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Pourquoi la direction de Rci protège-t-elle le RN ? Car Barbara O Zandronis n’est pas Christine Kelly !

Pourquoi la direction de RCI protège -t-elle le RN? car Barbara O. Zandwonis n’est pas Christine Kelly !

4/5

Mohamed Kaci a été lâché par la rédaction de TV5 Monde. Du moins, c’est ce que l’on pouvait lire dans la presse à la suite d’un entretien accordé par ce journaliste à un colonel de l’armée israélienne. Ce colonel, qui a fait le tour des médias français, justifiait le bombardement d’écoles, d’hôpitaux, le meurtre de milliers de civils et d’enfants, par la loi du talion. Contre le droit international. Contre l’ONU. Mohamed Kaci questionna : « Donc vous vous comportez comme le Hamas ? » Ce fut la question de trop. Il est risqué, apparemment, de mettre en cause le discours d’un militaire propagandiste. Cette question valut à Mohamed Kaci sa place.

L’histoire se répète, en Guadeloupe, mais elle est plus silencieuse. L’affaire est moins médiatisée en France, alors elle suscitera moins d’indignation. Pourtant, le procédé est à peu près le même.

Barbara Olivier Zandwonis accorda une interview au président du Front National, Jordan Bardella. En Guadeloupe, les représentants du FN n’ont pas bonne presse. Jean-Marie Le Pen n’avait pas pu poser le pied sur le sol guadeloupéen, quand il avait tenté de se rendre sur l’archipel. Quant à sa fille, elle avait dû être exfiltrée. Mais Bardella, lui, put s’exprimer dans les médias et même donner une conférence. 

Sur RCI, le président du plus emblématique parti politique raciste et antisémite de la Vé république, ne fut pas ménagé. Barbara Olivier Zandwonis, pour ainsi dire, ne le lâcha pas d’une semelle : ni sur ses votes au parlement européen, ni sur son activité quasi inexistante, en termes de propositions, dans la même enceinte, ni sur la question de l’immigration. Le président du FN, parti politique profondément raciste, fut repris par la journaliste à la suite à certaines de ses déclarations. Selon lui, l’Europe ne pouvait pas devenir une auberge cinq étoiles pour l’Afrique. Barbara Olivier Zandwonis questionne alors : « Est-ce que vous estimez que les trottoirs parisiens, les campements de fortune de Calais, ont des points communs avec les auberges cinq étoiles ? » Bardella botta en touche, et répondit à côté. Stratégie d’évitement. Démagogie habituelle. Mais Barbara Olivier Zandwonis n’abdique pas et répète la question. La réponse de Bardella, délirante, vise à individualiser le politique : « Madame, puisque vous êtes soucieuse de la misère, j’imagine que vous ouvrez votre appartement ». Nouvelle stratégie d’évitement. S’il est besoin de le rappeler à ce petit partisan fasciste, les politiques d’immigration n’ont rien à voir avec des initiatives individuelles. La politique, d’ailleurs, en appelle au collectif, et non à l’individu.

Féroce, un peu trop pour la  gentille direction de RCI, manifestement, Barbara Olivier Zandwonis s’est faite mise à l’écart  de la présentation du Journal  par son employeur. Une première lecture, assez simple et littérale des événements, consiste à voir dans ce choix éditorial une menace sévère pour la liberté de la presse. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Quand une liberté est empêchée, c’est rarement sans raison. En général, des actes sont interdits parce qu’ils constituent en eux-mêmes une menace pour d’autres formes d’expressions libres. Quelle forme d’expression libre l’éviction de Barbara Olivier Zandwonis protège-t-elle ? L’expression libre de thèses racistes, antisémites, islamophobes. En renvoyant Barbara Olivier Zandwonis, la direction de RCI protège l’extrême droite. Bravo à elle.

Alors qu’il était interrogé sur le rôle du juge dans l’appareil judiciaire, le philosophe Michel Foucault rétorquait, non sans une certaine malice : « Le juge, à quoi peut-il bien servir celui-là ? Si j’étais méchant je dirais, et comme je ne le suis pas, je le dirais tout de même… » Reprenons la formule. Si j’étais méchant, je dirais, et comme je ne le suis pas, je le dirais tout de même, qu’il est difficile pour une direction blanchie de défendre les intérêts des racisés, quand bien même ceux-ci seraient contraints de discuter avec ceux qui fomentent leur anéantissement. Alexandra Élizé, ex candidate de l’émission de téléréalité Koh Lanta et, accessoirement, directrice de RCI, ne sait pas ce que c’est qu’être noir. Et, à dire vrai, si j’étais méchant, je dirais, et comme je ne le suis pas, je le dirais tout de même, je dirais qu’elle n’en a probablement rien à faire. Alexandra Élizé est  une  métisse  Caucasienne  Si  demain  le RN arrive au pouvoir, elle n’a rien à craindre. Vu le coup de pouce qu’elle vient objectivement  de lui donner, elle pourra même espérer entrer dans ses bonnes grâces en 2027.. 

