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Guadeloupe. Cinéma. “CHEVALIER” le film (interdit) que les Guadeloupéens doivent voir et revoir !

Kelvin Harrison Jr est Chevalier Saint-Georges

Guadeloupe. Cinéma. "CHEVALIER" le film (interdit) que tous les Guadeloupéens doivent voir et revoir !

4/5

Pointe-à-Pitre/Paris. Mercredi 5 Juin 2023. CCN. Le premier problème de ce film que je souhaite que tous les Guadeloupéens voient et revoient, c’est qu’il est au moment où j’écris cet article quasiment IN- VI -SI-BLE dans les salles de cinéma. Pourquoi et Jusqu’à quand ?

Pour comprendre l’intérêt et la portée politique de ce film résolument anti raciste, anti esclavagiste et donc finalement anti colonisation française. Il est nécessaire de faire un petit retour sur le contexte politico-historique de l’époque.

Le film “CHEVALIER” c’est donc l’histoire à peine romancée de Joseph Georges Bologne, ce guadeloupéen, né en 1745, sur une plantation coloniale dans le sud Basse Terrien ; plus précisément à St Robert dans les hauteurs du Baillif.

Son père Georges Bologne est donc un planteur colon français, qui eut un enfant- prodige avec Nanon une Africaine qui survivait sur la plantation Clairefontaine à Baillif

Joseph a 10 ans, quand son père décide de l’emmener à Paris, où il continuera de se perfectionner au violon, à l’escrime, dans les centres plus réputés de l’aristocratie parisienne du 18é siècle.

Joseph qui est très doué pour tous les arts et aussi à l’épée, se fait vite remarquer pour ses talents à la fois de violoniste, de compositeur, et de redoutable escrimeur.

Nous sommes faut-il le rappeler, en pleine période pré révolutionnaire en France. Marie Antoinette et Louis XVI, sont déjà très contestés par le peuple français qui aspire à la liberté et à l’égalité. Joseph est au début, très “apprécié“ par la Reine, qui en fait un Chevalier.

Dès lors, notre guadeloupéen peut évoluer dans les milieux de l’aristocratie parisienne mais il souffre cependant, des quolibets racistes des nobles de l’époque. Joseph n’en a cure, car le séducteur qu’il est lui permet d’exercer des talents autres que musicaux.

Il n’en s’en prive pas et déclenche consciemment ou pas des conflits conjugaux. Il en sera ainsi jusqu’à la Révolution Française de 1789. Le film nous montre alors un Joseph Bologne musicien engagé et proche des révolutionnaires français ….

Pourquoi ce film mérite-t-il d’être vu et revu, c’est parce qu’il montre avec un certain réalisme, ce qu’est la société coloniale française de cette période mais vue depuis Paris.

Le réalisateur du film Stephen Williams afro caribéen, né à Kingstown (Jamaïque) a grandi à Londres avant de s’installer au Canada, puis à Los Angeles.  Au regard de son origine afro descendante on comprend parfaitement, qu’il ait voulu donner à son film cette dimension anti raciste, anti esclavagiste, et même une couleur caribéenne.

Ainsi, dans les dernières séquences du film on voit, Joseph Bologne jouant quelque chose qui ressemble à du gwo-ka, dans une sorte de “Lewoz” se déroulant (?) visiblement vers 1789 dans un quartier parisien de l’époque. Même si cette séquence, qui se veut “guadeloupéenne“ semble un peu anachronique, il faut tout de même se rappeler qu’à cette période franco-révolutionnaire, CHEVALIER a été militaire, et donc un peu avant Louis Delgrès, c’est le 1er Afro descendant colonel de l’armée française. Il créera même après la révolution française une armée de près de 6000 hommes uniquement des afro descendants qu’on surnomma la Légion de St Georges.

C’est tout le mérite de ce beau film, très musical et pour cause, car les œuvres de Saint Georges, sont omniprésentes dès les toutes premières images.

Un des moments forts de ce film, c’est la séquence de “jam session”, on dirait plutôt une sorte de duel musical entre Wolfgang Amadeus Mozart et Joseph Bologne en live Devant une salle composée essentiellement d’aristocrates, y compris la Reine Marie Antoinette donc des amateurs et connaisseurs de musique classique.

Notre musicien Guadeloupéen, administre une très sévère raclée musicale à Mozart lequel est contraint d’abandonner la scène ; d’aller se cacher quand le public présent fait une incroyable stand ovation au jeune musicien Guadeloupéen.

Autre moment inoubliable ; celle où l’on voit CHEVALIER sur scène devant un public entièrement acquis à la cause de la révolution française, interprétant un morceau qui appelle à la liberté. La Reine veut le faire arrêter, par un militaire déjà haineux et aigri car malgré sa mise en garde, sa femme a eu un enfant “métis”. A ce moment la foule anti royaliste se lève. CHEVALIER quitte la scène et affronte du regard le militaire cocu, qui est alors mis hors d’état de nuire par la foule en colère.

CHEVALIER est pour l’heure hors écran, et on ne s’en étonne pas, car ce film qui est fondamentalement anti colonial n’est pas (encore) projeté en Guadeloupe. En dépit des efforts faits par la Direction de CinéStar “CHEVALIER” ne peut être vu que sur une plateforme de diffusion digitale.

Le Président de Région, le Directeur de la DAC Guadeloupe, sont informés par ce qui ressemble à s’y méprendre à une forme de “censure” qui ne dit pas son nom.

Quand CHEVALIER pourra être (enfin) vu par les Guadeloupéens, ils auront une meilleure connaissance de Joseph Bologne, de son époque de la France d’avant 1802. Il faut aussi savoir que lors du rétablissement de l’esclavage par Napoléon, ce dernier ordonna que toutes les œuvres musicales de Joseph Bologne soient interdites.

N’est-ce pas un peu ce qui ce qui se passe pour ce film …plus de 2 siècles après la mort de CHEVALIER !

CHEVALIER un film de Stephen Williams 1:47:00 tourné en République Tchèque avec Kelvin Harrison Jr (Joseph Boulogne), Ronke Adekueljo (Nanon ), mère de Joseph Bologne.

2 réflexions sur “Guadeloupe. Cinéma. “CHEVALIER” le film (interdit) que les Guadeloupéens doivent voir et revoir !”

  1. Napoléon n’a pas fait qu’interdire les partitions de St. Georges, il en a fait détruire certaines. Son pays est tellement fidèle à son interdiction qu’il y a quelques années, j’ai essayé de trouver, en vain, ses partitions en France dans une librairie dite de musique ancienne…

  2. cela reflete en fait quelque chose beaucoup plus profond que ca.
    Malheureusement, la Guadeloupe, comme la Martinique, est encore dans un système d’apartheid silencieux, qui se révèle au grand jour quand on visite ces îles. c’est un triste constat, car les habitants ne peuvent s’épanouir ni sur le plan de l’entreprenariat, ni sur le plan de la culture. Il y a une culture de remplacement, surtout pour les postes à responsabilité, qui est systématiquement remplacée par ces Français blancs de France, ce qui contribue malheureusement à l’incapacité des Antillais à s’élever dans les classes sociales, donc ils doivent impérativement être assujettis avec des postes de sous-responsabilité, ce qui permet en fait un contrôle total du système économique de ces îles.
    j’aimerais que ce commentaire soit mis au défi afin de débattre de cette opinion, la balle est dans votre camp.
    Cordialement

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