Guadeloupe. Concert. Jacques Schwarz-Bart ouvre la saison de L’Artchipel sous le signe de la Résistance à Trump
Guadeloupe. Concert. Jacques Schwarz-Bart ouvre la saison de L’Artchipel sous le signe de la Résistance à Trump
Basse-Terre. Mardi 6 octobre 2026 | CCN.
L’Artchipel, Scène nationale de la Guadeloupe, a lancé sa saison 2026-2027, samedi avec un concert du saxophoniste guadeloupéen Jacques Schwarz-Bart. Pour cette soirée d’ouverture, l’artiste était entouré de Victor Nyberg à la contrebasse et de Dylan Choisi à la batterie. La chanteuse basse-terrienne Luan Pommier, invitée de Jacques Schwarz-Bart, a rejoint le trio en cours de concert, apportant sa voix singulière à cet univers jazz.
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Avant que ne résonnent les premières notes, Gérard Poumaroux, le DG de L’Artchipel, a présenté les grandes lignes de la nouvelle saison : musique, théâtre, danse, créations et rendez-vous destinés à la jeunesse composent une programmation qui entend, une nouvelle fois, faire de la Scène nationale de la Guadeloupe un lieu de rencontre entre les artistes, les œuvres et les publics.
Jacques Schwarz-Bart, un choix d’ouverture pour L’Artchipel
Le choix de Jacques Schwarz-Bart en ouverture n’est pas anodin. Né en Guadeloupe, le saxophoniste développe depuis de nombreuses années une écriture musicale à la croisée du jazz contemporain, du Gwo Ka et des traditions rythmiques caribéennes. Habitué de L’Artchipel, il y retrouve ainsi un public avec lequel il entretient une histoire déjà ancienne.
« Résistance », un album né d’un événement politique
Ce samedi, il a présenté son nouvel album, « Résistance ». Le projet trouve notamment son origine dans un événement politique majeur : la réélection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Installé dans ce pays, Jacques Schwarz-Bart raconte avoir ressenti le besoin de réagir par la musique. C’est dans ce contexte qu’est né « Résistance », morceau qui donne son nom à l’album.
Jacques Schwarz-Bart a poursuivi son voyage musical avec « Violetta », un hommage à une cuisinière guadeloupéenne. À la demande de sa mère, Simone Schwarz-Bart, qui souhaitait l’entendre intégrer le rythme de la biguine à l’une de ses compositions, il trouve dans « Violetta » l’occasion de renouer avec cette i patrimoniale.
Vient ensuite « Sarah », dédié à Sarah Maldoror, réalisatrice guadeloupéenne pionnière du cinéma anticolonial. Sur cette composition, Dylan Choisi, jeune batteur prometteur et étudiant au conservatoire, fait notamment résonner le roulé, l’un des rythmes du gwo ka. Son jeu s’inscrit dans cette génération de musiciens guadeloupéens qui a su transposer les rythmes traditionnels à la batterie, à l’image d’Arnaud Dolmen, Sonny Troupé ou encore Bertholo.
Puis vient un moment plus intime, mais tout aussi intense, avec « Ezra », morceau qui porte le prénom du fils de Jacques Schwarz-Bart. Le saxophoniste décrit ce dernier comme « un artiste qui fait feu de tout bois ».
C’est à ce moment du concert que Luan Pommier fait son entrée sur la scène. Avec sa coiffure afro et sa présence lumineuse, la chanteuse basse-terrienne rejoint le trio et apporte une nouvelle couleur à l’ensemble. Sa voix entre alors en dialogue avec le saxophone de Jacques Schwarz-Bart, dans une rencontre musicale tout en sensibilité.
Le concert revient ensuite aux racines guadeloupéennes avec un hommage à la conque de lambi. Jacques Schwarz-Bart célèbre également Maya Angelou, écrivaine, artiste, militante et figure emblématique du mouvement afro-américain des droits civiques.
« NegMawon » prolonge cette réflexion autour de la résistance et de l’émancipation, tandis que « Monte Pli Ho » et « Empathy » ouvrent davantage la voie à l’espoir et à l’optimisme. Avec « Empathy », Jacques Schwarz-Bart livre notamment une réponse musicale aux propos d’Elon Musk, en plaçant l’empathie au cœur de son message.
Tout au long de la soirée, Jacques Schwarz-Bart a ainsi dévoilé un répertoire engagé, profondément nourri de ses racines guadeloupéennes, mais également traversé par un souffle d’espoir. Le plaisir était aussi de le retrouver sur scène aux côtés de Victor Nyberg, Dylan Choisi et Luan Pommier, dans une formation dont l’énergie et la complicité ont pleinement fonctionné.
Cette nouvelle saison de L’Artchipel a ainsi été lancée avec éclat !
E.W.

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