Mais passons sur ce détail personnel, et efforçons-nous de déployer une réflexion plus générale. On a tôt fait d’oublier la violence symbolique qui consiste en la confrontation d’une journaliste racisée face à un homme politique raciste. En plus d’être racisée, Barbara Olivier Zandwonis vit en pays colonisé. Double domination : raciale et coloniale. En plus d’être racisée et de vivre en pays colonisé, Barbara Olivier Zandwonis est une femme. Triple domination : raciale, coloniale et patriarcale. En plus d’être une femme, Barbara Olivier Zandwonis dépend de son travail pour vivre, quand son interlocuteur est rentier d’un parti politique fasciste. Quadruple domination : raciale, coloniale, patriarcale et bourgeoise. Il ne s’agit pas de la rencontre de deux personnes. Non, quand Bardella affronte Barbara Olivier Zandwonis, c’est un colonialiste qui s’adresse à une travailleuse racisée qui vit en pays colonisé. L’échange n’est pas égal. Il est asymétrique.

La direction de RCI aurait sans doute préféré que sa journaliste se couche, qu’elle soit douce comme un agneau. Qu’elle montre patte blanche. Mais Barbara Olivier Zandwonis n’est pas Christine Kelly. Elle n’adresse pas aux puissances occultes de prières à la gloire des puissances politiques fascistes. Non, Barbara Olivier Zandwonis résiste à l’oppresseur franco -français,  colon et raciste. Ce qui lui vaut d’être mise en quarantaine : c’est son courage. 

N’en restons pas là. Réduire Barbara Olivier Zandwonis à une femme courageuse, éjectée par excès de bravoure et par idéalisme, serait injuste et, surtout, très éloigné de la réalité. Ce qui importe, c’est l’objet du courage, et le projet qu’il porte en lui. La ténacité de Barbara Olivier Zandwonis est avant tout l’expression d’une résistance contre un oppresseur historique – contre ce que l’histoire a échoué à jeter à la poubelle. L’homme blanc raciste. Les flèches de Barbara Olivier Zandwonis sont autant d’accrocs sur la veste brune et les chaussures cirées de l’appareil colonial et de la domination raciale – puisque c’est son nouveau visage.

La violence du colon est perçue fréquemment comme une abstraction. La violence du colonisé est toujours plus visible. La raison en est simple : elle est plus médiatisée. L’éviction de Barbara Olivier Zandwonis est l’affirmation absolument transparente de la violence coloniale. Elle est aussi le témoignage de la montée du fascisme en France, toujours plus protégé, toujours plus respecté. Ce qui est respectable, pour l’époque, ce n’est pas de combattre de toutes ses forces les idéologues racistes et leur idéologie, mais c’est de leur parler poliment, de se soumettre à leur agenda. Barbara Olivier Zandwonis est la victime d’une machine politique qui la dépasse et nous dépasse tous. Mais, contrairement à beaucoup, elle a fait le choix d’y résister. Elle ne dit pas amen. Elle ne dit pas oui. Elle ne collabore pas. Barbara Olivier Zandwronis n’est pas la figure de la femme courageuse. Elle est la figure de la résistance.

Depuis Paris,  je ne peux participer à aucune manifestation, qui se déroulerait en Guadeloupe par , contre l’infamie portée contre elle par une ex candidate de télé réalité. A tout le mieux, je peux faire parvenir à cette directrice de radio une boîte de cirage accompagnée d’une brosse, afin de lustrer les bottes en cuir. Activité qui lui va à ravir. Que faire ? Ne pas abandonner. En parler, partout, à tous, le plus possible. Ce qui se joue est grave. Barbara Olivier Zandwonis ne sera peut-être pas la dernière. Mais nous ne devons pas nous résoudre à ce que cela se répète. Chacun d’entre nous, conscients de ce qui se joue, doit lutter pour sa réintégration, sa réhabilitation, et pour que lui soit rendue publiquement une dignité que des petits colons  racistes ont essayé de lui arracher. Qu’on ne s’y trompe pas, toutefois, l’indignité concrète, qui se traduit ici par le rejet pur et simple de l’humanité, est du côté de Bardella et de tous ses soutiens, à commencer par la direction de RCI. La honte est de leur côté, ne l’oublions jamais.

Par tous les moyens, soutenons Barbara.

par Dimitry Lasserre
(correspondant CCN a Paris)




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