Guadeloupe • CinémaArt. WISH ou Quand l’art devient la mémoire d’un tournage
Guadeloupe • CinémaArt. WISH ou Quand l’art devient la mémoire d’un tournage
Le Gosier. Vendredi 3 juillet 2026 | CCN.
Pour ne rien laisser s’effacer, trois regards d’exception ont accompagné chaque jour de production : le peintre Jean-Loup Othenin-Girard, le photographe Alain Cassang, le dessinateur Neal Nagau. Leurs portraits, photographies et planches de BD ont été dévoilés lors d’une exposition hors du commun à La Créole Beach du Gosier. Bienvenue dans les coulisses d’un moment historique.
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Jean-Loup Othenin-Girard — Le visage de l’Autre
Jean-Loup Othenin-Girard, peintre portraitiste diplômé des Arts et Métiers, médaillé 2025 de la Ligue du Bien Public et représentant de paix auprès de l’ONU, est arrivé sur le tournage avec ses fusains et ses pinceaux. S’inspirant du philosophe Emmanuel Levinas — « Quand le visage de l’Autre apparaît, il m’oblige » — il crée des portraits qui captent l’essence de l’être humain. Ce qui l’a convaincu de rejoindre l’aventure ? La conviction que WISH était bien plus qu’une série. « La série, c’est presque un prétexte. C’est à la fois un projet humain et culturel, mettre en avant le patrimoine musical des Antilles et de la Guadeloupe en particulier. » Il a aussi été séduit par le message identitaire du projet : démontrer que la Guadeloupe possède tous les talents et toutes les compétences techniques pour produire des œuvres de grande envergure.
Il y a des projets qui dépassent leur propre cadre. WISH est de ceux-là. Née de la vision du réalisateur guadeloupéen Julien Dalle, cette série réunissait sur un même tournage 122 artistes, chanteurs, acteurs et personnalités des Antilles. Un rassemblement sans précédent dans l’histoire de la création caribéenne. Mais Julien Dalle ne voulait pas que ce moment s’évanouisse dans le seul souvenir de ceux qui l’avaient vécu. Dès le deuxième tournage, il avait pris une décision : immortaliser.
Trois regards, une même aventure
Pour capturer l’âme de ce tournage exceptionnel, trois artistes ont été invités à être présents tout au long des semaines de production, chacun avec ses outils, sa sensibilité, son langage.
Alain Cassang — L’œil qui capte l’humain
Alain Cassang, photographe basé en Guadeloupe depuis l’âge de 18 ans, a posé son objectif sur chaque instant. C’est une rencontre antérieure avec Julien Dalle, lors d’un événement photographique guadeloupéen, qui a tout déclenché. « Il a aimé mon travail et mon style », se souvient-il simplement. Pendant cinq semaines, il a partagé le quotidien de l’équipe technique, appris à travailler dans l’ombre des caméras, à saisir l’humain dans les temps d’attente. « Le côté humain avec tous les techniciens… c’était vraiment une expérience formidable, vraiment exceptionnelle », confie-t-il. Ses photographies témoignent de ce que la plupart ne voient jamais : les coulisses d’un tournage caribéen, l’intimité d’une aventure collective.
Jean-Loup Othenin-Girard — Le visage de l’Autre
Jean-Loup Othenin-Girard, peintre portraitiste diplômé des Arts et Métiers, médaillé 2025 de la Ligue du Bien Public et représentant de paix auprès de l’ONU, est arrivé sur le tournage avec ses fusains et ses pinceaux. S’inspirant du philosophe Emmanuel Levinas — « Quand le visage de l’Autre apparaît, il m’oblige » — il crée des portraits qui captent l’essence de l’être humain. Ce qui l’a convaincu de rejoindre l’aventure ? La conviction que WISH était bien plus qu’une série. « La série, c’est presque un prétexte. C’est à la fois un projet humain et culturel, mettre en avant le patrimoine musical des Antilles et de la Guadeloupe en particulier. » Il a aussi été séduit par le message identitaire du projet : démontrer que la Guadeloupe possède tous les talents et toutes les compétences techniques pour produire des œuvres de grande envergure.
Neal Nagau — La BD comme territoire d’identité
Neal Nagau, dessinateur fraîchement rentré en Guadeloupe après un master aux Beaux-Arts de Belgique, est l’auteur de la saga de bande dessinée WISH. Sa rencontre avec Julien Dalle a eu lieu lors d’un événement musical. « Ah, mais je vois que tu dessines très bien. Est-ce que ça te dit qu’on fasse ensemble la saga de bande dessinée ? » lui avait lancé le réalisateur — grand amateur de BD avec plusieurs milliers d’albums lus. Pour Nagau, adapter WISH en bande dessinée était une évidence : concentrer la culture antillaise dans les cases et les bulles, pour que les générations à venir puissent tenir entre leurs mains un morceau de cette histoire.
Une promesse tenue au public
L’exposition n’est pas un ajout. C’est un acte fondateur. Julien Dalle l’explique avec clarté : « C’était une promesse qu’on avait faite au public de les mettre au cœur de ce projet WISH. » En venant voir les portraits, les fusains, les photographies de plateau et les planches de BD, le visiteur ne contemple pas simplement des œuvres d’art. Il entre dans le tournage. Il côtoie les artistes comme s’il avait été là.
Originales ou reproductions — sur bois, sur aluminium, en format collector —, les œuvres sont accessibles à l’acquisition. Les tomes de la BD de Neal Nagau sont disponibles. Et Julien Dalle le promet : d’autres dates d’exposition suivront, pour que le plus grand nombre puisse participer à cette mémoire commune.
WISH, le projet de tous les Guadeloupéens
Au fond, c’est cela le cœur du message. WISH n’appartient pas à ses créateurs. Il appartient à la Guadeloupe, à son histoire, à sa fierté. Julien Dalle a invité le public aux tournages, intégré des élèves en formation audiovisuelle, associé des personnes en insertion professionnelle. Et aujourd’hui, avec cette exposition, il referme une boucle : « Le public peut dire qu’il est vraiment un acteur véritablement de toute cette aventure. »
WISH est une magnifique aventure humaine et artistique. L’exposition en est le plus beau prolongement.
par Claude Rolland

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