dossier international de décolonisation.

Camarades, compatriotes,

Assumer nos responsabilités exige une feuille de route politique claire pour les mois qui viennent : l’UPLG fixe trois chantiers prioritaires :

  • L’éveil des consciences et la présence populaire : nous devons investir chaque commune, chaque section, chaque quartier pour mener un travail d’éducation populaire. Expliquons le lien direct entre l’absence d’eau, la vie chère, la déshumanisation de notre société et la structure coloniale.
  • La constitution du Front uni des forces vives : l’UPLG lance un appel solennel à l’ensemble des patriotes, des syndicats de lutte, des mouvements écologistes, des associations culturelles, de la jeunesse et des forces économiques anticolonialistes. Dépassons les divisions tactiques et bâtissons un programme commun de transition nationale vers la souveraineté.
  • L’action diplomatique caribéenne et internationale : nous renforcerons nos liaisons avec les mouvements de libération nationale de la Caraïbe et du monde, afin de faire entendre la voix de la Guadeloupe souveraine dans toutes les instances internationales.

On tentera encore de vous faire peur. On vous dira que la Guadeloupe est trop petite, qu’elle manque de ressources, qu’elle ne peut pas vivre sans la perfusion extérieure. Nous répondons à ces marchands de résignation : la plus grande pauvreté d’un peuple, c’est de ne pas être maître de son destin.

Notre terre est riche, nos esprits sont brillants, notre histoire est forgée par le courage des marrons et des combattants de la liberté. Nous ne sommes inférieurs à aucun peuple de la Caraïbe ou de la planète.

L’heure n’est plus à l’attente. L’heure est à l’action. La Guadeloupe doit faire face à ses responsabilités.

Vive le peuple guadeloupéen en lutte ! Vive la Guadeloupe libre, souveraine et caribéenne ! Péyi-la sé tan nou, sé nou ki pou désidé !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

ccnfirst.COM

Bienvenue sur le portail

Actualité, Événements,
Bons plans des Îles du Sud
Les acteurs du développement
de la Guadeloupe de demain.
Le festival de la
bande-dessinée et du manga .
Portail Caribéen
Média et Com