Guadeloupe • Concert. Misié Sadik a mis le feu à L’Artchipel
Guadeloupe • Concert. Misié Sadik a mis le feu à L’Artchipel
Basse-Terre – Capitale. Lundi 6 juillet 2026 | CCN.
Deux jours durant les 3 et 4 juillet, les 2 concerts de Misié Sadik ont été de ces grands moments musicaux que L’Artchipel sait offrir à son public. La dernière fois c’était en décembre dernier avec Gordon Henderson (exile one). Le chanteur dominiquais, qui a très longuement séjourné en Gwadloup. Tout comme lui, Misié Sadik a su enthousiasmer et enchanter un public qui en redemandait. Mais cet artiste, il faut le dire, est en quelque sorte un messager. Ses textes ne sont jamais anodins.
Par Danik Zandwonis
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Juste après le concert qu’on peut qualifier de très moyen et de très bref (à peine une heure) à Terre de Blues, 2026; Misié Sadik a alors fait un rapide saut au Cap Vert, lors des journées sur la créolité de Praia. Il a pu parfaitement démontrer grâce à son show que le Cap Vert et la Gwadloup avaient un lien fondamental : la langue Kreyol.
Misié Sadik retrouve son public à l’Artchipel
Samedi à l’Artchipel à Basse-Terre, Misié Sadik a réellement conquis un public majoritairement très jeune qui l’attendait avec une grande impatience. Son dernier passage sur la scène de l’Artchipel remonte à 2011.
Cela signifie qu’une bonne partie de son public a grandi avec ses tubes au fil des années. Il faut le rappeler quand Misié Sadik sort « on sel kou » son premier single (2009) il cartonne. Pourquoi ?
Des chansons qui ne sont jamais anodines
Parce que les textes de ses chansons sont tous porteurs de sens. On sent chez lui, une implication réelle et volontaire dans la réalité de son pays ;
l’une de ses chansons « Tiery » (2015) et le clip qui en est sorti aborde avec beaucoup de lucidité et de réalisme la problématique de la délinquance et de la violence chez les jeunes. Cette chanson et ce clip devraient être plus souvent programmés sur les médias.
Il en est de même pour « Alzheimer » (2013) ou « Ti papa » qui sont toutes des chansons porteuses d’un message social. Rien d’étonnant car Mickaël Maragnes (Misié Sadik) a été très tôt nourri par le tanbou ka puisqu’il a fréquenté l’école du Ka de feu Georges Troupé.
Le parrain engagé des causes sociales
Ce marqueur social de Misié Sadik, qui est souvent désigné comme « parrain » pour des événements à résonance sociale est sans aucun doute un chanteur très engagé. D’ailleurs lors de la crise du Covid (2020/21) il a été parmi ces artistes gwadloupéyens qui ont soutenu et en présentiel, le mouvement contestataire tous ceux qui refusaient les « piki fôsé ».
Au niveau purement musical, il se situe à la frontière du hip hop et de la dance hall. Car il a su résister à la mode du Bouyon et du Chatta. En écoutant les textes de ses chansons sans déplaire aux jeunes il s’adresse subtilement aussi aux parents.
Deux heures de show et un public conquis
Sur la scène, il est d’un incroyable dynamisme. Ses musiciens et ses très jeunes danseurs font vraiment le job et au final pendant près de 2 heures M. Sadik a été à la hauteur des attentes. 20 minutes à peine après le début du show, plus personne n’était assis M. Sadik avait déjà mis « le feu ». Il a ainsi su passer en revue une grande partie des titres de son dernier CD, « Koerans », et le public a suivi : « yo pa lagé ! »
Un très bon concert.
Danik Zandwonis

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