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Statut politique : Les Guadeloupéens sont-ils prêts pour le changement que propose Losbar ?

Danik Zandwonis.

Statut Politique : Les Guadeloupéens sont-ils prêts pour le changement que propose Losbar ?

4/5

La dernière fois que les Guadeloupéens se sont exprimés massivement lors d’un scrutin concernant une possible évolution statutaire, (assemblée unique) c’était le 7 décembre 2003. On se souvient que Victorin Lurel avait effrayé les électeurs en brandissant le vieux slogan des assimilationnistes des années 60 : “autonomie sé zasyet vid”. Et ça avait bien fonctionné, puisque à 73% le “non” l’avait emporté.

C’est sûr que Lurel avait très sérieusement fait campagne, mais était-ce la seule cause de ce refus massif d’une “petite évolution” ?

Il ne faut pas craindre de le souligner avec force, le peuple guadeloupéen à cette époque, ne souhaitait pas quitter sa zone de confort colonial.

Lucette Michaux Chevry (LMC) qui était jusqu’à cette date présidente de région, n’avait pas réussi à convaincre les Guadeloupéens de la nécessité du changement.

La Déclaration de Basse Terre” qu’elle avait co-signée avec Alfred Marie-Jeanne (Leader martiniquais indépendantiste) et le progressiste Guyanais Antoine Karam en décembre 1999 n’avait pas été bien reçue en Guadeloupe. Car cette “déclaration” émanant d’un trio de présidents de Région unis le temps d’un texte, n’a jamais eu l’écho nécessaire au sein du peuple Guadeloupéen.

Comment les Guadeloupéens pouvaient-ils croire un instant qu’au-delà de ce texte, LMC puisse vraiment s’opposer à la politique coloniale d’un Chirac dont elle était proche ?

On peut même en allant un peu plus loin, penser que cette ”Déclaration de Basse-Terre” annonce déjà la chute de LMC en 2003 et l’arrivée de Lurel, lequel a su exploiter stratégiquement et à son profit “l’erreur” de LMC

Mais nous en sommes plus là. Février 2024, après plus de 16 congrès qu’ on croyait destinés à faire bouger les lignes du statut politique Guy Losbar propose un nouveau congrès d’élus en juin prochain.

Comme d’hab, on mobilise alors des universitaires soit-disant “experts” qui pour la énième fois, vont analyser, radiographier, la situation du pays et accompagner des élus qui sont sur la même ligne que Losbar. C’est la règle du jeu.

Ces “experts” qui sont à une exception près que des réels produits du système colonial actuel, ils ne peuvent en aucun cas casser les codes. Ils demeurent tous bien installés dans un doux consensus, selon le ”cahier des charges” politique qui leur a été indiqué.

En réalité, les universitaires experts de la “nouvelle génération” ne sont aucunement des patriotes ou des militants nationalistes, engagés, comme le furent jadis : Eric Edinval (économiste), Roland Thesauros, (fiscaliste), Eric Nabajoth (politiste), Longa, etc…

A aucun moment dans leur “expertise”, pas assez clairvoyante, ils ne remettent en cause le système colonial français qui perdure ici depuis 4 siècles. Ils caressent tous Losbar et les élus de la commission ad hoc dans le sens du poil.

1er constat. Nos “experts” ne sont pas des anticolonialistes. Ce sont juste des “spécialistes” du droit français. Ils rabâchent sans cesse les articles de la “constitution” française pour tenter de trouver une “fenêtre” de tir. Oublieux qu’ils sont les pauvres, que les élus actuels ( à quelques rares exceptions ) n’ont plus la confiance du peuple Guadeloupéen.

2e constat. Nos” experts “restent dans l’entre soi politique et confortent les choix de Losbar, mais en amont ils contribuent déjà à l’échec du futur congrès de juin 2024

Quand nous disons échec, cela signifie que les résolutions qui seront prises, à la fin du congrès devant les caméras de Canal 10 ou de Guadeloupe 1ère, ne risquent pas de convaincre le peuple guadeloupéen, de la nécessité du changement.

3e constat. Les “experts” n’ont à aucun moment de leur “expertise,” tenu compte du fait que la France vient d’annoncer qu’elle va réduire de 10 milliards toutes les dépenses de l’Etat. Cela signifie que le budget accordé aux dernières colonies françaises va aussi connaître des coupes sombres et avec toutes les conséquences prévisibles.

Enfin, au moment où la question du transport maritime dans les îles du sud de notre archipel est une réelle problématique, ni la Région, ni le CD n’ont pu empêcher à une société allemande de récupérer l’Express des îles…

Suite à ce Congrès du mois de juin, que peut-il se passer alors ?

Séquence de politique fiction.

Losbar, peut-il prendre le risque de se lancer dans une campagne et proposer un référendum pour ou contre une Assemblée Unique dont il souhaite ardemment en être le premier président ?

Les Guadeloupéens vont-ils valider ce processus de changement ?

Les patriotes nationalistes et indépendantistes (UPLG, UGTG, FKNG, ANG, PCG, LKP) vont-ils au nom du ”consensus”, aider Losbar ou s’opposer radicalement à ce projet ?

La réponse risque d’être négative. Mais on attendra la décision de l’ANG.

Ary Chalus, qui lui se tient là relativement loin du projet Losbarien, s’engagera-t-il dans un combat qui n’est pas le sien ?

L’ultime solution viendrait alors d’une décision du gouvernement colonial d’ouvrir à Losbar la porte d’une “domiciliation” du pouvoir, une sorte de fausse autonomie que les Corses refusent déjà en se préparant à d’autres formes de luttes.

C’est à ce moment que bab la kay pété é pèp la kay lévé gaoulé.

Le système qui pourrait être mis en place dans le contexte actuel en quoi serait-il supérieur ou meilleur à ce qui existe déjà en Martinique, en Guyane ?

Nos “experts” ont-ils prévu ce scénario catastrophe : un peuple révolté refusant de sortir de sa “zone de confort” et qui pourrait comme en 2003 dire “NON” à la classe politique actuelle : mi sé la nou yé jodla.

A qui le faute ?

DZ

2 réflexions sur “Statut politique : Les Guadeloupéens sont-ils prêts pour le changement que propose Losbar ?”

  1. Bien vu. Des idées correctes même si elles doivent être discutées, mais il fallait les poser.
    Encore une démarche personnelle, qui ne va pas dans le sens de la population.
    La question fondamentale doit etre:
    faut il se donner les moyens pour changer ou bien
    faut il changer pour se donner les moyens ?.
    Qui pense autrement?.
    on tourne en rond (dixit Soft)

  2. Extrait :”Lucette Michaux Chevry qui était jusqu’à cette date présidente de région, n’avait pas réussi à convaincre les guadeloupéens de la nécessité du changement… Car cette “déclaration”…, n’a jamais été eu l’écho nécessaire sein du peuple Guadeloupéen.
    Je pense plutôt qu’un grand nombre d’élus autour de LMC, ne se sont jamais appropriés le projet, n’ont jamais fait campagne ni pour l’expliquer, ni pour s’en convaincre eux-mêmes, faute d’ambition pour le pays, faute de Culture et de volonté. politiques.
    Mwen palé, mwen maké dé mo !

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