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Guadeloupe. Macte@Varo/ Bus des mers/ Formation/ Autonomie/ Décolonisation@Kanaky : Pourquoi A. Chalus est-il aussi silencieux ?

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Guadeloupe. Macte@Varo/ Bus des mers/ Formation/ Autonomie/ décolonisation@Kanaky : Pourquoi A. Chalus est-il aussi silencieux ?

Guadeloupe. Macte@Varo/ Bus des mers/ Formation/ Autonomie/ décolonisation@Kanaky : Pourquoi A. Chalus est-il aussi silencieux ?

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Dernière Heure. Nous étions à la rédaction de cet édito, quand nous avons appris avec un immense soulagement que les présidents des collectivités de Guyane, de Martinique et de la Réunion avaient clairement et courageusement exprimé leur soutien au peuple Kanak en prenant position pour le retrait de la loi votée pour le dégel du corps électoral.
Sur cette question, le président Guy Losbar, a lui aussi exprimé son soutien au peuple kanak La surprise- mais est-ce vraiment une ? Est-ce venue d’’Ary Chalus le président de région ? Il a tenu par communiqué de presse à prendre ses distances avec ses collègues. En agissant de la sorte, Chalus entend à la fois montrer, à quelques jours du congrès des élus, qu’il n’est pas sur la même ligne que Losbar mais aussi et surtout tout comme le sénateur Théophile (pourtant proche de Losbar) qu’il va dans les sens du pouvoir colonial. En effet, depuis son procès (Janvier 2024), pour lequel il a été condamné à 15 mois de prison et deux ans d’inéligibilité, Chalus se sait très fragilisé et donc affaibli. L’épée de Macron-Damoclès frôle son crâne. Pour l’heure, il est donc condamné à manger son chapeau et avaler toutes les couleuvres gouvernementales
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Les kanaks, un peuple millénaire et souverain

À « l’autre bout » de la Terre, des frères indépendantistes kanaks se battent en conscience. Ils méritent notre soutien, notre solidarité, notre approbation. La violence coloniale s’impose à eux, ainsi que le décrivait jadis Fanon, elle est l’arme du révolutionnaire qui observe que la souveraineté de son peuple est atteinte, niée. Le Gouvernement français actuel a brutalement cassé les accords de Nouméa, en imposant le dégel du corps électoral

Évidemment, on tente de réduire ces combattants de la liberté à des groupes de « Jeunes, alcoolisés, drogués, armés, qui sèment la terreur ». Déjà vu. En vérité, ces jeunes kanaks constituent la jeunesse politisée, conscientisée, d’un peuple millénaire, souverain, fier, dont les chefs coutumiers s’acharnent depuis des décennies à vouloir décoloniser leur territoire, et se battent pour sortir du joug d’un ex-empire colonial qui sait faire la leçon à la Russie essayant d’« annexer » l’Ukraine, qui sait renvoyer sa chanteuse peut-être la plus talentueuse vers les marchés de Bamako, qui sait ostraciser les « étrangers » de tous bords sur son sol mais se plaît, ici, à ne pas vouloir respecter la Terre des autres. La question Kanak, et les réactions militaristes du pouvoir français, démontrent à tous le caractère colonialiste du pouvoir français.

Domiciliation du pouvoir avec ou sans référendum ?

Pour nous, ici, en Guadeloupe, la réalité paraît différente. On dirait que le canari continue d’abriter des crabes qui se tirent, les uns les autres, vers le bas.

De grands cadors politiques ont beau murmurer à l’oreille du Guadeloupéen les mots doux de “domiciliation du pouvoir,” d’évolution institutionnelle, d’assemblée unique, Gwadloupéyen la pa ka tan mach’ De plus côté Losbar, son semble vouloir passer outre le volonté populaire et imposer un “changement” sans aucune consultation :biten a bab!

Eh bien oui, si nous avions réussi à montrer que le soi-disant « peu » de pouvoir que nous avons, nous savons l’utiliser, peut-être que le Guadeloupéen pourrait écouter ces mots qui ne reflètent aucune réalité.

Incapacité à nous gérer :

Alors bien entendu, l’exemple le plus frappant, le plus visible, le plus quotidien de cette incapacité répandue à nous gérer nous-mêmes et à en faire endosser la responsabilité à l’autre, c’est la gestion de l’eau en Guadeloupe, par les élus de Guadeloupe et par tous ceux censés s’assurer que les réseaux et les canalisations sont entretenus, réparés, changés, comme cela se fait à la Réunion par exemple (région monodépartementale avec deux assemblées) et dans les autres régions de France.

