Guadeloupe • Mémoire historique. 64 ans après le crash de Deshaies, l’UPLG réclame la vérité
Guadeloupe • Mémoire historique. 64 ans après le crash de Deshaies, l’UPLG réclame la vérité
Deshaies. Lundi 22 juin 2026. CCN.
Il y a 64 ans, le crash de Deshaies coûtait la vie à 113 personnes à bord du Boeing 707 d’Air France, parmi lesquelles deux figures majeures de la lutte anticoloniale antillo-guyanaise. L’Union pour la Libération de la Guadeloupe (UPLG) a commémoré ce lundi la mémoire des victimes, en réclamant une nouvelle fois l’ouverture des archives d’État sur les circonstances de la catastrophe.
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Il y a 64 ans, le 22 juin 1962, le Boeing 707 « Château de Chantilly » d’Air France s’écrasait sur les hauteurs de Caféière, à Deshaies. Le crash Deshaies avait alors brisé net la vie de 113 personnes. Plus de six décennies plus tard, l’Union pour la Libération de la Guadeloupe (UPLG) s’incline avec respect devant la mémoire des victimes, alors que des zones d’ombre persistantes continuent, selon le mouvement, d’interpeller la conscience collective.
Parmi les disparus figuraient deux figures de proue de la conscience antillo-guyanaise : Albert Béville, dit Paul Niger, haut fonctionnaire, écrivain et militant guadeloupéen, ainsi que Justin Catayé, député de la Guyane et fondateur du Parti Socialiste Guyanais. De nombreux autres militants, passagers et enfants du pays comptaient également parmi les victimes.
Un contexte politique lourd de suspicions
D’après l’UPLG, ce drame serait survenu dans un climat de répression coloniale intense. Albert Béville et Justin Catayé étaient des piliers du Front Antillo-Guyanais pour l’Autonomie, un espace de convergence des forces anticolonialistes qui contestait frontalement la politique assimilationniste de l’État français, alors en pleine crispation face aux mouvements de libération nationale, notamment en Algérie.
Selon le mouvement, Justin Catayé se rendait en Guyane pour organiser la résistance face au déploiement des forces militaires françaises, tandis qu’Albert Béville était interdit de séjour sur sa terre natale en raison de ses écrits et de son engagement militant.
L’UPLG réclame l’accès aux archives
Les conclusions officielles de l’époque évoquaient une panne d’instruments de bord et des conditions météorologiques défavorables. Cependant, selon l’UPLG, la concomitance entre la disparition de ces leaders politiques et le sabordage du Front Antillo-Guyanais laisse planer le spectre d’un assassinat politique ou d’un sabotage d’État. Le mouvement dénonce ce qu’il qualifie d’« amnésie coloniale » et exige la transparence totale sur l’ensemble des archives d’État — militaires, diplomatiques et de renseignement — relatives au vol Air France 117, ainsi que la reconnaissance officielle par l’État français de la dimension politique du drame.
Faire vivre la mémoire du crash de Deshaies
Pour l’UPLG, le sacrifice d’Albert Béville, de Justin Catayé et de leurs compagnons de route doit rester un repère pour la jeunesse guadeloupéenne. Le mouvement appelle à faire vivre cette mémoire non comme un simple souvenir douloureux, mais comme un moteur de la quête de justice et d’émancipation qu’il revendique.

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