Guadeloupe • Société. La santé mentale vue par Marlyne Dabrion.
Guadeloupe • Société. La santé mentale vue par Marlyne Dabrion.
Basse-Terre – la Capitale. Mercredi 7 octobre 2026 | CCN.
Comment parler de santé mentale en Guadeloupe quand dire « tèt la pa bon » reste bien plus difficile qu’avouer « kò la pa bon » ? Dans Ki jan nou gaya an Gwadloup, paru chez PLB Éditions, la sociologue et cadre supérieure de santé Marlyne Dabrion part des mots ordinaires du créole pour interroger notre façon de tenir, de souffrir et de nous relever, seuls et ensemble. Un essai accessible qui relie l’histoire, la culture et les réalités sociales de l’archipel à une question universelle.
Source : Dossier de presse PLB Éditions – Ki jan nou gaya an Gwadloup, Marlyne Dabrion – Octobre 2026.
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La santé mentale en Guadeloupe reste souvent un sujet sensible, entouré de silences, de peurs et d’idées reçues. C’est ce constat que Marlyne Dabrion place au cœur de son nouvel ouvrage, Ki jan nou gaya an Gwadloup — Une approche culturelle et sociétale. La santé mentale en Guadeloupe, publié chez PLB Éditions et imprimé en Guadeloupe.
Une autrice entre sociologie et soin
Docteure en sciences sociales, spécialité sociologie, de l’Université René-Descartes Paris V, Marlyne Dabrion est infirmière et cadre supérieure de santé de la fonction publique hospitalière. Ancienne directrice adjointe de l’Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI), elle a longtemps formé et encadré soignants et cadres de santé. Originaire de Guadeloupe, elle s’attache dans ses travaux aux liens entre réalités sociales, culture et pratiques professionnelles.
Ce que les mots créoles disent de la santé mentale en Guadeloupe
Le point de départ de l’essai est volontairement simple : les échanges du quotidien. À « Kaw fè ? », on répond le plus souvent « Sa kay », parfois « An la ka chenbé ». Selon l’autrice, ces formules en apparence banales traduisent une manière de tenir face aux épreuves, et une règle implicite largement partagée : dans la vie, il ne faut pas fléchir.
Marlyne Dabrion relève une nuance révélatrice. Dire « kò la pa bon », situer son mal-être du côté du corps, reste admis. Dire « tèt la pa bon », reconnaître une fragilité de l’esprit, expose davantage au regard et au jugement des autres. À propos d’un tiers, en revanche, « tèt ay pa bon » se dit plus facilement, comme une façon d’évoquer la souffrance sans recourir à des mots jugés trop brutaux. Pour l’autrice, le langage dévoile autant qu’il protège.
« Gaya » : une vision globale de l’équilibre
Le terme « gaya » porte, d’après Marlyne Dabrion, une conception large de la santé. Il ne se limite pas à l’état psychique mais englobe l’équilibre physique, relationnel, familial, communautaire et social. Être gaya, c’est tenir dans sa vie et dans ses liens avec les autres.
L’ouvrage invite ainsi à ne plus réduire la santé mentale à la maladie ou à la psychiatrie, comme si elle n’existait qu’au moment de la rupture, mais à la considérer comme une réalité qui concerne chacun.
Une histoire collective, des solidarités vivantes
En Guadeloupe, souligne l’autrice, la question prend une résonance particulière. Elle s’inscrit dans une histoire marquée par la colonisation, des inégalités persistantes et des croyances encore vivantes, mais aussi dans des solidarités familiales et communautaires qui continuent de soutenir beaucoup de personnes dans les moments difficiles.
Violences, mal-être, solitude, tensions familiales, conduites à risque, fatigue psychique : l’essai examine ces réalités du quotidien, les représentations qui les entourent et les ressources qui aident à tenir. Sans figer la créolité, qu’elle décrit comme vivante et ouverte, Marlyne Dabrion relie la singularité guadeloupéenne à des questions humaines universelles, avec une interrogation en fil rouge : comment, ensemble, rester « byen gaya an Gwadloup » ?
Source : Dossier de presse PLB Éditions – Ki jan nou gaya an Gwadloup, Marlyne Dabrion – Octobre 2026

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