Il y aurait beaucoup à dire sur cette démonstration d’incapacité de gestion de la ressource la plus précieuse et des moins rares sur l’île aux belles eaux. Que ce soit par le biais d’un ou de plusieurs syndicats de gestion de l’eau, quels que soient les élus en responsabilité, le Guadeloupéen continue à ne pas avoir d’eau qui coule tous les jours dans son robinet, en carême comme en hivernage, en Grande-Terre comme en Basse-Terre, à Terre-de-Haut comme à Marie-Galante. Que dire de l’état des routes en Guadeloupe qui ne cesse de se dégrader. Nos élus ont réussi à créer le concept d’une nouvelle route livrée abîmée ou éventrée à Jarry. Impossible de rouler à Pointe-à-Pitre sans slalomer entre les trous, les nids de poule, ou d’autruche. Que dire de la situation du transport en Guadeloupe ?

Que dire de la situation du centre des Arts qui verra peut-être une éclaircie, parce que nos artistes talentueux ont maintenu des actes de résistance, de résilience sans jamais renoncer à leur créativité engagée.

Le Macte, une plaie béante.

Que dire du Macte, objet de toutes nos divisions, alors qu’un nouveau conflit semble apparaître entre les ex-salariés licenciés du Macte et la nouvelle directrice par intérim.

Ah le Macte… (Soupir). Ce centre caribéen censé honorer la mémoire de nos combats vers la dignité se trouve être l’expression de nos plaies béantes, non pansées et sans doute insuffisamment pensées. Quelle que soit la directrice, les salariés licenciés puis réintégrés ne parviennent-ils donc pas à s’entendre avec elle ? Nos esprits sont-ils trop embués par les brumes de la colonisation pour que nous acceptions d’être sous l’autorité de l’un(e) des nôtres ?

Rappelons que le tribunal administratif a déclaré que les personnels qui se déclaraient en droit de retrait étaient en abandon de poste (jugement du 16 mars 2023), et que le licenciement était légal, en raison de ces abandons de poste avérés. Alors que tout indiquait qu’il fallait les laisser saisir les instances juridiques compétentes, pour le harcèlement dont ils se sentaient victimes, les laisser sans doute juste gagner ces procès visant à les dédommager ponctuellement, mais ne pas les repositionner dans les effectifs du Macte, le président de région a voulu redonner leur chance à des Guadeloupéens qui lui assuraient revenir dans un bon état d’esprit. Excès de générosité d’un président trop humain ? Erreur fatale ?

Force est de constater que si un nouveau feuilleton de la série dramatique qui a affecté le Macte devait resurgir sur nos écrans, il y aurait de grands risques à ce que la structure ne se relève pas de ces nouveaux scandales.

L’urgence : la résolution des problèmes récurrents

Et pendant ce temps, pendant ce temps, la Guadeloupe attend. La providence ? Le réveil ? La prise de conscience que l’autonomie ne se donne pas ? Qu’elle se prend ? Si tel est le cas, elle se prend à force de travail, d’acharnement et d’organisation. Et surtout elle est prise par le peuple, avec son consentement.

Avant de vouloir domicilier un quelconque pouvoir local, que nos élus démontrent au Guadeloupéen que nous pouvons proposer un plan de résolution des difficultés liées à la distribution de l’eau, à court, moyen et long terme.

Avant de réclamer une quelconque assemblée unique, démontrons au Guadeloupéen que les élus de tout bord peuvent s’asseoir autour d’une table aussi grande que leur table du Congrès, pour résoudre la situation du Mémorial Acte, où de nombreuses collectivités occupent des sièges, qu’elles laissent, certains jours, vides.

Avant de parler d’une quelconque évolution institutionnelle, démontrons au Guadeloupéen que nous savons faire évoluer l’agriculture, la pêche, l’artisanat en Guadeloupe, que nous savons rendre concret un schéma organisé vers notre autosuffisance alimentaire afin de ne plus dépendre des containers venus d’ailleurs. Démontrons au Guadeloupéen que nous savons rendre concrètes les modalités de notre autonomie énergétique, l’organisation de nos transports, l’innovation numérique et la valorisation de l’éducation parentale autant que scolaire.

Démontrons que nous savons utiliser l’argent versé par l’Europe, au lieu de le laisser repartir. Démontrons avant de demander.

 

Cessons de faire de nos échecs les raisons de nos demandes pour plus de pouvoir sans qu’on sache, pour l’instant, l’utiliser au mieux, dans l’intérêt des Guadeloupéens.

@Danik Ibraheem Zandwonis

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