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Terre de blues 2024, Blues des chiffres, Blues de nous-même

TERRE DE BLUES 2024 BLUES DES CHIFFRES BLUES DE NOUS-MÊMES

TERRE DE BLUES 2024 BLUES DES CHIFFRES BLUES DE NOUS-MÊMES !

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Pawol Lib (Libre Propos) est une nouvelle rubrique de CCN. Notre rédaction propose donc à tous les progressistes qui le souhaitent un espace de communication, une tribune dont le but principal est de porter une contribution au débat d’idées qui fait cruellement défaut dans notre pays. Les points de vue exprimés dans « Pawol Iib » n’engageront pas nécessairement la ligne éditoriale de CCN mais il nous semble indispensable que les intellectuels, la société civile aient la possibilité de pouvoir très librement opiner dans nos colonnes.

Nous avons assisté à la vingt-deuxième édition de Terre de Blues pour cette année 2024, rien de grave ne s’est passé, pas de blessé, pas d’accident… c’est une excellente nouvelle. Surtout lorsque nous savons que l’unité opératoire de l’Hôpital de Ducos n’est pas fonctionnelle, que l’aéroport, bien que refait, est toujours sans l’ombre d’une compagnie. Hélas, nous sommes toujours et encore tributaires d’un éventuel hélicoptère qui doit desservir en même temps la Basse-Terre, les quatre Îles du Sud et la Martinique !  

Autant vous dire que chaque matin, on est en droit de se signer, espérant ne pas être celui qui va devoir l’attendre au petit bonheur la chance. 

Bref, mon propos du jour s’orientera davantage sur le fait que, depuis la création de cet évènement, nous avons bien dit, vingt-deux ans, nous sommes sans rapport financier aucun. 

Comment est-ce possible dans un monde normalement assujetti à des règles légales ? 

Bizarre, bizarre, de constater comment une population est capable toujours d’accepter l’inacceptable.  Le flou et le vide sidéral, à l’image même du Pays. 

L’Association NOU KAT SE YONN, qui se donne pour devoir de poser les vraies questions, au-delà des individus et des cancans qui font légions, ne peut se taire, sans marquer, une fois de plus, son indignation totale face à un tel mutisme qui insulte le Peuple Marie-galantais.

Comment des responsables politiques, qui gèrent l’argent public, peuvent-ils se coucher et dormir en toute tranquillité, se moquant royalement des inconséquences d’une telle pratique ? 

C’est un scandale ! 

Existons-nous encore dans un État dit de droit ? 

Qui permet alors de tels agissements ? Au nom de qui et de quoi ? 

Nous sollicitons aujourd’hui la haute autorité du préfet, afin d’exiger les comptes sur les dix dernières années de cet évènement. Si le préfet n’est pas en mesure d’imposer toute la transparence nécessaire et indispensable au sujet du rapport des comptes de cette activité, nous en référons s’il le faut au ministère de l’Intérieur, et tout naturellement l’Association NOU KAT SÉ YONN se portera aussi partie civile afin de réclamer, du point de vue du droit, la publication de toutes les années passées de ce Créole Blues devenu Terre de Blues.

Avez-vous déjà vu les taux pratiqués à Marie-Galante, particulièrement à Grand-Bourg pour la Taxe Foncière, on s’y croirait sur les Champs-Élysées ! Nous ne vivons pas dans un paradis fiscal. 

Sommes-nous devenus à Marie-Galante des citoyens de seconde zone ?   

Nous référant aux données de l’Express des Îles, entre le jeudi 16/05/24 et le lundi 20/05/24 ; la Compagnie a vendu 38 469 sièges pour 47 allers et retours. En 2023, 35 365 sièges pour 40 rotations allers et retours. On observe une augmentation de 16,6 % par rapport à l’année dernière. L’Express des Îles porte la précision sur 21 386 passagers du jeudi 16 au mardi 21/05/24. Tenant compte du décompte de la Compagnie, elle précise en termes d’allers et de retours, divisant les 21 386 passagers, pour la période, en deux, ce qui conduit à comprendre qu’elle aurait eu, environ 10 693 personnes acheminées vers Marie-Galante durant cet évènement. 

Du 17 au 20/05/24, il y eut 14 prestations payantes ; 5 le vendredi 17 – 4 le samedi 18 – 3 le dimanche 19 et 2 le lundi 20. 

