France. Société. La loi Taubira fêtée à la Mairie du 6e pour ses 25 ans
France. Société. La loi Taubira fêtée à la Mairie du 6e pour ses 25 ans
Paris. Mardi 28 juillet 2026 | CCN.
La loi Taubira a été célébrée à la Mairie du 6e arrondissement de Paris, à l’occasion de son 25e anniversaire. Le maire Jean-Pierre Lecoq et le directeur artistique Jean-Marc Crantor ont réuni la comédienne Céline Samie et le musicien Cyrille Daumont pour une soirée mêlant poésie et gwo-ka guadeloupéen. Deux cents spectateurs ont assisté à cet hommage rendu à Christiane Taubira, autrice du texte adopté à l’unanimité le 21 mai 2001.
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La loi Taubira a été célébrée à la Mairie du 6e arrondissement de Paris, où le maire Jean-Pierre Lecoq a choisi de rendre un hommage vibrant à ce texte du 21 mai 2001 qui reconnaît la traite et l’esclavage transatlantiques ainsi que dans l’océan Indien comme crimes contre l’humanité. Sur une idée originale de Jean-Marc Crantor, la mairie a proposé une soirée inédite.
Une étape décisive dans la reconnaissance de l’histoire coloniale
En adoptant à l’unanimité cette proposition de loi, déposée par Christiane Taubira, alors députée de la Guyane, la France reconnaît officiellement une part essentielle de son histoire coloniale et de ses héritages. L’adoption de ce texte n’a pas été simple et a donné lieu à de nombreux débats et controverses.
Les historiens s’accordent à souligner l’existence d’un très long silence sur la traite négrière et l’esclavage, vécu par de nombreux ultramarins comme un déni de l’histoire de leur territoire. Cette reconnaissance officielle a permis de rappeler que la France a été une grande puissance esclavagiste, et qu’il a fallu deux abolitions, en 1794 et en 1848, pour mettre fin à ce système.
Un rendez-vous mémoriel parmi d’autres
Les dates de commémoration de la mémoire de l’esclavage s’étalent de mai à décembre et permettent à de nombreux acteurs de la société civile et publique d’organiser des cérémonies. C’est dans ce cadre que s’inscrit la démarche du maire du 6e, qui a souhaité proposer un rendez-vous culturel singulier pour célébrer les 25 ans de la loi Taubira.
Un double hommage à deux figures guyanaises
Cette soirée a été l’occasion de rendre hommage à deux personnalités originaires de Guyane. D’abord à Christiane Taubira, pour le projet de loi qu’elle a porté et défendu au Parlement. Ensuite à Philippe Martial, directeur honoraire de la Bibliothèque et des Archives du Sénat et poète, à travers la lecture de son long poème « Guyane ou l’esclave marron ». Écrit en alexandrins, ce texte décrit les souffrances d’un jeune esclave, victime de la traite, et sa soif de vengeance. Il a obtenu le Grand Prix annuel 2024 de la Poésie, décerné sous l’égide du président de la République par la Société des poètes français.
Le gwo-ka de Guadeloupe associé à la mémoire guyanaise
Bien qu’intitulé « Guyane ou l’esclave marron », le poème de Philippe Martial évoque toutes les colonies françaises ayant connu l’esclavage. « C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’y associer le gwo-ka, la musique née durant la période esclavagiste en Guadeloupe », explique Jean-Marc Crantor, directeur artistique de l’événement, qui y voit un moyen de créer du lien entre des territoires ayant connu des sorts similaires.
Sur scène, la comédienne Céline Samie ne se contente pas d’une lecture : elle interprète l’esclave marron avec une profondeur saluée par le public. Elle est accompagnée de la puissance musicale de Cyrille Daumont, spécialiste du gwo-ka, qui a dirigé la partition et fait résonner le ka et les chants avec intensité. Les artistes ont tenu en haleine les 200 spectateurs venus assister à ce spectacle jugé honnête, élégant et humain.
Un volet pédagogique tourné vers la jeunesse
La commémoration a aussi été l’occasion de mettre en lumière les enjeux civiques et mémoriels liés à la loi Taubira. Jean-Marc Crantor y a associé de jeunes élèves de CM2 de trois écoles, deux parisiennes et une en Guadeloupe, convaincu que l’esclavage n’est pas perçu de la même manière selon que l’on vit en Outre-mer ou dans l’Hexagone. « L’école est le principal lieu de transmission de cette histoire, le regard des enfants apparaît essentiel sur cette partie de notre histoire commune », explique-t-il.

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