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Actualité en Guadeloupe, Martinique, Guyane et dans la Caraïbe !
Danik Zandwonis.

Colonisation vs CIOM : La Guadeloupe peut-elle larguer la France ?

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Le 17 e congrès des élus qui s’est tenu au Conseil général de Basse-Terre, à l’initiative de Guy Losbar début juin, n’est en fait que le énième d’une longue série. En effet, à peine achevée, qu’un nouveau rendez-vous a été annoncé aux congressistes, En réalité, depuis le début des années 2000, la classe politique et avec elle le peuple guadeloupéen se sont habitués à ces messes incantatoires souvent très éloignées de la réalité du pays.

Cette fois, c’est une anecdote qui n’en est pas vraiment une qui a retenu l’attention, davantage même que les débats ronronnants du congrès. En effet, dès les premières minutes de la “messe”, Guy Losbar a annoncé sans le regretter l’absence du Président Région Chalus, annoncé comme “malade”. Moins d’une demie heure plus tard, le ”scoop” du jour tombait, Chalus avait été vu et photographié à Roland Garros.

Mais venons-en au fond de ce congrès, il s’agissait en résumé pour Losbar, de faire voter aux élus rassemblés une motion favorable au “rassemblement” des 2 collectivités sous la forme d’une Assemblée Unique. Cette demande devrait être présentée, et soumise le 3 juillet au gouvernement Macron lors d’un CIOM (Commission Interministérielle des Outre Mers). Cela signifie que les changements urgents souhaités dans les dernières colonies françaises dépendent à 100/100 de la volonté du gouvernement français. A regarder de plus près, ce CIOM où chacune des dernières colonies viendra essayer d’arracher quelques mesurettes, n’est qu’un leurre de plus. Car de cette nouvelle “messe”, il est à peu près certain, il n’en sortira pas grand-chose, car l’État français très endetté, n’a aucune volonté à vouloir jouer les “père noël” en ce début de juillet.

Nul besoin d’être un manti-mantè pour prophétiser que les problèmes récurrents et graves de notre pays ne trouveront pas solutions lors de CIOM. Qui peut vraiment croire que le chômage de nos jeunes, les questions de l’eau, de l’organisation du transport, du coût de la vie, pourront être pensés résolus en l’espace d’un CIOM ? de qui se moque-t-on ? Nos politiques sont-ils à ce point naïfs ?

Prenons un exemple très concret. Depuis des semaines, quelques parlementaires ont tout essayé pour faire appliquer dans les colonies françaises des Amériques, ladite “continuité territoriale” dévolue à la Corse : ils n’ont pas réussi à faire bouger les lignes. Donc le prix des billets d’avion entre les colonies et la Capitale française n’a pas bougé.

S’agissant de l’Assemblée Unique, le problème est de nature différente. D’abord, observons avec attention, ce qui se passe en Martinique et en Guyane, ces deux colonies ont depuis un peu plus d’une dizaine d’années rassemblé leurs deux collectivités. Dans le fond, ça n’a pas suffit pour résoudre les problèmes récurrents et on sent bien que ces deux territoires dotés de collectivités uniques souhaitent évoluer vers plus de responsabilités.

Cela signifie que la fameuse “domiciliation du pouvoir” souvent avancée par le GURS de Guy Losbar est encore “on blagamas

Car la réalité politique est toute autre, même si des sondages laissent entendre, et c’est légitime, que les guadeloupéens aspirent à autre chose ou à un “changement”, il n’est pas sûr que ce soit pour suivre le chemin indiqué par les élus actuels. Sinon comment expliquer que les dernières consultations électorales n’ont jamais mobilisé que 30% des électeurs ? Depuis plus d’une vingtaine d’années avec la disparition physique ou politique des derniers ”caciques” de la politique, tels que : LMC, Geniès, Clery, Bernier 1 & 2, F. Jalton, RS Nabajoth, H.Bangou, Moutoussamy, Chammougon, Ibéné, Larifla, Gillot, Louisy, Etzol, Proto …

 On se disait avec sans doute un peu de naïveté que le renouvellement de ces anciens politiciens pouvait être la voie ouverte vers le changement : o la sa ?

On peut faire tous les reproches souhaitables et avérés à LMC mais cette femme a marqué son époque, car elle ne s’est jamais laissé “casser” par les représentants en Guadeloupe du pouvoir colonial et pourtant LMC n’était pas une militante anti colonialiste !

Félix Proto lui a été un vrai visionnaire et un bâtisseur.

Aujourd’hui la classe politique en place ne semble pas en mesure de s’opposer au pouvoir colonial français, ni par la forme ni dans le fond.

Et c’est sans doute ce manque de courage manifeste qui déçoit notre peuple et explique sa totale défiance/méfiance. Ces politiques qui n’ont ni vision, ni fermeté, parce que trop souvent “traineurs” de casseroles ; ils sont pour bon nombre d’entre eux fragilisés et incapables d’affirmer une position authentiquement et radicalement Guadeloupéenne. Ils n’ont pas de vision sur l’économie et sur le développement du pays.

Ils se contentent d’être dans les “rails“ fixes et fixés de la “démocratie française” coloniale. Rien de plus !

Quand on voit comment la PM de Barbade, Mia Mottley a pu se faire la porte-parole des nations les plus pauvres à Paris dans le combat pour le changement climatique ? (La Barbade 450 km2 indépendante depuis nov. 1966)

L’autre souci et pas le moindre, ce sont ces “intellectuels” formés à l’université.

Que font-ils VRAIMENT pour le pays ? quelles sont à ce jour leurs contributions au débat ?

On ne cessera de regretter le temps des authentiques patriotes tels que Raoul Serva, Sony Rupaire, Roland Thesauros et jusqu’à Rosan Girard… qui n’hésitaient pas à défier le pouvoir dans leurs écrits ou interpellations. 

Nos intellectuels d’aujourd’hui se terrent et ne font de leur savoir qu’une sorte de bizness. Objectivement leur silence, “aide” le pouvoir colonial ; qu’ils ne remettent pas en cause “yo pismiyé siwoté” !

On comprend aisément, que dans un tel contexte, les conditions minima ne sont pas réunies. Le pouvoir colonial français a encore la main et peut imposer à nos “politiques” et “intellos siwoteurs” ce qu’il veut. Répondè réponn !

Reste le mouvement patriotique Gwadloupéyen qui pour l’heure, il ne s’affirme que par un drapeau : est-ce suffisant ?… Nous y reviendrons dans un prochain édito

Danik Zandwonis

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