Il serait donc urgent de savoir quel cachet a payé chaque prestation ? Si nous voulons démontrer la viabilité de l’exercice, nous sommes en devoir de faire la balance entre les sorties et les recettes. 

En termes de billetterie, les ventes représentent la soirée entière des prestations, vendredi 17 : 40 € – samedi 18 : 50 € – dimanche 19 : 30 € et pour le 20 : 30 €.  

Il est aussi urgent de savoir le nombre exact des billets vendus par jour (du 17 au 20), bien sûr, afin de déterminer le montant total, le Chiffre d’affaires réel perçu en billetterie pour l’exercice 2024. Le poste recette vient compenser les dépenses, vieux comme Hérode, ce n’est qu’à partir de la sincérité comptable que l’on peut, que l’on doit même, porter des rectifications pour tenter d’améliorer ce rendez-vous.

Bizarre, bizarre, encore une fois, de constater comment une population est capable toujours d’accepter l’inacceptable.  Le flou et le vide sidéral, à l’image même du Pays. Vingt-deux ans que cela dure et personne sur ce caillou ne pose la question ? 

Apparemment, l’Office du Tourisme de Marie-Galante aurait parlé de 25 000 festivaliers. J’aime mieux partir sur la base des 10 000 festivaliers transportés par l’Express, faire le total payé par festivalier pour les différentes prestations du 17 au 20, ce qui fait 40 + 50 + 30 + 30 = 150 € × 10 000 entrées = 1 500 000 €. Regardez de vous-même, s’il fallait tenir compte des 25 000 festivaliers de l’Office du Tourisme de Grand-Bourg : 150.00 × 25 000 = 3 750 000€ ; la transparence s’impose ! 

Comment manipuler de telles sommes de l’argent public en toute obscurité, pour ne pas dire en tout obscurantisme ? Après 22 ans d’exercice, on pourrait croire que Terre de Blues aurait même la capacité de s’autofinancer. Pourquoi pas ? L’affaire est-elle rentable ou déficitaire ? Quels sont les axes de progrès ? Surtout, où sont les résultats ? 

La Région Guadeloupe, qui est le principal financier, reçoit-elle un bilan de chaque exercice ? Que dit-elle ? Que fait-elle ? Réclame-t-elle ce fameux bilan sur la réalité financière de cette activité ?

Comment et pourquoi des Citoyens de la Société Civile sont-ils dans la supplication pour réclamer cette transparence naturelle ? Ce monde est tombé sur la tête ? Comment ne pas générer la suspicion ?  Vivons-nous tous le même monde ? Voyons-nous tous ce que le bon sens devrait nous dicter avec un minimum de sagesse, de consensus et de responsabilité ? 

Il y a 22 ans que nous vivons, que nous subissons cet évènement dans une lugubre et funeste opacité, or il est de notre devoir de demander toute la lumière sur la gestion de ce Festival. 

Vivons-nous alors dans une dictature ou dans une République bananière ? 

Le but n’est pas d’être contre ce projet. Cependant, il faut aussi de l’honnêteté si nous voulons être exemplaires face à une jeunesse qui nous regarde afin d’être les Pygmalion de demain.

En tout état de cause, je m’adresse aussi directement et particulièrement à cette population, à ma population qui, hélas, consciemment ou inconsciemment, valide, légifère et donne quitus à des gens qui, sans scrupules aucuns, profanent la pureté même d’une terre qui réclame élévation et propreté. 

Avons-nous oublié ce que fut ce peuple Marie-galantais dans l’histoire ? Avons-nous déjà oublié d’où nous sortons ? Nous avons l’exigence de la rectitude. 

Marie-Galantais, nous n’avons pas le droit, vous n’avez pas le droit de regarder sans mot dire, prenant ainsi part hélas à la chienlit et au déshonneur ! Nous avons les politiques que nous méritons, mais il convient d’être responsable et capable de se regarder dans un miroir et de se dire, comme le colibri : « J’ai fait ma part. » 

Kaw ja fè, karw ka fè é kaw ké fè ? 

L’état dans lequel se trouve cette île ne peut plus souffrir de mollesse, de « kaw vlé fè » ; dé élas ; sé konsa sa yié ; nous sommes témoins et par ailleurs acteurs de toutes ces dérives, donc directement comptables, coupables de cette ignominie rampante qui nous enfonce et qui rendra l’avenir de plus en plus difficile à nos enfants et petits-enfants.

