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Jis Bastè ?

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« Jis Bastè », « jik bastè » ou encore « Jous Bastè » est une expression signifiant « jusqu’à Basse Terre ». Elle est très fréquemment utilisée par certains guadeloupéens vivant en Grande Terre c’est-à-dire dans la partie nord de l’archipel.

Cette expression coutumière des habitants de la Grande Terre (Nord de l’archipel) hors de son contexte géographique, sociologique voire économique, n’est pas signifiante. Et pourtant ?

La Gwadloup est une île souvent comparée à un papillon. Les deux “ailes” du papillon sont traversées-coupées-unifiées par un mini fleuve, appelé Rivière Salée qu’on ne peut franchir que grâce au pont de la Gabarre.

Une fois ce pont historique passé nous sommes dans ce qu’on appelle géographiquement “La Basse-Terre“ à ne pas confondre avec la Capitale Basse-Terre”, fondée par le gouverneur Charles Houël, en 1650, comme place forte pour le commerce.

Le bourg est développé par les ordres religieux des Capucins tout au long des xviie et xviiie siècles, puis par l’établissement du Fort Saint-Charles qui permet de contrôler tout le sud de l’île et le port de Basse-Terre. Peu à peu, la ville devient au xixe siècle le centre administratif et économique de l’île,

En fait, géologiquement la Guadeloupe est composée de 2 îles principales, la Basse-Terre au Sud et La Grande-Terre au Nord. A ces 2 îles principales, il faut ajouter Marie-Galante, la Désirade, Les Saintes désignées depuis quelques années sous le terme générique d’îles du sud (www.ilesdusudguadeloupe.com)

Si Basse-Terre est historiquement et administrativement la capitale de la Guadeloupe, de l’autre côté du pont de la Gabare se trouve Pointe-à-Pitre, la ville centre qui fut jusqu’au début du 20e siècle était alors considérée comme la Capitale économique de La Guadeloupe. L’origine de Pointe-à-Pitre remonte pourtant à l’occupation anglaise de la Guadeloupe (1759 à 1763). Le bourg n’occupe alors qu’une petite partie du site dit du « morne Renfermé ». Après le retour de la Guadeloupe à la France, lors du traité de Paris (1763,) la ville prend son essor avec les premiers aménagements.

Donc du fait du rôle économique primordial qu’a joué à Pointe à Pitre, cette ville, son port et la proximité de l’aéroport international ont beaucoup contribué au fil du temps et des époques : a faire The Place To be.

L’activité commerciale, il faut l’admettre y était plus importante au point que Basse-Terre tout étant capitale, semblait cantonnée à une activité purement administrative (sièges de la Préfecture, du Conseil général, de la Région. Bibliothèque Centrale, Fort Delgrès, Archives Nationales, etc…)

Le coup dur, et presque mortel pour Basse Terre aura été en 1976, la fausse éruption du Volcan la Soufrière, quand toute la population du bassin Basse-Terrien, a dû quitter la région et se réfugier dans le Nord-Grande-Terre pour échapper à une éruption qui n’a jamais eu lieu.

Basse Terre fut alors totalement désertée et faillit même au cours des mois de “migration” de sa population perdre son rôle de capitale. Cet exode provisoire contribua à dépeupler la capitale, car il faut le savoir nombre de Basse-Terriens ne sont jamais revenus dans leur ville. De opus, dès la fin des années 60, le port bananier de Basse-Terre avait aussi perdu une grosse part de son activité. Le Port de Pointe-à-Pitre avait ainsi récupéré une grosse part de l’activité de sa rivale Basse-Terrienne.

En réalité, le déclin de Basse-Terre, est aussi la conséquence du manque de vision des politiques qui n’ont jamais pu équilibrer dans toutes ses dimensions les activités économiques, de la Gwadloup.

Ainsi, Basse-Terre perdit au fil des années son attractivité. La conséquence immédiate fut l’imaginaire distanciation entre les deux villes. Pour un habitant de Pointe-à-Pitre, ou du Nord de la Grande-Terre, aller à Basse-Terre, (64 km) est vite devenu une véritable expédition, presque un “ safari” d’autant qu’on pouvait tout faire à Pointe-à-Pitre. Il est même arrivé que des fonctionnaires nommés à Basse-Terre traînent les pieds avant d’accepter de rejoindre leur poste le
Jis bastè en était la cause.

Ainsi donc, le “jis basté” s’est popularisé, au point que certains habitants de la Grande-Terre

Aujourd’hui en 2024, Pointe-à-Pitre a perdu, à son tour son attractivité, légendaire la ville centre est vampirisée à la fois par la zone commerciale de Jarry (Baie Mahault) et la zone administrative de Dothémare (Abymes) où sont parties une grande partie des organismes tels que la CAF, la CGSS, l’Académie, la Cour des comptes etc.… et surtout l’aéroport Pôle Caraïbes. Basse-Terre, qui vient de créer son premier festival culturel, s’efforce de reprendre la place perdue. Le challenge est important pour la ville capitale, possède tous les atouts nécessaires pour reprendre la main ; À condition que la Soufrière reste calme. Mais après l’exode forcé et inutile de 1976, il avait été dit que les Basse-Terriens devaient apprendre à vivre avec leur volcan.

Danik I. Zandwonis

3 réflexions sur “Jis Bastè ?”

  1. bonjour Danik
    Félicitations pour la naissance de cet organe de presse CCN, je lui souhaite longue vie et surtout qu’il soit riche en information et continue à être de proximité
    Edith

  2. CitoyenSinKlod

    Et dire qu’aucun politique de la zone n’a jamais évoqué ni demandé réparations à l’état pour les dommages et préjudices subis par la population . Par contre certains en ont profité pour s’enrichir et gonfler leur portefeuille patrimonial et monétaire

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