C’est à croire que cette populace elle-même ne croit plus en rien, un monde en dérive, tous suicidaires, sans perspective aucune, ayant foi seulement en un quotidien éphémère et tragique. Un laisser-faire dans la puanteur, la médiocrité et l’immobilisme. 

On a sorti le loup de la bergerie, on a gardé son louveteau, on l’a nourri, on a pris le soin de bien aiguisé ses crocs et on l’a encore lâché dans la bergerie. 

À quoi donc auront servi les luttes d’hier ? 

« Il faut supposer Sisyphe heureux ! »  Sommes-nous des Atlas condamnés à porter le monde des malheurs sur nos épaules à la barbe de certains qui en jouissent sans retenue aucune, voire avec mépris des autres ?

 Que nous est-il arrivé ? 

Que vous est-il arrivé ? 

Que sommes-nous devenus ?  

Qu’êtes-vous devenus ?

Chacun essaye de tirer son profit vis-à-vis des plus gros profiteurs et on croit bâtir un Pays de la sorte. On pactise avec le diable, au risque de devenir soi-même son complice et son sujet.  Nous sommes devenus des achetés, du béni-oui-oui, des quêteurs de faveurs, des suceurs d’os, des affamés, des sans vergognes, des sans dignité, des riens, des moins que riens… il est temps de se ressaisir et d’oser le monde dans son objectivité et dans sa rationalité pour le bien collectif dans la dignité de nos ancêtres.

Ainsi, il faut arrêter cette collaboration stérile et diabolique. Des gens qui n’ont ni devoir ni capacité à améliorer notre existence. Pour cause, ils n’ont aucune perspective de l’avenir, sinon la vue immédiate du jour, toujours autocentrée sur leur propre personne. Des gens à qui on a offert le pouvoir du mal en place du bien, qui n’ont ni stratégie ni plan, a fortiori un programme digne de ce nom. 

Que veulent-ils ? 

Que proposent-ils ?  Le néant d’eux-mêmes !

On ne les a jamais entendus défendre le Pays, défendre l’Usine de Grand-Anse, les Planteurs, les Marins Pécheurs, les Taximen, les Commerçants, les Enseignants, la Jeunesse, et autres… ! 

A-t-on jamais vu ce monde manifester contre la fermeture de la Maternité et du bloc opératoire de l’Hôpital de Ducos ? 

A-t-on vu ce monde s’énerver contre la montée des Impôts locaux, contre la fermeture des Écoles, contre la vente des terres Marie-galantaises aux plus offrants… ? 

YO KA FÈ ZAFÈ A YIO comme d’habitude ! 

Tant que vous garderez les yeux fermés sur ce genre d’agissements, le Pays restera à la dérive. Les plus sérieux dégoutés de cette existence pathétique finiront par s’en aller (c’est déjà le cas) et le Pays restera aux mains d’une main-d’œuvre asservie, acculée et esclave de ces mêmes personnes qui n’auront jamais rien fait pour nous permettre de redresser la tête. 

Bizarre, bizarre de constater comment une population est capable d’accepter l’inacceptable.

Jusqu’où se poursuivra notre descente aux enfers ? 

Qu’attend le peuple Marie-Galantais pour réclamer justice dans cette affaire ?

Bernard LECLAIRE 

Président Coordonnateur de NOU KAT SÉ YON

2 réflexions sur “Terre de blues 2024, Blues des chiffres, Blues de nous-même”

  1. Le nombres de festivaliers pourraient se rapprocher des 25 000, si vous comptez tous ceux qui viennent avec d’autres embarcations. et pour le coût des billets, nombreux ont des tarifs négociés (concert et traversée), par contre OUI les dépenses sont chiffrages !!!

  2. bonsoir,
    une question “technique”. a quoi correspondent les 150 € avancés ?
    selon mes informations, les billets festivals, le plus souvent achetés à l’avance, l’ont été sous forme de pass à 90 ou 120 € pour les 4 soirs, le dernier étant gratuit et ouvert à tous.

    En outre, on ne peut pas considérer que les voyageurs ayant pris un billet sur l’express des îles sont tous des festivaliers, ayant dans le même temps depensé le prix du pass concerts.
    Une proportion non négligeable de passagers n’assiste pas aux concerts, ou en tout cas pas a tous, au profit de soirées privées qui se développent ces dernières années en profitant du festival pour faire leur business (VO, jimmy’s et autre Pinky pool, … ).

    il serait donc en effet important d’avoir des données précises, et fiables, pour analyser le coût et les recettes réelles du festival pour le budget des collectivités territoriales.

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